PDA

Voir la version complète : Il n'y a pas de peuple algérien (SRC : Le nouvel Obs)


Page : [1] 2

bladerunner
28/03/2004, 16h02
par Maurice T. Maschino*


Le Nouvel Observateur. - Qu’avez-vous ressenti en retrouvant l’Algérie trente ans après?

Maurice T. Maschino. - Un choc, bien sûr, mais atténué par les retrouvailles avec beaucoup de mes anciens élèves. Ce qui m’a frappé, c’est que j’ai éprouvé un sentiment de continuité et pas du tout de coupure. D’une certaine manière, j’ai eu le sentiment, grâce à eux, de n’être jamais parti. Et au-delà de mes émotions, j’ai regardé l’Algérie de plus près.

N. O. - Et qu’avez-vous vu?

M. T. Maschino. - J’avais quitté une ville, Alger, en 1971, et j’ai retrouvé une bourgade sale où les endroits les plus agréables ont été transformés en souk, où les rues débordent de sacs d’ordures qu’apparemment plus personne ne voit. Et que dire de ces gens qui bâtissent des maisons n’importe comment et qui saccagent le paysage? J’ai été déçu par tout ce que je voyais. Il me semble que beaucoup d’Algériens n’aiment pas l’Algérie. A commencer par le pouvoir, qui s’en moque complètement. Sinon comment peut-il expliquer que cette jeunesse algérienne pleine d’ardeur, de possibilités, ne pense qu’à partir sans se remettre en question?

N. O. - Comment analysez-vous la situation politique à la veille des élections présidentielles?

M. T. Maschino. - Je dirais qu’à moyen terme, ça ne peut être que pire et qu’à plus long terme, je suis optimiste. Certains chiffres permettent en effet un peu d’espérance: 52% de femmes mariées travaillent malgré les menaces du FIS; l’espérance de vie, qui était de 47 ans en 1962, est aujourd’hui de 71 ans. Beaucoup de choses se font mais c’est chacun de son côté. Personne n’est en relation avec l’autre. Si bien que l’impact de ce qui est accompli est nul.

N. O. - Vous excluez donc totalement, à l’occasion de l’élection présidentielle d’avril, une réaction civique «à l’espagnole»?

M. T. Maschino. - Les Algériens sont découragés, sans espoir. Ce qui compte, c’est leur propre vie . Il n’y pas de peuple algérien. Il y a 30 millions d’électrons, 30 millions d’opposants mais pas d’opposition, 30 millions d’individus qui essaient de survivre de la manière la moins dure possible. Un peuple, ce n’est pas ça. Un peuple a un projet en commun, se voit un avenir en commun et se reconnaît un passé commun. Si on se fonde là-dessus, où est le peuple?

Propos recueillis par Nebia Bendjebbour

(*) «L’Algérie retrouvée», par Maurice T. Maschino, Fayard, 249 p., 17 euros.

Professeur de philosophie, militant pour l’indépendance, marié à une Algérienne, Maurice T. Maschino est retourné dans ce pays qu’il avait quitté il y a trente ans. Il en a rapporté un livre de colère et d’espoir: «l’Algérie retrouvée». Il collabore au «Monde diplomatique» depuis 1973.

Source : Le nouvel observateur

Safy
28/03/2004, 17h01
Y'as pas d'electeurs ???

En 132 ans sous la France est-ce que on a elu quoi que ce soit ? Est ce qu'on a appris a elire un maire ou conseiller municipal ??

Je suis ne dans une commune mixte a administration militaire,ou mes grands parents n'ont jamais connus c'est quoi une election.


"ces gens qui bâtissent des maisons n’importe comment et qui saccagent le paysage" parceque , votre armee a laisser une maison debout en dehors des ville garnisons des colons.

repasse dans 30 ans

Néris
28/03/2004, 17h09
Ces sentiments ne m'etonnent pas ......Vu le nom qu'il porte et ses origines Maurice T. Maschino .....dur dur d'avaler la pilule ..

morjane
28/03/2004, 17h26
Azul,

J'avais lus ce récit mais je suis toujours mal à l'aise avec ce genre de récit. Revenir dans un pays que l'on a quittés 10, 20 , 30 ans après ne peut pas rendre quelqu'un objectif. Je trouve que pour bien pouvoir parler d'un pays, il faut y rester et y vivre. Là ce ne sont que des sensations, des sentiments qui lui sont propres, est on objectif dans ces cas là? Le temps passe et ce qui a été ne sera jamais plus alors y retourner avec la nostalgie, autant y aller l'esprit vierge de tout souvenir. Et puis aussi, je n'aime pas les généralisaitions, les algériens sont comme çi ou comme ça, je ne sais pas comment est le Peuple Algérien, lui même se cherche, je crois et là de dire qu'il n'y a pas de peuple Algérien alors.... cela n'engage que lui.
Mais, bon c'est un témoignage et il le faut le prendre en tant que tel. Quand on est à l'extérieur ce n'est pas toujours négatif , on a une autre vision, et des fois, cela apporte un autre regard.

coucourroux
29/03/2004, 22h09
Ce que je vois là, est une bonne description sur tout ce qui se passe en algérie. Il est vrai que le peuple algérien a cessé d'exister depuis des lustres, foudroyé par un désespoir profond qui a absorbé toutes son énergie. Mais quoi qu'il en soit, nous devons être réaliste, et affronter la réalité à "long terme": Au point ou nous en sommes, il est difficile de changer les choses, voir impossible! Les jeux sont fait! Et nous ne sommes rien d'autres qu'un jolie réservoir de pétrole et de gaz sur l'échiquier mondial. En tant que tel, le peuple ne pourra jamais prendre sa destiné en main, et pire encore! Nous ne sommes rien d'autres que de pauvre infraterrestre complétment dépassés par ce qui se passe réllement dans le monde. Pour que la situation change.... il faudra des siécles de travail en profondeur et de sacrifices.

moreno
23/04/2005, 14h07
Les électrons libres c'est surtout ces populations robotisées, individualisées, atomisées des puissances industrielles, où la solitude est devenue le mal absolu.
Les élections aux USA me rappellent étrangement les campagnes des "caïds et bachaghas" lors des élections dans l'Algérie coloniale. Le hamburger et la fanfare+majorettes remplaçant la galette et la fantasia bien sûr.
Dans un pays postcolonial comme l'Algérie, il est évident que sans l'expérience de 1789, 1830, 1848, 1871... Sans le siècle des lumières et sans le foisonnement intellectuel et politique, on ne peut avoir que des votes refuges. Je crois savoir qu'aucun "parti" ne dispose d'un courant d'opinion mais d'un fond de commerce "identité:islam ou appartenance régionale" ou "nationalisme".
Par contre le corps social fonctionne au plus fort et constitue une tribu de 31.000.000 d'individus. La solidarité est très vivace, l'anathème aussi (atteinte aux moeurs, à la religion...). On dit que le monde défendu par l'algérien est formé de cercles concentriques: sa famille, ses voisins (son quartier), sa ville, sa région, son pays.
Maschino en quittant le pays a perdu la visibilté qui autorise le jugement. Il a le droit d'en avoir mais il devrait se rappeler sa rigueur d'entan.

troll-4
23/04/2005, 15h02
Slt à tous

On lisant cet article, j’ai ressenti un sentiment de honte (de ce qu’est devenue l’Algérie) mais en même temps de soulagement ( d’entendre enfin cette affreuse vérité, si bien entretenue ).

Ce que dis là Maurice .T, n’est pas tout à fait faux, cette Algérie qu’il décrit n’est pas un horrible cauchemar, mais belle est bien une réalité qu’endure les Algériens galériens au quotidien.

Mais, dire qu’il y a 30 Millions d’électrons, est une condamnation plénière et sans jugement envers un peuple qui abrite des hommes et des femmes qui ont luttaient, qui luttent à ce jour, et continueront de le faire jusqu'à mort s’en suive, pour une Algérie meilleur, qui ont sacrifiés leurs vie pour que ce pays reste debout.

C’est vraie que notre pays est encore apprenti en matière de développement, mais ce n’est pas une excuse à ce retard flagrant, ou plutôt à ce retour en arrière, et à l’état économique du pays, qui ce résume en un gigantesque puit de pétrole et à une méga masse consommatrice.

Arrêtons de nous voiler la face, et de nous mentir à nous même,
l’Algérie n’est pas belle, l’Algérie va mal et elle est en danger.

son peuple souffre, il est désorienté, il n’a plus d’identité ( ou plutôt, elle a était bafouée et jetée au fond d’un profond abîme, qui s’appel le temps ), l’identité d’un peuple, ou disons son histoire pour simplifier ce concept, s’entretient, car elle est sujette à l’oubli.

Retrouver et construite une identité nationale + travail + éducation + civisme + liberté + respect

Telle est pour moi la recette d’une nation dans la quelle il fait bon vivre, et dont ces citoyens sont fières d’y appartenir.

Thirga.ounevdhou
23/04/2005, 15h49
Bonjour,

Merci d’avoir remonte ce sujet, tout ce qui touche a l’Algérie nous touche profondément, et ça me fait ennoiement mal de le lire.
Il y a beaucoup de vrai dans ce qu’il a dit, l’Algérie de 1971 , n’est plus L’Algérie d’aujourd’hui…la saleté, des construction anarchiques, des jeunes qui ne pensent qu’a partir, un citoyen qui n’a pas le choix, emprisonné entre deux barrières, un terrorisme affreux et un pouvoir injuste, que faire ? Se jeter dans les bras du moins pénible « le pouvoir», c’est son choix, mais sans choix….une situation dégradante et alarmante. Mais cela n’empêche que l’on puisse espérer, a être optimiste comme l’a dit aussi dans son entretien, beaucoup de signes laissent a espérer même a long terme.

Le peuple Algérien est un peuple fort, patient et très courageux, depuis des temps il lute pour sa liberté et sa dignité et il continue à le faire.

Aigle-de-nuit
23/04/2005, 22h36
Le peuple Algérien est un peuple fort, patient et très courageux, depuis des temps il lute pour sa liberté et sa dignité et il continue à le faire.


----Quand c'est moi qui le dit, tout le monde court au secours de ....;Boutef et sa junte.----


qui ont luttaient, qui luttent à ce jour, et continueront de le faire jusqu'à mort s’en suive, pour une Algérie meilleur, qui ont sacrifiés leurs vie pour que ce pays reste debout


---- oulalal, il n y a que des mluscles la dedans, ou est la tête?----


Dans un pays postcolonial comme l'Algérie, il est évident que sans l'expérience de 1789, 1830, 1848, 1871... Sans le siècle des lumières et sans le foisonnement intellectuel et politique, on ne peut avoir que des votes refuges. Je crois savoir qu'aucun "parti" ne dispose d'un courant d'opinion mais d'un fond de commerce "identité:islam ou appartenance régionale" ou "nationalisme".


--- je l'ai toujours dit, c'est la junte militaire qui distribue les registres de commerce et détermine la marge des benefs-----


le peuple ne pourra jamais prendre sa destiné en main, et pire encore! Nous ne sommes rien d'autres que de pauvre infraterrestre complétment dépassés par ce qui se passe réllement dans le monde. Pour que la situation change.... il faudra des siécles de travail en profondeur et de sacrifices.


---- trés bien dit, pour Boutef qui croit emerveiller les algeriens, mais celà va retarder à jamais le grand maghreb alors?! -----


Si c'était un marocain qui avait dit ça, les missiles auraient été de partout, mais bon, à quoi bon?

Nacerov
24/04/2005, 03h14
Même avec toutes ces descriptions, je la préfere cette Algérie a l'"Algerie de papa" si chére aux nostalgiques de l'ere coloniale. Durant cette epoque les algeriens autochtones etaient victimes de toutes formes de segrégation et de paupérisation. A l'independance en 1962, les algeriens a detenir un diplôme universitaire ne depassaient pas la centaine, des populations de villes "indigénes" entière n'accedaient pas aux soins medicaux faute d'Infrastrusctures et de medecins. Nous les algeriens, nous venons tout juste de sortir d'une horrible decenie ou nous avions combattu l'hydre integriste et nous avions aussi mis en echec les sombres dessins de l'Internationale islamiste et cela sans l'aide de personne. Bien au contraire , des pays voisins "freres" ont apporté aide et soutien a ces sanguinaires mutants afin que l'Algerie sombre encore dans une tragédie innomable. Presque la majorité des medias occidentaux et surtout français ont usé de toutes leurs forces afin d'Imputer tous les massacres et les crimes sur les forces de securité et surtout sur l'armée algerienne ou en semant le doute par cette fameuse notion du "qui tue qui".
Grâce a Dieu nous avions encore une armée heroique qui nous a protegés d'une afghanisation et d'une somalisation certaine et n'en deplaise aux marocains sujets d'un Makhzen moyenâgeux et aux francais nostalgiques de la longue nuit coloniale algerienne, nous préferons cette situation a leur hypocrite compassion.

Aigle-de-nuit
24/04/2005, 12h31
Grâce a Dieu nous avions encore une armée heroique qui nous a protegés d'une afghanisation et d'une somalisation certaine et n'en deplaise aux marocains sujets d'un Makhzen moyenâgeux et aux francais nostalgiques de la longue nuit coloniale algerienne, nous préferons cette situation a leur hypocrite compassion.



On pourrait imaginer selon vos propos, l'Algerie comme étant le plaus beau pasy au monde, le plus heroique, le plus democratique, le plus , el plus bla bla bla.les militaires en algerie sont respoinsables de meurtre et de génocide, et ce ne sont pas les marocains qui l'ont dit, ce sont les algeriens eux même et les militaires eux même. Et de toute façon, ils ont mis des années pour garantir la sécurité aux algeriens, ces glorieux soldats de l'armée heroique.

Ah nostalgie quand tu nous tiens !

tizi oualou
24/04/2005, 16h11
J'avais lus ce récit mais je suis toujours mal à l'aise avec ce genre de récit. Revenir dans un pays que l'on a quittés 10, 20 , 30 ans après ne peut pas rendre quelqu'un objectif. Je trouve que pour bien pouvoir parler d'un pays, il faut y rester et y vivre. Là ce ne sont que des sensations, des sentiments qui lui sont propres, est on objectif dans ces cas là? Le temps passe et ce qui a été ne sera jamais plus alors y retourner avec la nostalgie, autant y aller l'esprit vierge de tout souvenir. Et puis aussi, je n'aime pas les généralisaitions, les algériens sont comme çi ou comme ça, je ne sais pas comment est le Peuple Algérien, lui même se cherche, je crois et là de dire qu'il n'y a pas de peuple Algérien alors.... cela n'engage que lui.
Mais, bon c'est un témoignage et il le faut le prendre en tant que tel. Quand on est à l'extérieur ce n'est pas toujours négatif , on a une autre vision, et des fois, cela apporte un autre regard.
morjane !
voila je reprend carrement le texte parceque j'estime l'argument le plus raisonable et realiste concernant le livre en question.
moi aussi je l'ai lu et tout ce qu'il dit n'est pas faux du tout, reste que des livres comme ca, il y'en a des tonnes, et chaque francais débarquant en Algerie aurait la meme impression ou presque.
mais comme a dit l'autre intervenant, je prefere et de loin l'algerie avec ces impressions negatives et ses realités que celle d'avant la liberation et l'independance.
j'irais encore plus loin, à comparer avec le Maroc, je me dit qu'importe notre situation, l'essentiel c'est qu'on a pas un Dieu tout puissant qui s'appellerait Roi et regnerait comme chef d'etat par dessus le marché....l'algerie aura indiscutablement un devellopement c'est dans ses genes de toute facon, 40 ans c'est rien devant l'enjeu et notre vrai potentiel n'a pas dit son dernier mot, en revanche, devant un "colon" local c'est à dire le Makhzen, et bien, courage les Marocains, il leur en faut vraimant pour avancer.

Bachi
24/04/2005, 16h21
A l'exception de son dernier paragraphe, je suis totalement en accord avec Nacerov.
Le peuple algérien n'existe plus, lis-je ça et là...
Eh bien dis donc! Les plusieurs millions de gens qui habitent l'Algérie ne doivent être que des fantômes alors!
Peuple divisé, peuple différencié, peuple meurtri, peuple déçu, peuple trahi, peuple tout-ce-que-vous-voulez mais peuple tout de même.

Nacerov
24/04/2005, 18h01
Aigle-de-nuit a dit: "les militaires en algerie sont responsables de meurtre et de génocide".

Mon cher Aigle-de-nuit, je vais certainement te decevoir mais moi je trouve que cette armée algerienne est unique en son genre. Toutes les armées au monde quand elle sont confrontées a un ennemi qui menace l'unité ou la stabilité du pays beneficient au moins du soutien moral de la population si ce n'est son soutien actif. La nôtre quand elle combattait les hordes integristes etait pointée du doigt durant toute cette decenie rouge par une grande partie de la poupulation qui prenait un malin plaisir a semer le doute sur les auteurs des crimes et des massacres. Que de fois n'ai je pas entendu en Algerie des personnes s'interroger hypocritement sur l'origine de cette tragedie en deculpabilisant les islamistes de leurs crimes ce qui ajoutait de l'eau dans leur vin comme on dit et leur a permis de se reconstituer. Les algeriens sont connus pour leur suspicion maladive envers leurs autorités et croyaient aveuglement a toutes les informations qui emanaient des medias l'Occident et surtout de France. Ces derniers, relayés par ceux du Maroc et certains groupuscules algeriens ne se privaient pas de diffuser des mensonges sur l'armée algerienne qui etait la seule force encore capable de s'opposer la balkanisation de l'Algerie et sa somalisation. C'etait le seul rempart et ces "forces occultes" en Occident et dans les pays "freres" voisins n'ignoraient surtout pas cela , c'est pour cela que l'Anp a été la seule visée.

laigle
27/04/2005, 00h30
Ah ces nostalgiques du Paradis perdu .
S il avait été militant de l indépendance, pour qu elle raison n a t il pas la nationalité comme un Jacques Simon par exemple?
Hormis cracher sur l Algérie,que nous apporte t il dans cette entrevue à une revue sioniste ?
Rien .
L Algérie n a pas de leçon à recevoir, encore moins des socialo sionistes .

double6
27/04/2005, 00h38
Et de toute façon, ils ont mis des années pour garantir la sécurité aux algeriens, ces glorieux soldats de l'armée heroique.

Ah nostalgie quand tu nous tiens !


La votre d'armee elle n'a meme pas finit de liberer votre territoire que ce soit au sud au Sahara, ou au Nord sur la cote. Alors continuez de vous moquer de la rapidite et l'efficacite de l'ANP, pendant que la votre n'est meme pas foutue de completer ses missions. Je vous avez dit: la poutre, la poutre. ;)

sasa
28/04/2005, 15h37
C'set vrai qu'Alger s'est dégradée durant plusieurs année, mais maintenant on commence à remonter la pente!

Les constructions qui se sont multiplié vous donne envie de vomir, c'est hroible!!

par contre, le peuple algérien existe, et il existera toujours, aps la peine de donner des explications des justifications, la question en elle même est illégitime en ce qui concerne ce sujet!

Nacerov
28/04/2005, 16h10
Cher frere laigle, tu as bien fait de preciser la nature de la revue qui a publié l'interview. En effet, le Nouvel Obs est l'un des medias francais qui s'est illustré le plus par la desinformation sur les realités algeriennes et a semer le doute aupres de l'opinion publique française et internationale sur l'origine des crimes perpétrés qui y etaient perpétrés. Sa ligne editoriale ne se privait pas d'accuser a chaque fois l'armée algerienne de massacres et d'assasinats organisés par les hordes integristes et donnait la parole a tous les apprentis sorciers dont le seul but etait de ternir l'image de l'Algerie et la reputation de la seule force qui s'y opposait a leurs funestes desseins (l'ANP).

bof!
28/04/2005, 16h39
Désormais on a plus besoin du Nouvel observateur,le canard enchainé et autres publications "malintentionnées" pour salir notre "valeureuse" anp.Celle-ci se fait salir maintenant en direct dans les tribunaux algériens et par d'anciens commis de l'Etat!je fais allusion au procès de l'ex-wali d'oran qui a fait des révélations croustillantes sur notre chère anp.Ainsi on savait déjà que nos généraux se comportaient en véritables chefs féodaux dans les régions où ils sont en poste,mais la nouveauté c'est que bachir frik nous aappris que le général K. Abderrahmane ex-chef de la 2e région fait aussi du trafic d'héroine.La réputation de notre anp n'a pas besoin d'etre salie par des journaux étrangers "malintentionnés" ou par des officiers réfugiés en Europe,elle l'est par ses propres dirigeants.
Pour les marocains,pas la peine de de crier victoire,votre armée ne vaut pas mieux que la notre.

davinci428
28/04/2005, 17h40
Double six !
"La votre d'armee elle n'a meme pas finit de liberer votre territoire que ce soit au sud au Sahara, ou au Nord sur la cote. Alors continuez de vous moquer de la rapidite et l'efficacite de l'ANP, pendant que la votre n'est meme pas foutue de completer ses missions. Je vous avez dit: la poutre, la poutre."

Notre armée fait ce qu'elle peut et avec les resultats que l'on sait ! Au sud la maitrise du terrain est totale depuis des lustres, au nord les choses sont un peu plus compliquées : demandez à l'Espagne pourquoi elle n'arrive pas a chasser les britaniques de Gibraltar et vous aurez la réponse concernant Ceuta Mellila et les iles Jaafarines.
On aurait tant aimé voir l'ANP à nos côté au titre de la fraternité, du voisinage, de l'histoire, du sang et au titre de la reconnaisance. Elle a fait le choix de se ranger aux côtés de ceux qui veulent dépiècer le Maroc.
Ceci dit je reste confiant et persuadé que la raison finira par l'emporter !

double6
28/04/2005, 18h30
Double six !

Notre armée fait ce qu'elle peut et avec les resultats que l'on sait ! Au sud la maitrise du terrain est totale depuis des lustres, au nord les choses sont un peu plus compliquées : demandez à l'Espagne pourquoi elle n'arrive pas a chasser les britaniques de Gibraltar et vous aurez la réponse concernant Ceuta Mellila et les iles Jaafarines.
On aurait tant aimé voir l'ANP à nos côté au titre de la fraternité, du voisinage, de l'histoire, du sang et au titre de la reconnaisance. Elle a fait le choix de se ranger aux côtés de ceux qui veulent dépiècer le Maroc.
Ceci dit je reste confiant et persuadé que la raison finira par l'emporter !

Mon cher Davinci,

Au Sud la maitrise du terrain est loin d'etre totale. La maitrise du terrain est sur 70% du Sahara, d'un cote du mur. De l'autre cote et tu le sais bien c'est un territoire libere. Si tu me crois pas je peut te poster des photos du Polisario en train d'organiser le congres de leur parti la bas, a Tifariti. C'est une zone interdite pour les Marocains. Toi meme tu ne pourrais pas t'y rendre si tu le voudrais, pourtant sur vos cartes ca dit bien que c'est chez vous. Alors ne me parle pas de maitrise totale du terrain au Sud. Quand au Nord l'armee Marocaine envahit des territoires sans nous informer pour ensuite se faire expulser manu militari honteusement et se reconforter ensuite en criant encore une fois.... roulement de tambours, surprise, surprise: A la trahison Algerienne!!! El Djazair 7it 9sir...:rolleyes:

On aurait bien aime aussi etre a cote du Maroc pour l'aider a recuperer ses terres. Mais a travers des negociations pacifiques, calmes, et en convaincant les populations qu'elles sont Marocaines pas en les matant avec l'aviation et les blindes et en nous les envoyant chez nous pour rester dans des camps et mobiliser notre soutien a eux durant 30 par consequent. Mais non. Le Maroc a prefere se faire peur et a attaque avec ses forces militaires comme en 1963. C'est devenu une habitude chez vous, et c'est ca le probleme justement. Mais comme tu dit j'ai de l'espoir que un jour le Maroc apprendra a deposer son fusil et a s'asseoir a la table des discussions. Un jour incha'allah.

tizi oualou
28/04/2005, 21h45
ce n'est pas le magazine "le nouvel obs" qui est en cause ici, qu'on soit d'accord avec sa ligne editoriale ou pas c'est un autre débat, c'est l'ecrivain qui a pondu ce livre qui fait débat.

j'ai déjà repondu à ce post en paraphrasant ce que morjane avait écrit, il se trouve qu'on a lu tous les deux visiblement le meme livre en question, le seul reproche qu'on peux faire à cet ecrivain,( ami connu de l'algerie de surcroit marié à une femme ecrivain algerienne pour l'occasion qu'on ne peux taxer d'autre chose qu'une vraie patriote.)...c'est d'etre nostalgique d'une algerie du passé.
moi aussi, je pourrais ecrire beacoup de choses sur la france il y'a 20 ans, elle n' avait pas autant de problemes que maintenant.... ;)
sinon, franchement, il n'ya pas de quoi rugir devant ce livre, il dit certaines verités et le texte du nouvel obs ne peux pas resumer le livre, c'est juste des titres accrocheurs pour vendre du papier, du pipi de chat j'allais dire !

dzist
28/04/2005, 22h51
Salut
C’est peut être un hors sujet dans ce fil, mais je vais l’exposer anyway.
Je consultais ce forum depuis longtemps et j’avoue que j’ai appris pas mal de choses intéressantes sur le pays et le Maghreb en général. Mais, depuis ces interventions haineuses et complètement stupides des gens a l’instar de « ferkh » ellil & co, je commence à se décourager. J’ai une opinion assez bonne à l’égard des Marocains grâce à mes connaissances personnelles. Hélas, je commence à me douter maintenant. Je comprends que c’est un forum libre, cependant, il faut avoir des limites quand même.
Amicalement

davinci428
29/04/2005, 01h03
Au Sud la maitrise du terrain est loin d'etre totale. La maitrise du terrain est sur 70% du Sahara, d'un cote du mur. De l'autre cote et tu le sais bien c'est un territoire libere. Si tu me crois pas je peut te poster des photos du Polisario en train d'organiser le congres de leur parti la bas, a Tifariti. C'est une zone interdite pour les Marocains. Toi meme tu ne pourrais pas t'y rendre si tu le voudrais, pourtant sur vos cartes ca dit bien que c'est chez vous. Alors ne me parle pas de maitrise totale du terrain au Sud. Quand au Nord l'armee Marocaine envahit des territoires sans nous informer pour ensuite se faire expulser manu militari honteusement et se reconforter ensuite en criant encore une fois.... roulement de tambours, surprise, surprise: A la trahison Algerienne!!! El Djazair 7it 9sir...

On aurait bien aime aussi etre a cote du Maroc pour l'aider a recuperer ses terres. Mais a travers des negociations pacifiques, calmes, et en convaincant les populations qu'elles sont Marocaines pas en les matant avec l'aviation et les blindes et en nous les envoyant chez nous pour rester dans des camps et mobiliser notre soutien a eux durant 30 par consequent. Mais non. Le Maroc a prefere se faire peur et a attaque avec ses forces militaires comme en 1963. C'est devenu une habitude chez vous, et c'est ca le probleme justement. Mais comme tu dit j'ai de l'espoir que un jour le Maroc apprendra a deposer son fusil et a s'asseoir a la table des discussions. Un jour incha'allah.

Mon cher double 6,
1 /"Au Sud la maitrise du terrain est loin d'etre totale. La maitrise du terrain est sur 70% du Sahara, d'un cote du mur. De l'autre cote et tu le sais bien c'est un territoire libere"

Si l'on se refère à la machine de propande polisarienne relayée malheureusement par les médias lagériens oui ! Sur le terrain les choses sont totalement différentes : Tifariti dans le discours propagandiste du polisario veut dire camp de tifariti situé quelque part au sud de Tindouf tout comme le polisario qui parade dans Smara la virtuelle et Laayoun la lunatique...
Au delà du mur de défense érigé par le Maroc évoluent depuis 1991 les élements de la Minurso. Pourquoi ce mur à cet emplacement exactement ? Le Maroc en le construisant à 30 km des frontières algériennes ne voulait pas créer ce qu'on appelle dans le droit international un " casus belli " sans plus...ça explique tout ! Il suffit juste d'un peu d'imagination pour comprendre tout le reste... A commencer par tous les congrès tenus par le polisario pas très loin de tindouf !
2/ " Quand au Nord l'armee Marocaine envahit des territoires sans nous informer pour ensuite se faire expulser manu militari honteusement et se reconforter ensuite en criant encore une fois.... roulement de tambours, surprise, surprise: A la trahison Algerienne!!! El Djazair 7it 9sir... "

Peut être ! Mais il est à relever que l'Algérie fut le seul pays au MONDE pas uniquement au monde arabe à soutenir l'Espagne, avec communiqué officiel à l'appuie, lors du problème de l'ilot Leila...c'est sans commentaire !

3/ "On aurait bien aime aussi etre a cote du Maroc pour l'aider a recuperer ses terres. Mais a travers des negociations pacifiques, calmes, et en convaincant les populations qu'elles sont Marocaines pas en les matant avec l'aviation et les blindes et en nous les envoyant chez nous pour rester dans des camps et mobiliser notre soutien a eux durant 30 par consequent. Mais non. Le Maroc a prefere se faire peur et a attaque avec ses forces militaires comme en 1963. C'est devenu une habitude chez vous, et c'est ca le probleme justement. Mais comme tu dit j'ai de l'espoir que un jour le Maroc apprendra a deposer son fusil et a s'asseoir a la table des discussions."

L'histoire tranchera ne t'en fais pas ! Aussi bien sur l'affaire de 63 mais aussi sur la question des bombardements...Les vérités ne sont pas toujours bonnes à dire ! Autant se taire !
Eux savent....

davinci428
29/04/2005, 01h17
Il n'est pratiquement plus de topic dans ce forum ou l'on peu mettre les pieds sans être mis en face d'une bien amère réalité : le dialogue est grandement vicié par certains frères algériens qui même si l'on débattait d'Echerichia Coli - une bactérie - ils s'ingénuront inévitablement à lui trouver des origines marocaines...et une RASD qui la sous tend !
Non ! Autant aller voir ailleurs...

double6
29/04/2005, 01h22
Salut Davinci,

Bon aller droit au but:

1- L'Algerie n'a pas soutenue l'Espagne dans son communique. L'Algerie a affirme son attachement a une solution pacifique pour l'affaire de Isla Perejil. C'est le fait que l'on a etait le seul pays "Arabe" a dire Isla Perejil au lieu de Ilot Leila qui a fait enrager la diplomatie Marocaine. Donc encore une fois, c'etait une erreur et assumez la s'il vous plait. N'essayez pas de nous faire porter une part de responsabilite dans quelque chose que l'on a ni demande, ni souhaite, ni ecourage.

2- Pour l'histoire qui jugera, je pense personellement qu'elle a deja juge l'attaque de 1963 en tout les cas. On a ete attaque deliberement pour la ville de Tindouf, comme ca du jour au lendemain et a notre moment le plus faible. Mais c'est pas grave c'est de l'histoire et Tindouf est toujours Algerienne donc passons.

3- Tu te trompes. Tifariti c'est Tifariti en territoire liberes. Pas le camp de Tifariti ou celui de Smara ou celui de Laayoune. Je te remercie on sait faire la difference entre les 2, et la propagande Makhzenienne qui veut vous faire croire que vous controllez la situation est pathetique. Voici un article du Jeune Afrique. Le journaliste est parti couvrir le congres du Polisario. C'est Jeune Afrique je rapelle, et non pas El Watan ou El Moudjahid.

Voyage dans le fief du Polisario

Pour tenter de démontrer que la République arabe sahraouie démocratique fonctionne comme un véritable État, les dirigeants du Front ont organisé leur congrès en territoire « libéré ». Reportage.


La visite en République arabe sahraouie démocratique (RASD), entité problématique s'il en est, proclamée le 20 mai 1976 et reconnue par environ 70 pays, dont 28 africains, commence inévitablement par l'aéroport de Tindouf, à l'extrême sud-ouest de l'Algérie. Cet embryon d'État enclavé entre le Maroc, la Mauritanie et l'Algérie est inaccessible par d'autres moyens.
Nous sommes quelque deux cents invités étrangers à avoir répondu à l'invitation du Front populaire pour la libération de Saguiet el-Hamra et du Rio de Oro (ou Front Polisario), mouvement qui a donné naissance à la RASD. Des députés, représentants de partis politiques, responsables d'ONG, journalistes venus d'une vingtaine de pays(*), dont l'Algérie, pays hôte, à la fois invité et invitant. Commentaire d'un confrère algérien : « Faites comme chez vous, vous êtes chez nous. »

Objet de ce déplacement exceptionnel : le 11e congrès du mouvement qui se tient, du 12 au 14 octobre, quelque part à l'intérieur des territoires dits « libérés », c'est-à-dire dans une zone située à l'est du « mur de défense » construit entre 1980 et 1991 par le Maroc. Ce dernier consiste en une série d'ouvrages longs de quelque 1 400 km - 2 200 selon d'autres sources (dans le désert, les distances sont extensibles à volonté) -, renforcés par des champs de mines, édifiés parallèlement au littoral, de façon à isoler les troupes du Polisario de la presque-totalité du territoire saharien.

Nous sommes arrivés à l'aéroport de Tindouf le 11 octobre, un peu avant minuit. Des véhicules 4x4 - qui seront notre unique moyen de transport durant les trois jours à venir - sont mis à notre disposition. Direction : le camp des réfugiés du « 27-Février », situé au bout d'une piste cabossée, à une quinzaine de kilomètres de là. Nous passons la nuit sous les tentes, hôtes des Sahraouis. Le dîner est frugal. Au menu : un plat de macaronis, une galette aux pommes de terre et un verre de thé.

La « maîtresse de maison » s'appelle Timettou. Âgée d'une cinquantaine d'années, elle vit à Tindouf depuis vingt-huit ans. Elle était une jeune mariée lorsqu'elle a fui les combats avec sa petite fille, qui n'avait alors que 2 ans. Réfugiée en Algérie et sans nouvelles de son mari, resté de l'autre côté du front, elle s'est remariée avec un Sahraoui, réfugié comme elle, dont elle a eu trois autres enfants. Sa fille aînée, Hassina, qui a aujourd'hui 30 ans, a fait des études en Algérie, en Libye, puis en Autriche. Elle parle couramment l'allemand et dirige l'école primaire du camp. C'est elle qui nous a préparé le dîner et servi du thé dans des petits verres, assise à même le sol, à la manière des Bédouins. Pense-t-elle parfois à son père ? S'en souvient-elle encore ? Elle baisse les yeux - radieuse dans sa robe longue, ample et claire -, mais ne dit rien.

Ici, les histoires abondent sur les séparations forcées entre les membres d'une même famille et l'errance à travers le désert pour fuir les villes et villages bombardés par l'aviation marocaine (Laayoune, Smara, Oum Dreyga, Bir Enzaran, Dakhla, Boucraâ...). Ceux qui ont 30 ans et plus ont, pour la plupart, laissé un père, une mère, un frère, une soeur, un fils, un cousin, un époux ou une épouse de l'autre côté du mur. À notre grand étonnement, ils en parlent presque sans amertume ni rancoeur, comme d'un accident de la vie.

« Si les réfugiés ont pu garder l'espoir aussi longtemps et survivre dans des conditions d'extrême dénuement, c'est en grande partie grâce aux femmes. Ce sont elles qui, en l'absence des hommes, souvent au front, organisent la vie des camps, veillent à l'hygiène, dirigent les écoles et les hôpitaux, distribuent l'aide humanitaire et veillent à l'unité de la famille. Beaucoup d'entre elles font des études supérieures en Algérie, en Libye ou à Cuba. Médecins, enseignantes, infirmières..., elles reviennent toutes vivre dans les camps », raconte Jean Lamore, écrivain franco-américain, rédacteur en chef de la revue Mamba et fervent défenseur des Sahraouis.


... A suivre ...

double6
29/04/2005, 01h23
Les habitants des camps érigent souvent, à côté de la tente, une petite pièce en briques de terre, où ils placent leurs rares meubles ou appareils. « Lorsqu'il pleut - mais il pleut rarement -, les murs s'effritent et s'effondrent », dit Mohamed Ali, 8 ans, en classe de quatrième. Avant de me demander : « Est-ce que vous voulez regarder la télévision ? » Une antenne parabolique posée à même le sable lui permet de regarder plusieurs chaînes étrangères, notamment égyptiennes.

La tente est grande et haute avec des ouvertures aux quatre coins pour créer un courant d'air (ici, la chaleur atteint parfois des pics de 58 °C). Les accessoires sont sommaires : nattes, tapis, couvertures, coussins, coffrets et nécessaire de thé. Dans un enclos adossé à la tente, quelques bêtes : un âne, un bouc, des poules... Quant à la douche, un tuyau suspendu au mur, elle laisse couler un maigre filet d'eau. On se contente de se rincer le visage, les mains et les pieds.

Dimanche 12 octobre. Réveil à 5 heures du matin, après deux heures de sommeil difficile. Sur la grande place, les préparatifs du voyage durent trois bonnes heures. Nous sommes embarqués dans des 4x4, à cinq ou six par véhicule, avec valises, caméras et matériel divers. À la sortie de Tindouf, ville située à quelque 70 km de la frontière algéro-sahraouie, nous traversons un camp formé de bâtiments en briques de terre. Des bannières rouge, vert et blanc frappées d'un croissant et d'une étoile flottent partout. Nous sommes à Rabouni, siège de la RASD, où sont établis « ministères » et offices. La RASD essaie de fonctionner comme un État et d'exercer une forme de souveraineté sur une parcelle du territoire national « libéré », avec drapeau, Constitution, gouvernement, représentation populaire, administration et armée. À la lisière du camp, des dizaines de grands conteneurs vides forment un mur de fer rongé par la rouille. Plus loin, les dunes de sable cèdent la place à des paysages lunaires. Des éclats de pierres noires grillent au soleil, sur une terre désolée qui s'étend à perte de vue. Pour toute végétation, de rares acacias, maigres et secs, des plantes rachitiques, alors que la faune se réduit aux scorpions, aux lézards et aux oiseaux - très beaux, mais rares, et jamais en colonie.

Le voyage, long de huit bonnes heures, est harassant. Nous traversons un désert caillouteux, poussiéreux, interrompu çà et là par de légers accidents de relief. Nous croisons, de temps à autre, de gros camions-citernes blancs frappés du sigle de l'ONU, qui transportent l'eau vers les camps. Les Sahraouis, fils et petits-fils de méharistes, qui ont troqué les chameaux contre des Land Rover et des Toyota, sont des pilotes chevronnés. Ils utilisent leurs véhicules tout- terrain pour le transport autant que pour le combat et sont capables de conduire jusqu'à douze heures par jour, ne s'arrêtant que pour siroter un verre de thé à l'ombre d'un acacia.

Nous arrivons à Tifariti vers 15 heures. Le camp est situé à 300 km à l'intérieur du territoire dit « libéré », à quelque 80 km du fameux mur de séparation construit par les Marocains et qui divise le territoire du Sahara occidental en deux enclaves. « C'est un ancien village construit par les Espagnols. Complètement rasé durant les combats, il a été reconstruit au cours des vingt dernières années », m'explique un jeune soldat. La région sert aussi de lieu de déploiement des forces onusiennes de la Mission des Nations unies pour le référendum du Sahara occidental (Minurso), dont le mandat, qui dure depuis plus de douze ans, a été prorogé jusqu'à la fin de l'année.

C'est la première fois que le Front Polisario organise son congrès en territoire sahraoui, les dix précédents ont tous été tenus à Tindouf, sur le sol algérien. Les chefs du mouvement cherchent visiblement à donner une portée symbolique à l'événement. Les réunions se tiennent dans les locaux d'un hôpital construit par le conseil de la ville de Navarre (Espagne), jumelée avec Tifariti. Les malades et les équipements médicaux évacués, les bâtiments ont été transformés en salles de réunion, de presse, etc. L'approvisionnement en eau est assuré par de gros camions-citernes. Des générateurs électriques permettent l'éclairage. Une liaison satellite est mise à la disposition des journalistes. Le matériel, portant des enseignes espagnoles, est flambant neuf.

Nous sommes « logés » sous des tentes. À six ou sept dans quatre mètres carrés. Le confort est « amélioré » : couvertures et matelas neufs. L'ouverture du congrès, retardée de quelques heures, a lieu en début de soirée. Au discours du président de la RASD, Mohamed Abdelaziz, succèdent les allocutions des délégués des partis politiques, organismes et ONG étrangers. L'Algérie, « puissance alliée », a dépêché une imposante délégation comprenant des représentants des principaux partis, comme le Front de libération nationale (FLN), le Rassemblement national démocratique (RND), le Mouvement de la société pour la paix (MSP, ex-Hamas), Ennahda, ou encore le Parti du renouveau algérien (PRA), ainsi que des membres des deux Chambres du Parlement, du Conseil consultatif maghrébin et des diverses organisations nationales. « Nous avons voulu montrer que tous les Algériens, toutes tendances confondues, sont solidaires avec le peuple sahraoui », me précise un membre de la délégation.

Les mille six cents congressistes (militaires et civils, hommes et femmes, vieux chefs de tribus et jeunes de la diaspora) observent un silence religieux lorsque la voix d'Ali Salem Tamek résonne dans la salle du congrès. Ce prisonnier politique, condamné en août 2002 à deux ans de détention, parle depuis sa prison d'Oum Melloul, près d'Agadir, au Maroc, grâce à un téléphone satellitaire introduit secrètement dans sa cellule. Il remercie l'Algérie, « la Mecque des révolutionnaires », pour son appui au droit à l'autodétermination du peuple sahraoui.

... A Suivre ...

double6
29/04/2005, 01h25
... Suite et fin ...


Je saisis l'occasion pour demander à mon accompagnateur sahraoui ce qu'il pense du récent rapport de l'association France-Libertés, présidée par Danièle Mitterrand, sur les conditions de détention des 914 prisonniers de guerre marocains encore détenus à Tindouf (chiffre avancé par Rabat). « C'est un tissu de mensonges », me répond-t-il. « Puis-je rendre visite à certains de ces prisonniers ? » Ma demande se voit opposer un refus diplomatique : « C'est difficile à organiser. Tout le monde est mobilisé pour le congrès. Revenez une autre fois. »

Comment les anciens cadres du mouvement qui ont fait défection et rejoint le Maroc sont-ils perçus ici ? Réponse tout aussi diplomatique : « Tout le monde n'a pas la foi chevillée au corps. Lassés par l'attente d'un règlement qui ne vient pas, ces gens ont cru pouvoir régler le problème de façon individuelle. Malgré la publicité qui leur a été faite, ils ne sont pas nombreux et ne représentent qu'eux-mêmes. »

La réunion se poursuit, l'après-midi, à huis clos. Je demande à Mohamed Khaddad, président du comité d'organisation du congrès, la permission d'assister aux débats pour mieux apprécier leur teneur. Il hésite. J'insiste, arguant du fait que les Sahraouis feraient mieux de jouer la transparence s'ils veulent être mieux écoutés. Il me prend alors par la main et me fait entrer. Les interventions auxquelles j'assiste dénotent une certaine liberté de ton. Un vote à main levée donne un résultat très serré. Ce n'est certes pas encore la démocratie, mais on est loin de la langue de bois qui caractérise les travaux des partis politiques dans la plupart des pays arabes.

Dans l'après-midi, nous sommes conduits sur la « ligne du front ». Avant que la nuit tombe, nous avons juste le temps de voir (de loin) le fameux mur de défense. Inspiré de la ligne Barlev édifié par les Israéliens à l'est du Sinaï, ce mur érigé par l'armée marocaine a été réalisé avec l'aide d'experts israéliens et une aide financière saoudienne.

Le soir, le président de la RASD, Mohamed Abdelaziz, me reçoit après le dîner de clôture. Il est 1 heure du matin. Il me dit : « Merci d'être venu nous voir. Cela vous permettra de mieux nous connaître et de recueillir notre point de vue. Libre à vous ensuite d'écrire ce que vous voulez sur la question du Sahara occidental. Nous respecterons votre opinion. »

Le départ pour Tindouf est fixé pour 8 heures. Quelques heures de sommeil. Les valises, la Toyota, les rocailles, le sable... Il me restera, de ces trois jours, le souvenir d'un peuple réfractaire, déchiré et incompris.


* Afrique du Sud, Algérie, Australie, Chili, Cuba, Espagne, Finlande, France, Italie, Libye, Madagascar, Mexique, Namibie, Nigeria, Norvège, Panamá, Pays-Bas, Suède, Suisse et Venezuela.

Ridha Kéfi, envoyé spécial à Tifariti


http://www.jeuneafrique.com (http://www.jeuneafrique.com/)

davinci428
29/04/2005, 16h04
Mensonge et désinformation !!
1/L'article publié et signé Redha Kefi date de 2003 et le lien que tu nous balances laisse insidieusement croire qu'il est recent.
2/Le nombre de pays africains reconnaissant à l'heure qu'il est la fantomatique rasd est de 22 états et non 28 - autre tromperie - dans les quelques semaines qui viendront - vers fin juin/debut juillet - ils ne seront plus que 21 voir 20..je prend à temoin les forumeurs.
Je renvoie les amis forumeurs à ce lien du même jeune afrique l'intelligent mais plus recent 15 jours :

http://www.jeuneafrique.com/gabarits/articleJAI_online.asp?art_cle=LIN17045besoiecnass0
Edition du 17/04/2005 - N° 2310 p.48 - par Samir Gharbi

3/ Redha Kefi avait realisé ce reportage pour que jeune afrique rentre dans les bonnes graces d'Alger - un gros marché -
4/300km à l'interieur du sahara + 80km en deça du mur, ça aboutit vers quoi ? prend une carte tu verras que c'est completement absurde et qu'on a fait tourner les invités en bouriques comme il est dans la tradition du polisario de le faire...Longer une frontière du nord vers le sud sur 300 voir 800 km c'est faisable mais on ne se serait écarté du territoire algérien que de quelques arpents de sables...Calculé comme ça, ouais !
4/Tamek ! Tiens tu en parles ! Lis les dernières nouvelles concernant ce zebre, ça va être le délire...

marok1
29/04/2005, 17h22
L'albanie a retiré sa reconnaissance depuis presque 6 mois!!

Cookies