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Voir la version complète : AIG Private Bank rachetée par un groupe financier d'Abou Dhabi


zek
09/12/2008, 13h06
Après l’acquisition d’un établissement zurichois par un groupe financier arabe, la Banque Privée AIG SA, domiciliée rue du Prince, pourrait rouvrir ses portes.


Le géant américain de l’assurance, American International Group Inc. (AIG), annonçait hier la vente de la zurichoise AIG Private Bank AG à la société de participation d’Abu Dhabi Aabar Investments PJSC. Du coup, la filiale genevoise Banque Privée AIG SA, encore récemment domiciliée rue du Prince, risque de renaître.

«Au sujet de l’avenir de nos activités à Genève, toutes les hypothèses restent ouvertes», confirme la porte-parole d’AIG Private Bank, Irène Franco. L’établissement zurichois avait décidé de fermer en mai dernier sa banque genevoise, seize ans après sa fondation.

Peu avant sa fermeture, AIG SA n’employait plus que deux collaborateurs au bout du Léman. L’ex-directeur de la société disparue continue de travailler dans les mêmes locaux en tant que gérant de fonds pour AIG Private Bank.

Vente au rabais?

Le monde financier prêtera toutefois davantage attention à l’assureur américain AIG. Celui-ci a enfin franchi la première étape de son propre démantèlement. Après avoir bénéficié de l’aide des pouvoirs publics à hauteur de 152,2 milliards de dollars (près de 185 milliards de francs) depuis le 16 septembre, AIG doit en effet vendre d’urgence quelques-uns de ses plus beaux actifs. Le Trésor de l’Oncle Sam et la Réserve fédérale attendent en effet d’être remboursés. Au plus vite!

Mais la cadence ne nuit-elle pas aux recettes? AIG Private Bank, a été cédée pour 307 millions de francs, auxquels s’ajouteraient au maximum 100 millions supplémentaires pour couvrir certains crédits encore ouverts au moment de la transaction. Les fonds sous gestion auprès de l’établissement zurichois atteignaient pourtant encore 21 milliards de francs à la fin de l’année dernière.

«A peine plus de 400 millions de francs? Au premier abord, cela paraît peu. Mais la société a pu perdre beaucoup de clients en onze mois. Les déboires de la maison mère ont pu aviver les craintes. Il faut aussi tenir compte des effets du marché. Si cette banque a investi agressivement, ses pertes risquent d’avoisiner les 30%», évalue un analyste financier d’une banque privée genevoise.

Un de ses confrères estime que 2% de la masse sous gestion s’avèrent un tarif usuel actuellement sur le marché: «Il est toutefois fort difficile d’avoir un avis. Le marché est tellement fermé aujourd’hui, les opérations similaires sont si rares. Tout dépend en outre de la qualité du portefeuille racheté.»

La confiance du patron

Quoi qu’il en soit, le nouveau président du conseil d’administration d’AIG Private Bank, Khadem al Qubaisi, président également du conseil d’administration d’Aabar Investments, maintient la direction en place à Zurich et les succursales de Hongkong, Shanghai, Singapour et Dubaï.

Fondée en février dernier, la banque Zweiplus AG, sise à Altstetten (Zurich), n’est pas non plus remise en cause. AIG Private Bank, ouverte en 1965, détient 42,5% de son capital et le solde se trouve entre les mains de sa consœur bâloise Sarasin.

PHILIPPE RODRIK
02.12.2008. Tribune de Genêve

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