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Voir la version complète : Les marchands de bonheur et du Bien-être.


Thirga.ounevdhou
12/11/2008, 19h57
C'est quand le bonheur ? C'est quand vous voulez !

Aux Etats-Unis, Tal Ben Shahar est «professeur de bonheur» à l'université Harvard. Sa première leçon repose sur une idée apparemment banale : Vous êtes déprimé, anxieux ou en colère ? C'est un signe de bonne santé mentale car «il n'existe que deux sortes de personnes au monde qui n'éprouvent jamais d'émotions pénibles : les psychopathes et les cadavres».

Voilà qui est réconfortant. Il convient donc, selon Tal Ben Shahar, de «s'autoriser à être humain, c'est-à-dire de connaître des hauts et des bas, des échecs, des variations d'humeur».

Dans le même esprit, Sonja Lyubomirsky, qui dirige, à l'université de Californie, le laboratoire de «psychologie positive» vient de publier «Comment être heureux et le rester» («Une méthode scientifiquement prouvée», chez Flammarion). «Augmenter votre bonheur de 40 %, c'est possible», assure cette psychologue. 40%, pas plus, pas moins.

L'affirmation fait beaucoup rire l'écrivain Pascal Bruckner, qui connaît bien le sujet (lire encadré).

Pourtant, le bien-être s'apprend. Il y a même des écoles, dans notre région, où on l'enseigne.
Encore faut-il s'entendre sur le mot : le bien-être n'est pas le bonheur, sentiment intime, personnel, qui ne se mesure ni ne se décrète. Il tient parfois à peu de choses - une rencontre, un beau film, un sourire d'enfant, le soleil sur la peau... - on peut passer à côté sans le reconnaître.

Le bien-être se fabrique, le stress se gère, à force d'exercices. Sur M6, Péri Cochin anime un nouveau magazine, «Bien dans ma vie», dans lequel elle fournit moult conseils. Bien dans sa vie...Facile à dire : en matière de consommation de psychotropes, les Français sont les champions d'Europe.

Les médecins généralistes sont, dans ce domaine, à l'origine de plus de 80% des prescriptions, souligne une toute récente étude. Un appel a été lancé par 491 psychologues, psychothérapeutes, pour dénoncer une «surmédicalisation du mal-être».

Les alternatives existent pourtant aux antidépresseurs, aux somnifères, aux anxiolytiques : sport, acupuncture, homéopathie, phytothérapie, luminothérapie, oligo-éléments, yoga. «Le bonheur, écrivait Roger Martin du Gard, n'est pas une timbale qu'on décroche, c'est surtout une aptitude».

A Toulouse, il existe des écoles du bien-être

Un sourire jusqu'aux oreilles, des cheveux courts et rouges, un joli bronzage, Sabine Régis respire le bien-être. Normal, c'est une experte. Depuis le début du mois de septembre, elle vient d'ouvrir son cabinet à Saint-Genies- Bellevue, sur les hauteurs de Toulouse. Sur la plaque accrochée au mur extérieur, on peut lire « Technicienne de bien-être diplômée ». Une qualification pour le moins insolite. Sabine explique. « Etre technicienne du bien-être, ça veut dire s'occuper du mal-être des gens et les amener à un bien-être. » Ce mal-être peut être aussi bien psychique que physique. « ça va de la personne qui se lève en disant '' Pfffouu, faut que j'aille travailler'' ou ''Les enfants vont encore pleurer''.
Sabine sait de quoi elle parle puisqu'elle est passée par là. « J'étais banquière pendant 25 ans et ce travail ne me correspondait plus. A 49 ans, j'ai décidé de changer de vie. Par hasard, j'ai appris l'existence d'Arnika, une école d'enseignement professionnel aux techniques du bien-être basée à Launaguet. Un de ses cofondateurs, Michel Vivies, m'a encouragé : '' Vas-y, t'es faite pour ça !'' ».

NI kiné, ni psy, ni médecin

Tout le monde ne peut pas s'improviser technicien du bien-être. « Non! Il faut avoir une grande sincérité en soi et une grande motivation parce que la formation est intensive », explique Michel Vivies.

Ingénieur au CNRS, diplômé de médecine spatiale et de médecine chinoise à Pékin, Michel Vivies est passionné par les médecines douces. « Mon objectif est de permettre à des personnes qui ont du cœur et une passion pour l'autre de pouvoir accompagner les gens qui en ont besoin. Pour cela, on leur donne une méthode et des outils de travail. »
Ni kiné, ni psy, ni médecins, ces praticiens du bien -être parlent de clients et non de patients. Leurs outils de travail ? « La naturopathie, les huiles essentielles, les plantes, le nursing touch… », précise Michel Viviès. Et surtout une oreille attentive et un bon feeling pour accompagner au mieux les personnes en mal-être. Ames insensibles s'abstenir. Adeptes de la « papouillothérapie» aussi.
« Le marché de la détente est à la mode. Aujourd'hui, vous payez 50€ de l'heure pour qu'on vous fasse des papouilles et vous avez l'impression d'aller mieux. Le marché du bien-être, c'est une démarche sur le long terme. Le bien-être, ça s'apprend, sa se construit peu à peu et ça se cultive », insiste Michel Viviès.
Un travail de tous les jours, Sabine Régis l'a bien compris : « Aujourd'hui, je suis dans mon élément. Complètement. Quand je fais du bien à mes clients, je me fais du bien à moi aussi». Parole d'une femme heureuse !
Air de bien être, Sabine Régis,

Pascal Bruckner : «Un moment hors du temps»

Romancier et essayiste, Pascal Bruckner est l'auteur de «L'Euphorie perpétuelle , essais sur le devoir de bonheur» (Grasset).
Du bonheur, il dit : «ça ne se mesure pas, ça ne se décrète pas ! Le bonheur collectif est un sentiment individuel, une affaire privée. Le bien-être, lui, se mesure- le «moral des ménages» - c'est l'affaire des politiques, des économistes. Qu'est-ce que le bonheur ? Des moments d'insouciance, des parenthèses enchantées où tous les tracas habituels sont effacés, repoussés, un moment hors du temps. Le paradoxe de notre époque, c'est qu'on fait du bonheur un souci permanent. A partir du moment où le bonheur devient un travail de développement personnel, où l'on s'active pour son accomplissement, il n'est plus le bonheur, il est un labeur parmi d'autres. Le philosophe Alain disait : «Le bonheur est un devoir ». Dans son esprit, c'était une sorte de vertu civique, ne pas importuner les autres avec notre malheur. Aujourd'hui, on a à la fois le devoir de bonheur et la plainte généralisée. Ce qui fait la difficulté du bonheur, c'est qu'on a beaucoup de mal à vivre au présent. Quand on sait qu'on est heureux, on devient le comédien de son propre bonheur».

Heureux comme un Danois

Selon une étude britannique de l'université de Leicester, les Danois sont les plus heureux du monde. Sur cette «carte mondiale du bonheur» établie d'après 5 critères (santé, richesse, éducation, identité nationale et beauté des paysages), la France est en 62 e position, devancée par la Mongolie et le Salvador. Les Etats-Unis sont en 23 e position.En fin de liste, le Burundi.

Bouthan : le pays du bonheur intérieur brut

Au Bouthan, petit Etat d'Asie grand comme la Suisse, le roi Jigme Singye Wangchuck a dès 1972 préconisé d'utiliser l'indice de Bonheur National Brut (BNB) pour en faire l'objectif du développement économique de son pays. Ce BNB se base sur des critères tels que la croissance responsable, la conservation de la culture et de l'environnement. Le roi a du reste décidé d'organiser des élections législatives, en mars 2008, et c'est le Parti vertueux qui l'a emporté. Pour le roi, la démocratie participe du bonheur. Longtemps coupé du monde, ce petit pays pauvre s'ouvre prudemment au tourisme.

78%

des Français se disent «très satisfaits» ou «plutôt satisfaits» de la vie qu'ils mènent, selon une étude de l'Union européenne (avril 2008).
Pour plus de deux Français sur cinq (43%) et 37 % des Midi-Pyrénéens, la famille est associée au bonheur (sondage TNS-Sofres de juin 2008).

80 000

C'est le nombre de citations - la liste n'est pas exhaustive - évoquant le bonheur. Parmi celles-ci : «Manifester son bonheur est un devoir» (Albert Jacquard).

43-49 ans

Une étude américaine montre que le bonheur atteint son niveau le plus bas vers la quarantaine. Le rapport entre âge et bonheur suivrait une courbe en forme de U.

7

Sagesse, connaissance, courage, humanité, justice, tempérance et transcendance : ce sont les sept vertus qui contribuent au bonheur. La liste a été établie par deux spécialistes de la «psychologie positive» en 2004.

- Depeche.fr

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13/11/2008, 13h32
vous payez 50€ de l'heure pour qu'on vous fasse des papouilles et vous avez l'impression d'aller mieux

a ce prix la , le seul bonheur qu'ils font , c'est le leurs ........

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