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Voir la version complète : N’aie pas peur de la pluie


morjane
26/09/2005, 20h50
N’aie pas peur de la pluie
Accroché douce feuille
Sur un Hêtre d’automne
Sa tristesse l’emporte tout doucement
Elle ne sait pas où aller
Ignore quand elle va tomber
Sens ses forces décliner
Sa couleur s’en aller
Et pourtant

Une feuille dans le vent d’antan
Vole doucement
Elle sent la bise la propulser
La voici partie comme une fusée
Prête à décoller
Le vent la chatouille une ondée la mouille
Elle éclate de rire
Et tombe lentement dans une pirouette
Elle trouve ça chouette d’être libérée

Détachée de l’Hêtre elle se sent comme un papillon
Remue ses feuilles dans tous les sens
Et le vent l’emporte lentement
Elle s’envole le cœur content

Ne se méfie pas de ce qui l’attend
Pauvre feuille
Pauvre folle
Tu n’es qu’une feuille de papier
Qui va être piétiné
Par ses passants inconscients
De ton cœur de feuille fleur
Feuille vole envole toi

Eclate éclate de joie
Autour du monde tu vibreras
Au vent d’automne te bercera
Ta tristesse te laissera
Feuille fleur vole

morjane
26/09/05

cassini
28/09/2005, 12h38
J'ai tant admiré cette feuille qui se détache, tombe puis se relève si bien décrite par un si joli poème, permettez moi de partager un autre poème d'un gand poète Québéquois mais cette fois ci c'est une feuille d'érable, cet arbre si abondant au Canada :

Par la brise d'automne à la forêt volée,
Une feuille d'érable erre dans la vallée :
Papillon fantastique aux ailes de carmin !
Un enfant, qui folâtre au pied de la colline,
S'élance pour saisir cette feuille divine :
Enfin, la feuille est dans sa main.

Ne méprisez pas, je vous prie,
Cette feuille rouge et flétrie,
Léger débris de la forêt :
Dieu la chérit, puisqu'il l'a faite !
Pour cet enfant déjà poète,
Cette feuille - pour nous muette -
Porte du beau quelque reflet.

Et l'enfant tient sa feuille, et son grand oeil rayonne.
Il contemple longtemps cette feuille d'automne :
Elle a des couleurs d'or, et des lignes de feu.
Le froid l'a fait mourir, et le vent dans la plaine
Depuis le point du jour sans pitié la promène :
Mais c'est encor l'oeuvre de Dieu !

Ne méprisez pas, je vous prie,
Cette feuille rouge et flétrie,
Léger debris de la forêt :
Dieu vainement ne l'a pas faite !
Pour cet enfant déjà poète,
Cette feuille - pour nous muette -
Porte du beau quelque reflet.

De ses légers ciseaux, la nature avec grâce
A découpé la feuille, et, d'espace en espace,
L'oiseau l'a, dans les bois, sculptée à sa façon.
Dans sa feuille, l'enfant voit des fleurs, voit des anges, -
Comme il verra, ce soir, des fantômes étranges
Dans le nuage à l'horizon !

Bonheur à toi, feuille flétrie,
Qui ce matin dans la prairie
Au gré du vent errais encor :
Car, grâce à toi, feuille éclatante,
D'un enfant que ta vue enchante
L'imagination riante
Vient d'entrouvrir ses ailes d'or !

Un doux bruissement de la feuille froissée
Fait monter à son front une amère pensée :
L'enfant devient rêveur.- Dans un petit cercueil,
Un jour - ainsi craquaient les feuilles dans la plaine -
Il vit porter sa soeur là-bas, près d'un grand chêne...
Et quelques pleurs voilent son oeil.

Bonheur à toi, feuille bénie,
Qui ce matin rouge et flétrie,
Prenais ton vol dans la forêt :
Pauvre feuille sèche et sonore,
Chez un enfant tu fais éclore
Deux plaisirs que le coeur adore :
Le souvenir, et le regret !

Laissez croître l'enfant, et ce sera peut-être,
Peintre ou musicien, dans l'art quelque grand maître -
A l'orage trouvant de sublimes accords,
Donnant une âme à tout, au soleil, à la brise, -
Aux voix du soir, au bruit du torrent qui se brise, -
Prêtant l'oreille avec transports !

Et maintenant, feuille flétrie,
Dans la forêt, dans la prairie
L'aile du vent peut t'emporter :
Dieu vainement ne t'a pas faite !
Car, grâce à toi, feuille muette,
Chez un enfant déjà poète
Le feu divin vient d'éclater !

C'est un artiste en fleur que cet enfant étrange :
Peut-être sera-t-il Van Dick, ou Michel-Ange -
Faisant fleurir l'ivoire ou sourire l'airain.
Un jour peut-être, au front de quelque basilique,
Le marbre imitera, sous son ciseau magique,
La feuille qu'il tient dans sa main !

Et maintenant, feuille bénie,
Dans la forêt, dans la prairie,
L'aile du vent peut t'emporter !
Envole-toi joyeuse et fière :
Car, grâce à toi, feuille légère,
L'amour du beau, tendre mystère,
Chez un enfant vient d'éclater !

Apollinaire Gingras

morjane
28/09/2005, 15h18
Bonjour Samir,

Je te remercie pour ce magnifique poème d'un auteur que je ne connaissais pas alors double merci. L'érable est l'emblème du Canada mais comment lui résister après avoir lus un tel poème?


Cordialement

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