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Voir la version complète : Attractivité des entreprises en Europe : le territoire français ferait la course en t


gdesmon
08/12/2008, 08h45
Le territoire français est le plus attractif d’Europe, selon une étude de KPMG.(juillet 2008) Un constat surprenant au moment où les parlementaires français, à la recherche d’un modèle économique performant pour augmenter la croissance, viennent d’achever leurs discussions sur la loi de modernisation de l’économie (LME).

Après le semi échec de la stratégie de Lisbonne (EurActiv.fr 16/04/2008), les Etats membres de l’Union tentent de relancer la croissance et l’emploi dans un environnement mondial marqué par un taux de change euro-dollar défavorable et une crise énergétique. (EurActiv.fr 9/01/08).

Une étude de KPMG, commandité par Paris-Ile de France Capitale économique (association de promotion de la région parisienne à l’étranger), souligne néanmoins la bonne santé de l’attractivité économique française.

Depuis plusieurs mois, le gouvernement français insiste pour sa part sur l’existence de « gisements de croissance » que révèlera la « levée de blocages structurels.» Forte de 173 articles, la loi de modernisation de l'Economie (LME) du 23 juillet 2008 lance donc de nouvelles réformes structurelles, qui impactent de nombreux secteurs de la société française.

Enjeux:

L’attractivité du territoire français en Europe

Selon l’étude du cabinet KPMG, la France est le pays d’Europe où le coût d'implantation des entreprises étrangères est le plus attractif. L’enquête met également en avant la compétitivité économique de Paris et sa région. En 2008, les entreprises étrangères désireuses de s’implanter en Europe ont choisi en premier la capitale française étant donnée la faiblesse des coûts, indique l'étude. Augmentant au passage son avance sur ses concurrentes Londres et Francfort par rapport à la précédente enquête.

Si l’enquête de KPMG donne une image flatteuse de l’économie française, d’autres indicateurs laissent pourtant penser que la situation économique française – et européenne – pourrait se détériorer. Membre de la zone euro, la France subit la faiblesse du dollar par rapport à la monnaie européenne : l’attractivité de son territoire est-elle dès lors en danger? L’exemple d’Airbus, qui songe depuis plusieurs mois déjà à localiser une partie de sa production en dehors de la zone euro, afin de réduire le risque de change, n’incite guère à l’optimisme. (Euractiv.fr 6/12/2007).

En outre, même si l’enquête de KPMG indique que «la France s’inscrit comme le premier pays européen dans le domaine Recherche et Développement», force est de constater que l’Hexagone n’est pas un si bon élève en la matière. Ainsi, une enquête d’Eurostat du 10 mars 2008 montre que la France consacrait 2,12% de son PIB à la R&D en 2006, un chiffre éloigné des objectifs de 3% fixés par la stratégie de Lisbonne pour l’horizon 2010.

Augmenter le nombre d’entreprises et favoriser la concurrence

Les résultats de cette étude contrastent avec les mesures prises par la loi de modernisation de l'économie afin de renforcer le dynamisme de l'économie française. Au menu de la LME : une nouvelle règlementation de la distribution, l’instauration de délais de paiement plus courts entre entreprises, une simplification du régime fiscal pour l’entreprenariat et pour les cadres étrangers s’installant en France, une généralisation de la distribution du livret A et un Small Business Act encourageant les entreprises innovantes. (EurActiv.fr 26/06/2008).

Afin de «moderniser l’économie», les parlementaires ont structuré la LME autour des axes suivants : la mobilisation des entrepreneurs, le renforcement de la concurrence, l’amélioration de l’attractivité française et le financement de l’économie. Le gouvernement a fixé des objectifs chiffrés : Christine Lagarde indique que la loi devrait permettre de gagner 0,3 point de croissance et de créer 50 000 emplois.

Autant de mesures qui permettront, selon Christine Lagarde, de moderniser l’économie française et de donner «un gain de pouvoir d’achat de 1000 euros par ménage.»

Positions:

Jean-Paul Charié, député (UMP) et rapporteur de la loi de modernisation de l’économie, précise que «malgré une productivité remarquable, le dynamisme économique de la France par rapport à ses voisins européens est décevant.» Le député se félicite de l’adoption de la LME, qui permet «de sortir de fausses contraintes et libère un potentiel de création de valeur ajoutée pour l’économie française.»

Thierry Jacquillat, Président de «Paris-Ile de France Capitale Économique», partenaire de KPMG sur l’étude «Choix concurrentiels 2008», indique quant à lui que «la France, Paris et l’Ile-de-France font la course en tête sur le continent européen en matière de coûts d’installation des entreprises étrangères". Mais "des efforts restent à fournir, notamment en matière de taxe professionnelle, qui ne devrait pas être assise sur les investissements et la main d’œuvre", ajoute-t-il. M. Jacquillat se félicite en outre de l’adoption de la LME, qui «va dans le bon sens pour renforcer l’attractivité du territoire et le climat des affaires en France.»

Christophe Blot, chercheur à l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE) de Science-Po, a déclaré à EurActiv.fr qu’«après 2000, la compétitivité coût des entreprises en France s’est dégradée de 6%, tandis que celle de l’Allemagne s’est appréciée de 6,5%. La France subit le choc de l’appréciation de l’euro. Si les entreprises allemandes ont choisi une stratégie de forte réduction des coûts, les entreprises françaises ont plutôt diminué leurs marges afin de protéger leur compétitivité prix : cette politique n’est pas viable sur le long terme. La France - comme d’autres pays européens - n’a pas atteint les objectifs fixés par la Stratégie de Lisbonne. Les sous-investissements européens dans le secteur recherche et développement fragilisent les perspectives de croissance future".

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