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Voir la version complète : Fernando Alonso, champion du monde de F1


nassim
30/09/2005, 23h49
Exit le roi Michael Schumacher et son écurie légendaire Ferrari. Cette année, c'était au tour du jeune espagnol Fernando Alonso, 24 ans, d'écrire une page de l'histoire de la F1 en devenant le plus jeune champion du monde. Chez Renault F1, l'écurie qui l'a vu grandir, c'est bien entendu l'heure de la fête.

Félicitations au "petit toro d'Oviedo"!

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= Fernando Alonso, héros Renault =

L'Espagne s'est découvert un nouveau héros et son roi a été le premier à le féliciter. Surnommé «le petit toro d'Oviedo», Fernando Alonso a remporté, à 24 ans, son premier titre mondial des pilotes.

Ce dont Alain Prost avait rêvé, Alonso l'a fait. Dimanche il est devenu champion du monde au volant d'une monoplace 100 % Renault : un moteur élaboré dans la région parisienne à Viry-Châtillon et un châssis né dans le cerveau de techniciens anglais à Enstone dans la campagne anglaise. Le tout sous la direction de Flavio Briatore. Le manager italien, qui a eu la bonne idée un jour de 2000 de lui faire signer un contrat de longue durée, au «*** d'un camion» dans le paddock de Spa (Belgique) où Alonso venait de gagner sa première course de Formule 3 000. Exactement comme Michael Schumacher, enrôlé de la même façon et au même endroit dix ans auparavant, l'Espagnol n'a pas eu à le regretter. Ironie de l'histoire, il succède au champion allemand qui restait sur cinq titres d'affilée.

Pilote Minardi en 2001, puis pilote d'essais en 2002, l'Espagnol a été titularisé en 2003. Après avoir été le plus jeune pole man (21 ans et huit mois) et le plus jeune vainqueur d'un Grand Prix (22 ans et un mois), il est logique qu'Alonso soit devenu le plus jeune champion du monde (24 ans et deux mois).

Pourtant rien n'est simple en F1. Le pilote espagnol a dû se faire violence pour dompter son tempérament de gagnant. Il y a peu, alors qu'il évoluait encore en karting, le simple fait de ne pas gagner une course lui arrachait des larmes de rage et de frustration. Cette année, il a appris la patience.

Vieux briscard. Après avoir engrangé trois victoires d'affilée et un maximum de points dans le premier tiers de la saison au prix de quelques exploits dont une résistance héroïque à Michael Schumacher à Imola, Alonso a dû composer avec le retour en force des pilotes McLaren-Mercedes et reconnaître la supériorité de leur machine. On lui a alors demandé de se conduire en vieux briscard. Alors que lui rêvait de descendre dans l'arène pour y récolter les vivats de la foule à force de bravoure et s'imaginait en découdre roues contre roues avec les Raikkonen, Schumacher et autre Montoya. Il s'est métamorphosé en expert-comptable avec toujours pour variable de référence Kimi Raikkonen puisque Schumacher est très vite sorti de son équation. Avec une avance ayant culminé à 36 points avant le Grand Prix de Hongrie à sept courses du but, Alonso pouvait se permettre de perdre cinq points à chaque sortie. Mais l'Espagnol n'a jamais vraiment relâché la pression, jouant quatre fois placé sur le podium pour une course vierge de résultat en Hongrie. Il est donc arrivé au Brésil avec une avance de 25 points, qui a suffi à son bonheur.

Féliciter. Et à celui de son employeur, Renault, qui rêvait d'un vrai titre mondial depuis près de trente ans et son arrivée dans la ronde de la F1 en 1977. Entre-temps, le constructeur français avait partagé une bonne demi-douzaine de titres chez les constructeurs, mais dans le «simple» rôle de motoriste. Cette fois, Patrick Faure peut légitiment se féliciter du résultat, même si rien n'est joué pour le titre des constructeurs qui pourrait bien échapper à son écurie. «Je suis soulagé et satisfait car les adversaires ne manquaient pas cette année», dit-il avant de souligner les qualités du petit bonhomme des Asturies qui a concrétisé ce succès. C'est un véritable plaisir que de voir Fernando sacré plus jeune champion . Cela colle bien avec l'image de Renault.»

Patrick Faure, qui est arrivé à la tête de Renault F1 il y a vingt et un ans alors que Alonso usait ses premiers trains de pneus sur un kart, n'a pas manqué de souligner l'admiration que lui inspire «son» champion. «Ce gamin me bluffe. Il a des qualités exceptionnelles : agressivité et constance. Cette année a montré qu'il était aussi un fin stratège et un garçon mûr.»

De fait, Fernando Alonso sait déjà tout faire au volant d'une F1 ce qui fait dire à Faure : «Nous assistons à l'éclosion d'un talent hors du commun.»

Preuve qu'Alonso fait l'unanimité, le nouveau numéro 1 de la F1 a été adoubé par Michael Schumacher, lequel voit en lui un digne successeur. Et son adversaire malheureux Kimi Raikkonen a, lui, fait preuve d'une belle élégance en acceptant sa défaite et en lui donnant rendez-vous pour de nouveaux duels. «Félicitations à Fernando. Mais il faut qu'il se prépare à encore se battre dur contre mon équipe et moi lors des dernières courses de la saison et l'an prochain !»

Par Lionel FROISSART - Liberation

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