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bledard_for_ever
07/12/2008, 09h55
Trois initiatives algériennes


Face à la crise, l’Algérie devient plus réactive. J’ai relevé cette semaine trois initiatives qui me paraissaient illustrer cette nouvelle attitude.

D’abord, commençons par là où cela fait le plus mal : le prix du baril. Ainsi, la présidence algérienne de l’Opep tirant l’expérience de l’inélasticité sur les prix de la dernière réduction des quotas s’est préparée à être plus efficace au prochain rendez-vous d’Oran. On sait que la seule marge de manœuvre pour ce faire est la réduction de l’offre. Aussi, l’effort est porté d’abord sur l’obtention d’une discipline collective (éviter l’effet “passager clandestin” qui consiste pour certains pays membres de l’Opep à ne pas opérer les réductions convenues, tout en profitant le cas échéant des résultats obtenus). Ensuite, un deuxième message fort de réduction de l’offre a été émis. Il s’agit de l’invitation de la Russie à la prochaine réunion de l’Opep d’Oran, en attendant plus si affinités, car sa présence et sa solidarité pourront peser sur le marché. Ce grand pays gazier et pétrolier s’est rendu compte que la coordination entre les exportateurs de gaz seule serait vaine si le prix du pétrole, qui est le prix directeur de l’énergie, continue sa lourde chute. Un autre bon signal dans ce domaine a été la récente déclaration de l’Arabie Saoudite qui considère que le bon prix se situerait autour de 75 $ le baril. Dernier mot à ce propos : au prix actuel de 41 dollars le baril, les discussions en cours à Poznan sur l’après-Kyoto concernant le “package changement climatique et énergie” apparaissent tout simplement surréalistes. La deuxième initiative se situe dans le champ diplomatique. Il s’agit de la proposition algérienne retenue à la dernière conférence de Doha du G24 d’établir un comité de liaison entre le G20 et le G24. Ce comité de liaison aura pour tâche d’élargir la recherche de solutions à la crise à l’expression et aux propositions des pays émergents. Un ancien gouverneur de la Banque d’Algérie s’inquiétait dernièrement dans El Watan sur le fait que “la crise va exclure l’Algérie des lieux de négociation stratégique”, faisant notamment référence à la non-participation algérienne au G20. Voilà qui peut le rassurer, mais attendons pour voir. Le dernier type d’initiatives est venu des milieux d’affaires publics et privés. Paradoxalement, au moment où la branche automobile est en crise en Europe, aux USA et au Japon, des entrepreneurs nationaux lancent des opérations dans cette branche. D’abord, relevons les deux contrats passés entre la SNVI et Naftal pour la livraison de 111 semi-remorques citernes d’hydrocarbures et 100 camions de transport de bouteilles de GPL. Ensuite dans le secteur privé, deux contrats également ont été signés, le premier entre la société algérienne Fandi Motors et le groupe chinois Changhe Automobile pour la fabrication en régime de croisière de 50 000 véhicules de tourisme. Le second contrat porte sur la réalisation à Sétif d’une usine d’assemblage de
19 000 véhicules utilitaires industriels et de minibus. Cet accord d’un montant de 100 millions de dollars, signé entre GM Trade et le constructeur chinois Shaanxi, permettra la création de 4 000 emplois directs et induits.



On peut s’interroger en ces temps de tourmente pour les grands constructeurs mondiaux qui perdent près de 30% du marché si le “business model” de ces deux projets tiendra la route. Ce “business model” tire sa rentabilité du fait que leurs produits “low cost” ont déjà leur part de marché en Algérie. En plus, ces derniers bénéficieront du différentiel des droits de douanes (15% en produits semi-finis au lieu de 30%) et du gain marginal en coût de fret (volume très réduit en conteneurs). Pour le reste, il faudra continuer à réfléchir de façon pragmatique et collective dans et en dehors des institutions pour identifier d’autres pistes possibles. La dernière rencontre du FCE portant sur les effets de la crise et les opportunités qui s’offrent à l’économie algérienne a été pertinente à cet égard. Celle de la création de l’association des amis de l’université Houari-Boumediene pour consolider les ponts entre les entreprises et la communauté universitaire et celle de la recherche procède, finalement, de la même démarche car le capital humain est au cœur de tous ces enjeux.

Mustapha Mekidech (http://www.liberte-************/send_jour.php?idjournaliste=281&journaliste=Mekideche)

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