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Voir la version complète : France-Chine : «Un prix à payer pour une provocation fourbe»


gdesmon
08/12/2008, 11h49
(lefigaro.fr) Avec AFP

La France doit s'attendre à des conséquences graves, prévient en substance lundi la presse chinoise, après la rencontre ce week-end de Nicolas Sarkozy avec le dalaï-lama.

Deux jours après la rencontre entre le président français, Nicolas Sarkozy, et le dalaï-lama, la presse chinoise se veut à l'unisson des autorités du pays. Dimanche, Pékin avait qualifié cette rencontre «d'approche opportuniste, imprudente et manquant de perspicacité» sur l'épineuse question tibétaine. «Un acte qui, non seulement froisse les sentiments du peuple chinois, mais affaiblit également les relations franco-chinoises», selon la Chine. Le vice-ministre chinois des Affaires étrangères He Yafei a aussi convoqué dimanche l'ambassadeur de France à Pékin, Hervé Ladsous, pour lui transmettre la «forte protestation» de la Chine.

Lundi donc, plusieurs journaux chinois ont averti la France qu'elle devrait s'attendre à des conséquences. Ces journaux, tous contrôlés par l'Etat, ont laissé entendre que cette initiative pourrait déclencher une désaffection des produits français en Chine, dans des éditoriaux rappelant les boycottages du printemps dernier, au moment du passage de la flamme olympique à Paris (Carrefour avait notamment été visé). «Inévitablement, il y aura un prix important à payer pour une provocation aussi fourbe sur une question qui tient à l'unité nationale de la Chine et ses intérêts vitaux», avertit, dans un commentaire publié en une, le Quotidien du peuple, organe du Parti communiste chinois.

Le China Daily estime lui que «l'arrogant président français» ne pourra que s'en prendre à lui-même si les ventes de produits français baissent en Chine et qu'il «l'aura bien cherché». Le journal estime aussi que le gouvernement ne pourra rien faire en cas de désaffection des consommateurs chinois pour les produits français. Le journal note qu'en s'entretenant samedi en Pologne avec le chef tibétain, Nicolas Sarkozy a été «le seul dirigeant européen à rencontrer le dalaï-lama alors qu'il exerçait la présidence tournante de l'UE». Et cet éditorial d'ajouter que cette rencontre «remet en question tous ses efforts précédents pour retisser nos liens mais également sa crédibilité personnelle».

«Des paroles en l'air»

Alors qu'à la fin novembre, Pékin avait fait le geste inhabituel d'annuler le sommet UE-Chine prévu le 1er décembre à Lyon pour signifier son vif mécontentement, le Global Times, dans son éditorial, reproche au président français d'avoir pris les avertissements de Pékin pour «des paroles en l'air». «Il a sûrement oublié l'histoire des détériorations des relations diplomatiques en 1991. La Chine avait résolument réduit plusieurs programmes de coopération», rappelle, menaçant, le journal. En décembre 1992, la Chine, furieuse de la livraison par Paris d'avions de combat Mirage à Taïwan, avait donné un mois à la France pour fermer son consulat et son poste d'expansion économique à Canton et interdit à la municipalité de cette ville de faire appel à ses sociétés françaises pour construire son métro.

Dimanche, le ministère chinois des Affaires étrangères a jugé que l'entretien de samedi avait «fait beaucoup de mal aux relations bilatérales sino-françaises». Le communiqué se termine toutefois sur une note plus conciliante, puisqu'il appelle la France à «corriger ses erreurs afin de permettre aux relations sino-françaises de maintenir un développement sain et stable».

Dimanche à Pékin, les hypermarchés de la chaîne Carrefour étaient bondés. Une forte affluence fréquente ce jour-là.

noubat
08/12/2008, 12h51
les chinois oublient peut être que 90% des jouets , du textile, vendus dans le monde sont fabriqués en Chine.

et si l'Europe se mettait à boycotter les produits chinois!

auscasa
08/12/2008, 13h46
noubat mais la france c'est pas le monde.

noubat
08/12/2008, 17h21
mais la France c'est pas le monde.

certes , mais la France est en Europe et il existe une solidarité entre eux, car ils ont compris qu' ensemble ils ont beaucoup plus de poids.

gdesmon
08/12/2008, 19h13
Il suffit de lire les forum en France pour se rendre compte que beaucoup de gens en ont assez du diktat chinois qui nous menace en permanence sur la question du Tibet,
en outre les consommateurs deviennent de plus en plus méfiants à l'égard du made en China.
Ca pourrait bien se retourner contre eux.

Je l'ai déjà dit sur ce forum : la commission des droits de l'homme à l'ONU rejette la moitié des motions à cause du veto quasi systématique de 2 pays la Chine et la Russie.

gdesmon
08/12/2008, 19h31
On a veillé tard en Chine samedi. Une heure après l’entretien de Nicolas Sarkozy avec le dalaï-lama, en pleine nuit donc à Pékin, une dépêche de l’agence Chine Nouvelle condamnait «l’initiative opportuniste, irréfléchie et à court terme», prise par «la partie française». L’entrevue de Gdansk, toute furtive soit-elle, a déclenché le «vif mécontentement du gouvernement chinois» et celui-ci ne se prive pas de le faire savoir dans les médias officiels. Selon la chaîne CCTV, l’ambassadeur de France en Chine, Hervé Ladsous, a été convoqué hier par le ministère des Affaires étrangères chinois pour justifier cette «ingérence grossière dans les affaires intérieures de la Chine». Pékin, qui semble avoir espéré jusqu’à la dernière minute l’annulation de la rencontre, juge qu’elle «blesse non seulement les sentiments des Chinois, mais mine aussi les relations sino-françaises».

«Grand idiot». Le «peuple chinois», cantonné en fin de semaine dans sa rage antifrançaise selon le ministère des Affaires étrangères, a pu laisser éclater sa colère hier sur Internet. Morceau choisi dans une autre dépêche de l’agence Chine Nouvelle, qui s’efface devant ce soi-disant soulèvement des «masses» : «Le Tibet touche les principaux intérêts chinois. Quiconque franchit la ligne, devra payer…» Sur d’autres sites, Nicolas Sarkozy est traité de «criminel» et de «grand idiot de l’Histoire». Au même moment, les supermarchés Carrefour de la capitale étaient bondés comme chaque dimanche. Les appels au boycott des produits français, suivis de quelques effets au printemps après le passage chahuté de la torche olympique à Paris, semblent cette fois résonner dans le vide. Les «masses» continuent de consommer français.

Toutefois, un sommet sino-européen - prévu à Lyon la semaine dernière - a été annulé, les relations sont «minées», et le peuple est blessé… Le rendez-vous de Gdansk, que Nicolas Sarkozy espérait escamoter une fois les Jeux olympiques passés, restera comme une entaille de plus dans l’amitié sino-française déjà mise à mal depuis le printemps. L’effervescence autour de ce micro-événement traduit surtout la nervosité des dirigeants chinois. L’accueil chaleureux fait au dalaï-lama par les parlementaires européens, jeudi à Bruxelles, a déplu. «La Chine mérite d’être une superpuissance, a dit le chef spirituel devant les parlementaires européens. Mais il lui manque un facteur important, l’autorité morale… à cause de son mauvais bilan sur les droits de l’homme.»

Les droits de l’homme, il en sera encore question le 17 décembre à Strasbourg, où doit être solennellement remis le prix Sakharov du Parlement européen. «Ce prix est décerné à Hu Jia au nom des sans-voix et du Tibet», avait dit le président du Parlement, Hans Gert-Pöttering. Hu Jia est un cyberdissident emprisonné pour encore trois ans en Chine. Avant lui, des figures comme Nelson Mandela ou l’opposante birmane Aung San Suu Kyi s’étaient vus décerner ce prix.

Anniversaires. Ce ne sera pas la fin des épreuves pour Pékin. 2009 s’annonce comme un champ de mines, balisé d’anniversaires dont se passeraient bien les dirigeants, déjà aux prises avec une crise économique et sociale sans précédent. En mars, les Tibétains célébreront la révolte de mars 1959, qui s’était soldée par des milliers de morts et l’exil du dalaï-lama, considéré comme une icône depuis. Dans la Région autonome du Tibet, le 10 mars est considéré comme «le jour du soulèvement». Les plus récentes émeutes au Tibet ont eu lieu en mars dernier, comme il y a vingt ans, en 1989… un mois avant les événements de Tiananmen (encore un anniversaire). «La Chine n’aime pas les années en 9», signale un diplomate français, un peu tendu lui aussi.

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