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Voir la version complète : Foot européen: les petits se rebiffent


absente
31/10/2008, 20h56
En Angleterre, en Allemagne, en France, c'est une tendance: les premières places des championnats sont trustées par des équipes modestes. Zoom sur Hull City, Hoffenheim et Le Mans, où on ne joue pas la carte de l'argent-roi.

L’Europe a peur. Une horde de petits clubs de football sans gros moyens sont en train de se faire une place au soleil. Une hérésie dans un monde où les vainqueurs sont toujours les plus riches? Peu importe car Le Mans est cinquième de Ligue 1, Hull City est à la même place en Angleterre et Hoffenheim, la surprise du chef, est leader du championnat allemand.

Le Mans, l'équipe pillée qui cartonne

En France, le petit poucet qui cartonne en début de saison est un grand classique. Hier c'était Nancy, Metz ou Lille. Avec un même mode opératoire: l’équipe termine sa saison en trombe, ne modifie pas son effectif à l’intersaison et poursuit sur sa lancée. Aujourd'hui, Le Mans suit une autre recette. L’équipe sarthoise a été littéralement pillée pendant la trêve estivale: l’entraîneur, Rudi Garcia, s’en est allé à Lille, et sept des onze titulaires sont partis vers d'autres cieux. Soit dans des clubs prestigieux, c’est le cas de Romaric au FC Séville ou de Yebda à Benfica, ou dans des clubs d’un moindre standing, confère Calvé ou Matsui qui cirent respectivement les bancs de Nancy et Saint-Etienne. Pour les remplacer, le président du club, Henri Legarda, et ses recruteurs n’ont pas fait dans le clinquant. Ils sont allés récupérer deux internationaux norvégiens: Stromstad et Helstad, étrangement surnommés Asterix et Obelix. Et un bataillon de Brésiliens inconnus. Et pour encadrer les nouveaux venus, le président a sorti de sa manche un homme du sérail, Yves Bertucci, jusqu’alors entraîneur de l’équipe réserve.

L’incroyable Hull

Hull City, c'est une autre affaire. Ce club de la banlieue de Leeds, vieux de 104 ans, vient d'accéder pour la première fois de son histoire à la Premier League anglaise et emploie une méthode digne de Nice ou de Bolton. On récupère des joueurs revanchards, en fin de carrière ou à l’agonie: Bernard Mendy, l’ancien du PSG qui passa, une fois, Roberto Carlos; Daniel Cousin, l’attaquant gabonais passé par Le Mans et Lens ou encore le Brésilien Geovanni, qui a enchaîné les échecs à Barcelone ou au Benfica. On rajoute un attaquant de 39 ans, Dean Windass, véritable icône de l’équipe, le seul joueur qui a sa gourde et ses tongs à son nom. Et voilà l’armada de mercenaires dont le manager Phil Brown a hérité. En début de saison, il voulait juste éviter de faire une saison aussi pourrie que Derby County, qui est, à ce jour, l’équipe la plus faible de l’histoire en Premier League avec un bilan final de 11 points. En 10 journées, Hull City a déjà 20 points. Soit trois de moins que le richissime Chelsea, actuel deuxième du classement.

Arsène Wenger, le coach d’Arsenal, n’est nullement surpris par le bon début de saison du promu, comme il le dit sur le site officiel de son club: «Cette équipe mérite beaucoup de crédit. Ses joueurs peuvent rêver d’Europe. Pourquoi ne devraient-ils pas? Ils ont toujours gagné de façon convaincante. Vous devez donc commencer à les prendre au sérieux.» Les ardeurs de la bande à Mendy ont toutefois été quelque peu refroidies par Chelsea mercredi soir. Les Blues leur ont infligé une sévère correction: 3-0 sur leur terrain.

Un petit village résiste encore et toujours

Le dernier cas n'est pas le moins étonnant. Soutenu par le milliardaire Dietmar Hopp, Hoffenheim est l’équipe d’une bourgade de … 3.000 habitants. Mais là, point de grognard ou de joueur revanchard. Le promu joue la carte jeune: son onze type est le moins âgé des dix-huit pensionnaires de l’élite allemande. Avec une mention particulière pour ses deux attaquants: le Nigérian Chinedu Obasi; 22 ans, et le Bosniaque Vedad Ibisevic, 24 ans. Un joueur qui n’avait pourtant pas laissé un souvenir impérissable aux supporters du PSG. Arrivé en 2004, il ne reste que six mois dans la capitale pour un bilan bien pauvre: 4 matches joués, aucun but marqué. Durant deux saisons en Ligue 2 à Dijon, il n’affole pas plus les compteurs: 10 buts en 33 matchs. Est-ce vraiment le même qui, deux ans plus tard, caracole en tête du classement des buteurs de la Bundesliga, avec 11 réalisations en dix matchs?

Quelle est la technique d’Hoffenheim? La même que les clubs français, répond en substance et dans L’Equipe «der Professor», le surnom de l’entraîneur Ralf Rangnick: «A une exception près, c’est la même formation que la saison dernière. C’est important pour mes joueurs, qui se connaissent parfaitement. Nos automatismes sont au point.» Tellement au point que les promus recevront samedi après-midi Karlsruhe avec un seul objectif: consolider leur place de leader.

Liberation.

bylkusdu94
01/11/2008, 15h01
ce n'est pas une bonne nouvelle pour les grosses écuries...
mais pour les petits, ça donne de l'espoir...
En tout cas, pour Hoffenheim, ça leur a bien servi d'avoir un milliardaire à la tête du club...

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