Thirga.ounevdhou
12/09/2005, 11h53
Bonjour,
Le Sahara ! Mot Magique, terre de reves! .........La magie est tjrs presente, mais le reve est aujour’hui accessible.... La vue d’en haut l’est!
Le survol du Sahara .....( ca vous est arrivé de le faire?), moi oui.
http://x4.putfile.com/9/25404510388.jpg (http://www.putfile.com/)
Le survol du Sahara a lui seul est riche d’impressions et plein d’enseignements. Le desert que l’on imagine parfois plat, vide, monotone...est d’une surprenante variete et en fait etonnanment vivant....
D’Alger a Tamannrasset par exemple, toutes les qqes minutes, le sol sous les ailes change d’aspect....des reminiscences, de longs plissements palleles s’etirent de l’ouest a l’est. Des apparances qui font du sable comme une plage eblouit soudain sous le soliel. Une route rectiligne que l’on peut suivre avec la vue, et qui se pert soudainement. Une croute noiratre est fissurée, puis de nouveaux plissements moins reguliers que les precedents, des roches blanchatres, d’autres dorées...pas plus loin, un quadrillage apparait nettement dessiné...peut etre une culture ? ! mais quelle culture dans ces cailloux ?... un village ? deux villages, les maisons ont la couleur du sol......
puis de nouveau le vide....la terre a l’aspect d’un papier froissé, que traverse soudainement une ligne (une conduite, un pipe ) tirée (sans doute un oleoduc), si l’avion le suivait, ce fil conduirait a une source de l’or noir......on est dessus un champs, on reconnait les tetes de puits ainsi que les unités de forage....qui peuvent etre distinguées .....
Ah de nouveau des villages, des collines grises, un oued blanc annoncé par qqs traces de verdure a ses bords., puis des cercles gris, crouteux , sur le sol jaune .....un ocean aux vages dorees, regulier, un plateau noir, steril, infini....de maigres arbustes, comme du fil de fer...
soudain c’est l’oasis...une enorme tache verte ! qui occupe le centre....la vie s’installe au milieu des grains de sable...Des routes, des pistes partent en tout sens, des cubes bruns, rouges, blancs sont des maisons, dispersées sous des arbres ou disposées suivant un plan geometrique, et des jardins....
Vraiments des vues mérveilleuses....
médisante
22/09/2005, 02h33
Merci Thirga de me faire voyager, rêver. Jolie photo
Bonjour et merci pour ce doux voyage..........
Quelques extraits de Cinq fragments du désert ( Rachid Boudjedra ) ….
….La nuit, il n’y a pas de désert. Tout est très noir. L’espace vite happé. Vite restitué. Le sable infiltré partout. Les plis de vêtements. Les narines. La gorge. La poitrine.
Maintenant : ce presque néant. Comme une inconsistance. Une atmosphère délétère et aride. Comme verticale. Faite de trace, de rayures ou de ratures, aussi. Et puis cette couleur avec des tons difficiles à définir avec précision : noir bleuté, violacé, plutôt couleur aubergine. Vents contraires. Tels des oiseaux voraces et criards planant d’une façon acrobatique, comme des funambules aveuglés par leur dextérité et fusant à travers les odeurs trop molles et trop sucrées des jardins sahariens. Giclées granuleuses et grenues qui collent à la peau. La gercent en rafales furibondes…………..Le jour, le Sahara est une confusion. Un chamboulement cosmique. Une accumulation. Une surcharge et une désintégration. Tout cela en même temps. Les dunes, les crevasses et ce Hoggar, comme un grabuge intolérable du monde, un bouleversement incroyable de la géographie, de la géologie et de la topographie. Nul part le chaos n’est aussi chaotique qu’en ce lieu-là ! Et puis ce Tassili aux gouffres insondables, au basalte craquelé, comme une peau d’éléphant squameuse et fripée. En bas, le jour, un méhari se meut dans cet amoncellement de dunes ocre, safran. Comme invraisemblable. Raideur de dyslexique ? Pourtant le mouvement balancé et superbement découpé ne laisse aucun doute sur sa mobilité. Image arrêtée ? Lieux où la mort n’est jamais soudaine. Traversée d’un chott comme verglacé ! ………………………………………………
Eugène Fromentin, un été dans le Sahara, 1853…
…On se demande, en le voyant commencer à ses pieds, puis s’étendre, s’enfoncer vers le sud, vers l’est, vers l’ouest sans route tracée, sans inflexion, quel peut être ce pays silencieux, revêtu d’un ton douteux qui semble la couleur du vide ; d’où personne ne vient, où personne ne va, et qui se termine par une raie si droite et si nette sur le ciel…..
Citation d’un inconditionnel du Sahara…Monod Théodore..
« Le désert est beau parce qu’il est propre et ne ment pas »..
Une autre que j’aime bien mais de je ne sais qui ???
« Le désert est la seule chose qui ne puisse être détruite que par la construction… ».
Et enfin, pour ceux qui oublieraient leurs gourdes fascinés par sa spendeur….
« Le soleil ni la mort ne peuvent se regarder fixement ; ni le désert car il est à la fois le soleil et la mort… » ………Paroles de Méhariste….
Al-Fares
23/09/2005, 01h12
Merci Thirga pour avoir fait parler Notre Sahara, qui en quelque sorte est notre Tresor inepuisable!
J'ai sillonné le Sahara à plusieur reprises, en avion, et en auto. Une fois j'ai meme failli laisser ma vie; perdu dans le desert entre Illizi et Tamanrasset. Si Dieu veut j'y retournerais pour rencontrer l'absolu du desert...J'aime surtout les bivouacs autout d'un grand feu la nuit. Avec mes amis on s'amusaient à trouver et nommer les constellations....,,'' Tu vois là, c'est la grande ours, la petite, Deneb, ect'''
Ici c'est le sanctuaire du Pere Charles De Foucault, sur l'Askrem, 3000m, sur la chaine du Tahat.
Pere Foucault, accusé par des rebelles venus de Lybie, (des senousistes) pour espionage au profit de l'armée Française, fut assassiné sur ces lieux.
Depuis ce lieu est devenu un lieu de pellerinage pour beaucoup de touristes. Son corp a été rapatrié dans une autre oasis (El-Goléa) pres de l'eglise St-Joseph.
http://img303.imageshack.us/img303/5547/hermitage4cr.jpg
Eglise Saint Joseph à ElGolea (280 km au sud de Ghardaia) on ne voit pas le tombeau du Pere Foucault.
http://img121.imageshack.us/img121/6979/church5xa.jpg
(Transcription d'un poème touareg)..Extraits de « Contes et légendes touaregs du Niger »
" Notre écriture à nous, au Hoggar,
est une écriture de nomades
parce qu'elle est tout en bâtons
qui sont les jambes de tous les troupeaux.
Jambes d'hommes, jambes de méhara,
de zébus, de gazelles,
tout ce qui parcourt le désert.
Et puis les croix disent si tu vas à droite
ou à gauche. Et les points, tu vois, il y a
beaucoup de points. Ce sont les étoiles
pour nous conduire la nuit, parce que nous,
les Sahariens,
nous ne connaissons que la route,
la route qui a pour guide, tour à tour,
le soleil et puis les étoiles.
Et nous partons de notre cœur,
et nous tournons autour de lui
en cercles de plus en plus grands,
pour enlacer les autres cœurs
dans un cercle de vie, comme l'horizon
autour de ton troupeau et de toi-même."
Vent du désert…Juliette Brémond ( espérant avoir son autorisation )…
Ecoute le vent, mon ami
Le vent de nuit du Sahara
Quand sur les dunes la nuit luit
De son surnaturel éclat
Ecoute la chanson du sable
Quand tous les grains sont en folie,
Ecoute, il conte une fable,
La légende du Méhari
Ecoute la plainte du vent
Furieux de souffler sur le vide
Et qui te dit en sifflant
De sa voix claire et limpide
Ecoute bien sa mélodie,
C’est la grande voix du désert
Des sons venus de l’infini
Qui vont se perdre dans l’éther
Je suis comme un grain de poussière
Qu’un jour le vent emportera,
Comme cette faible lumière
Que de son souffle il éteindra
Vent de la nuit, vent du désert
Tu me berces tout doucement
Et de tes sanglots le concert
Est pour moi le plus beau des chants.
Poème en prose, (extrait du livre "Sagesse de l'Homme Bleu", auteur : Amenokal Alhavi,………peut-être ici une modeste leçon de vie qui nous vient du désert, le temps d'une lecture…
L'Homme Bleu recommença à lisser le sable. Il dessina sur la surface plane un petit cercle, puis un cercle plus grand, à l'intérieur duquel il traça plusieurs circonférences.- Lorsque tu marches dans le désert, reprit-il en pointant son doigt sur le petit cercle, tu rencontres souvent des ossements. Certains viennent des temps reculés, quand les Hommes d'Hier habitaient ce monde. De loin, quand on aperçoit ces gros cailloux blancs, personne n'imagine qu'ils étaient entourés de chair et qu'ils portaient un animal. C'est cela le grand mouvement de la vie, le passage de la chair à la pierre et au sable.
L'Homme Bleu planta son doigt au centre du petit cercle. - Ce n'est pas de cela que je voulais te parler, mais seulement te dire que quand un animal ou un homme s'éloigne des autres, il devient une proie et bientôt son corps est comme un tas de pierres sèches. Les rapaces ont nettoyé sa charogne jusqu'au dernier morceau de chair. Quand les hommes ne sont pas rassemblés dans une famille, un clan, une tribu, un peuple, ils sont perdus.
De son doigt, il montra le grand cercle. - Les voilà ensemble, dit-il. Si un jour, demain ou un autre jour, à ton prochain voyage, si tu sens le besoin de revenir .….Il s'interrompit. - Car on éprouve toujours le désir de retrouver le désert. On a eu les lèvres éclatées, les orteils déchirés par la poussière tranchante, les talons percés de plaies, on a dormi recroquevillé. Mais celui qui est venu n'oublie pas. Il s'est couché sous les étoiles, et elles ne brillent jamais plus fort qu'au-dessus du désert. La nuit n'est nulle part aussi noire et aussi brillante, et c'est ici que tu entends le silence. Le désert est le seul lieu du monde où l'on reste propre sans se laver, et cela des mois durant. Le vent et le sable nettoient jusqu'à l'os. Ils arrachent la peau. Ils laissent l'homme nu, comme écorché. Ou son âme est forte, et il ose regarder ce qu'il est, ou bien il se lamente. Il parle et sa bouche devient sèche. Les puits sont loin. Alors, il court, seul. Il abandonne les siens, et les rapaces commencent à le suivre. D'abord ils volent très haut, autour de lui, puis, au fur et à mesure que son allure faiblit, ils se rapprochent. Et quand il tombe, ils sont là, à battre des ailes et à crier autour. Bientôt, ils se posent sur ses épaules et commencent à le picorer, crevant ses yeux à coups de bec, enfonçant leurs serres dans la peau. Il avait en parlant éloigné son doigt du grand cercle. - Toi et les tiens, vous êtes comme cet homme-là. Dans vos pays, l'eau coule comme si les sources ne pouvaient jamais se tarir. Vous ne pouvez rester une heure sans vous laver. Et vous êtes sales. L'air que vous respirez apparemment ne brûle pas la peau. Et pourtant il y a sur votre visage et sur vos mains, à l'intérieur de votre corps, une couche noire, et c'est pour cela qu'il vous faut de l'eau. L'Homme Bleu se frotta les mains, comme s'il les lavait. - Mais vos mains restent couvertes de cette couche noire, même quand votre peau semble blanche. Ici, celui qui croit aux apparences meurt.
Celui qui ne marche pas aux côtés des autres devient charogne. Celui qui ne prête pas sa main pour aider l'autre se condamne à ne pas être secouru. Et chacun sait qu'il aura un jour besoin de quelqu'un. L'Homme Bleu secoua la tête, ce qu'il ne faisait que rarement tant il était économe de chacun de ses gestes, de chaque mouvement de son corps. - Ici, tu apprends que la solitude est la pire condamnation dont on puisse accabler un homme. Elle le conduit à la mort. Toi et les tiens, vous croyez pouvoir agir seul, comme des dieux. C'est pour cela que vous ne priez plus ensemble et que les lieux où jadis vous honoriez Dieu sont vides, comme des puits ou des forts abandonnés. L'Homme Bleu ouvrit les mains, montrant ses paumes dont la peau était claire, presque rose. - Vous avez oublié que l'homme n'est pas Dieu, dit-il, et qu'il est perdu s'il croit qu'il en a les pouvoirs. Il montra à nouveau toutes les petites circonférences que le grand cercle contenait.
- Si un jour, demain ou un autre jour, reprit-il, tu vas dans une oasis, tu verras les troupeaux rassemblés. Ils viennent là pour s'abreuver. Le sable est recouvert par une couche épaisse de tout ce que les animaux rejettent, puis piétinent en se pressant les uns contre les autres pour boire.
Chaque animal est au côté de son semblable. Les vaches des tribus peules vont ensemble à l'abreuvoir. Et il en est de même des moutons, des chèvres ou des chameaux. Les animaux de chaque espèce restent entre eux.
Il posa la main sur sa poitrine. - L'homme est différent, continua-t-il. Tu es ici avec nous, toi qui viens d'ailleurs. Mais crois-tu que tu puisses devenir un homme du désert ? Tu as une âme qui est à toi et qui, depuis les Hommes d'Hier de ton monde, a été sculptée jour après jour. Si tu y renonces,
si tu crois pouvoir changer d'âme comme on change de voile de front et de bouche, tu te trompes. Il faudra que le vent transforme en sable toutes les montagnes de l'Aïr, du Tassili ou du Hoggar, pour que les hommes aient oublié ce qu'ils sont, et appartiennent au même troupeau.
Celui qui renonce à sa mémoire aujourd'hui n'est plus rien qu'un homme seul et perdu. Le serpent n'est pas une autruche, et tu n'es pas un homme du désert ... L'Homme Bleu effaça les cercles sur le sable. Il se redressa. Le vent avait cessé de souffler.
D'un mouvement lent, il rejeta les pans de la tente, et le froid vif se glissa sous le toit. - Le vent s'est enfui, mais le froid demeure, dit l'Homme Bleu.
Dehors, dans la voûte noire du ciel, les grandes traînées blanchâtres constituées d'étoiles innombrables partageaient la nuit. - C'est la grande caravane, indiqua l'Homme Bleu en les désignant. Celui qui les a créées a donné aux hommes le moyen de trouver leur chemin. Il s'assit sur le sable, traça du bout du doigt une longue ligne droite. - Si tu ne retiens de ma parole que quelques mots, dit-il, que ce soient ceux-ci : "Marche en avant de toi-même, comme le premier chameau de la caravane"....
tamerlan
27/09/2005, 01h14
@BIDON 5
EST CE QUE TON pseudo fait allusion a la prtaique que faisant les français aux algeriens qu'ils lachaient en pleins desert avec seulement un bidon de cinq litre d'eau?? ILS CREVAIENT A PETIT FEU? D AILLEURS IL Y A UN ENDROIT AU SUD DE BECHAR QUI S APELLE BIDON 5 A CAUSE DE CETTE PRATIQUE!
j'avais passé des jours magnifiques en bivouac a tamenrasset, je suis passé biensur par l'ermitage du pere foucault (qui n'etait pas vraiment un saint il faut le dire)..ce que j'ai aimé le plus dans l'haggar c'etait les couchers de soleil , les nuits etoilées: incroyable, la virginité des lieux, pas de sentiers pas de dechets etc, et surtout un silence assourdissant ou tu entend ton coeur battre!
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