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morjane
11/11/2008, 14h10
Il y avait plutôt foule, hier matin, devant l’académie de Béjaïa. Une centaine de protestataires, au minimum, regroupés derrière un large calicot qui résume simplement le motif de cet inhabituel manège : " Les enseignants de tamazight en colère!"En fait, ils n’étaient pas seuls les enseignants de tamazight de la wilaya de Béjaïa à répondre présents au rassemblement organisé par leur association, Tidmi. Il y avait aussi la présence d’enseignants de la même matière des wilayas de Tizi- Ouzou, Boumerdès et Sétif ainsi que les licenciés de tamazight fraîchement sortis de l’université et restés au chômage. " Nous sommes ici pour être reçus par la directrice de l’éducation afin que nous lui exposions de vive voix nos revendications, à savoir la prise en charge réelle de tamazight en matière de manuel scolaire, d’organisation pédagogique, d’ouverture de postes budgétaires, de formation du personnel, en un mot de stratégie de généralisation de son enseignement", déclare El-Hafid Hadjou, président du bureau de l’association Tidmi. Et d’ajouter que la première responsable du secteur les avait contactés la veille pour un entretien et qu’ils ont refusé car ayant déjà contacté tous les enseignants pour ce sit-in.

Il précise bien que la directrice ne les a appelés qu’après avoir eu connaissance de ce rassemblement alors que plusieurs demandes avaient été faites auparavant sans aucune suite. "Nous rencontrons énormément de problèmes, nous les enseignants de tamazight. Nous ne sommes même pas considérés. A titre d’exemple, pour compléter nos 18 heures de cours par semaine, nous sommes obligés des fois de nous déplacer à des kilomètres pour donner des cours dans d’autres établissements, et ceci en l’espace d’une heure de temps séparant les cours de niveaux différents des deux établissements," déclare amèrement Mohand Chikhount.

Son collègue, Hakim Ibaliden, de son côté, complète en disant qu’il est l’exemple même de cette discrimination par rapport aux autres matières du moment qu’il enseigne trois niveaux différents alors que la circulaire d’application prévoit un enseignant pour deux niveaux seulement. Pêle-mêle, les présents interviennent, les uns pour dire que malgré la présence au chômage de plusieurs licenciés en tamazight, les écoles sont en général dépourvues d’enseignants, d’autres pour rappeler que seul un inspecteur est affecté pour toute la wilaya alors qu’elle nécessite au moins deux pour le primaire, deux pour le moyen et pourquoi pas un pour le secondaire.

De son côté, Mme Boulgane, directrice de l’éducation, avait déclaré dans la même journée à Radio Soummam qu’elle ne pouvait satisfaire ces revendications du fait que l’organisation pédagogique des établissements dépendait des chefs de ces derniers et que l’affectation d’inspecteurs était du ressort du ministère.

Toutefois, a-t-elle ajouté, la délégation sera reçue dans l’après-midi pour en discuter. Ce qui ne sera pourtant pas le cas. De dix heures à quatorze heures, les contestataires n’avaient pas bougé du seuil de l’académie. Après avoir attendu vainement qu’ils soient reçus par la directrice de l’éducation et suite à l’information disant qu’elle était absente et au refus du secrétaire général qui les avait reçus de dresser un procès-verbal de réunion, les enseignants protestataires se sont rendus au siège de la wilaya pour demander une audience au chef de cabinet puis au wali. Le premier était en réunion et le second absent, selon la délégation dépêchée à cet effet. Au retour de la wilaya, le président du bureau de l’association organisatrice de ce rassemblement invite les présents à rester mobilisés et à répondre présents au prochain sit-in qui aura lieu lundi prochain, à la même heure et au même lieu, en cas du non-satisfaction des revendications au cours de semaine.

Par la Dépêche de Kabylie

noubat
11/11/2008, 14h22
Colère des enseignants de tamazight en Algérie

ils ont raison,
mais j'ai eu peur que se soit les enseignants de l'Anglais ou l'Allemand qui étaient en colère.

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