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Voir la version complète : Algérie : "C'est bien dommage d'avoir peur de nos homologues tunisiens.


alino01
24/12/2008, 17h58
Écrit par Meziane Rabhi 24-12-2008 En janvier prochain l’Algérie devrait connaître un grand changement avec l’extérieur, les algériens estiment ne pas être prêts, mais pour le ministre du commerce, cette réaction contre le changement serait synonyme de peur face à leurs homologues tunisiens ou tchadiens.Les industriels algériens présentent bien à la fois des signes de mécontentements et d’inquiétudes d’autant plus que leur outil de production semble être menacé “On ne connaît ni le contenu de l’accord, ni les mécanismes qui vont le régir, ni les procédures de son application”, a affirmé le président du Forum des chefs d’entreprise, Réda Hamiani, au nom de son association.Les industriels algériens ne partagent pas l’optimisme du ministre du Commerce au sujet de la grande zone de libre-échange (Zale). Ils l’ont fait savoir, hier, sur les ondes de la radio Chaîne III, avec des propos, parfois, très durs. Les industriels algériens estiment ne pas être préparés pour subir encore la concurrence des produits arabes, notamment agroalimentaires, textiles… à compter du 2 janvier prochain. Un dossier a été soumis, en décembre, à l’ambassadeur d’Algérie au Caire, qui est également le représentant de l’Algérie à la Ligue arabe pour confirmer l’adhésion de notre pays à la Zale, à compter de janvier prochain. En d’autres termes, les produits fabriqués dans 22 pays arabes pourraient être exportés vers l’Algérie sans droit de douane. Ce qui leur assure un avantage par rapport aux produits fabriqués localement. Ces produits risquent d’inonder les marchés algériens et donc menacer l’outil de production local.Beaucoup d’usines risquent de fermer. Interrogé par le journaliste de la Chaîne III, le ministre du Commerce, M. Hachemi Djaâboub, a affirmé ne pas comprendre la crainte suscitée chez les opérateurs économiques, par l’adhésion de l’Algérie à la zone de libre-échange. “Nous sommes les derniers de la classe. C’est bien dommage de voir nos industriels avoir peur de leurs homologues tunisiens ou tchadiens”, a indiqué le ministre, estimant que “notre quincaillerie” ne peut être écoulée que sur les marchés africains. Le ministre juge utopique le fait de penser que le produit industriel algérien pouvait être placé sur le marché européen, en même temps, il estime que la place de l’Algérie “est dans le concert des pays arabes et doit rivaliser avec eux”, convaincu qu’elle va gagner, tout en reconnaissant le retard pris par notre pays “en matière de diplomatie économique”.“L’économie algérienne n’est pas en mesure de supporter une ouverture supplémentaire”Le président du Forum des chefs d’entreprise a exprimé “le grand mécontentement et la stupéfaction” des opérateurs économiques membres de cette organisation patronale, qui regroupe les poids lourds de l’industrie algérienne.M. Hamiani a précisé que dans un autre contexte, il aurait applaudi à la perspective que l’Algérie fasse partie d’une zone de libre-échange avec les pays arabes. D’autant que ces derniers sont les premiers investisseurs en Algérie. “Mais, là où le bât blesse, nous n’avons été ni consultés ni associés ; nous n’avons reçu aucun document. On ne connaît pas le contenu de cet accord, ni les mécanismes qui vont le régir, ni les procédures de son application”, a relevé le président du FCE, indiquant ne pas partager “l’optimisme du ministre du Commerce, dans la forme et dans le fond”. Dans la forme, M. Hamiani est perplexe “devant cette légèreté” avec laquelle les autorités leur ont “balancé ce type d’accord” sans que les opérateurs soient consultés. Sur le fond, la position du Forum est que “l’économie algérienne n’est pas en mesure de supporter une ouverture supplémentaire”. “C’est afficher une profonde méconnaissance du secteur industriel que de dire que cet accord est de nature à donner du tonus et du muscle à l’industrie algérienne”, a ajouté le président du FCE. Il aurait fallu d’abord faire l’évaluation de la mise en œuvre de l’accord d’association avec l’Union européenne. “À la suite de l’évaluation, on pourrait juger si l’industrie algérienne qui périclite est encore en mesure de résister à l’érosion de ses parts de marché”, a suggéré M. Hamiani. S’appuyant sur les chiffres le président du Forum des chefs d’entreprise, a relevé que les importations ont augmenté de 36% entre 2007 et 2008, alors que “l’industrie se morfond dans des procédures de soutien qui ne lui arrivent pas”. “Nous aurions souhaité avant cette ouverture que la stratégie industrielle soit plus efficace que la mise à niveau face ses effets, pour donner du tonus à l’industrie”, a affirmé Réda Hamiani. La Nouvelle conserverie algérienne (NCA Rouiba) pourrait délocaliser vers l’Égypte. Slim Othmani, présenté en tant que président de l’Association des producteurs algérien des boisons, s’est dit “excédé et choqué par les propos de monsieur le ministre du Commerce”. Le patron de la Nouvelle conserverie algérienne (NCA Rouiba), a affirmé ne pas partager “la lecture et l’analyse de l’industrie algérienne du ministre”.M. Othmani pense, au contraire, qu’il y a des industriels qui peuvent parfaitement concurrencer d’autres industriels dans certaines régions du monde, en particulier dans la zone arabe. Cependant, regrette-t-il, “on demande aujourd’hui aux industriels algériens de jouer une partie de football dans laquelle les règles sont spécifiques pour eux et différentes des autres”, en faisant référence en droits de douanes sur les intrants jugés élevés, à la fiscalité et parafiscalité ainsi que les charges patronales que l’entreprise algérienne supporte lourdement. “Je ne pourrais pas concurrencer techniquement un produit qui aura été fabriqué au Moyen-Orient. J’en ai parlé à mes travailleurs. Je leur ai dit, attendez-vous à ce que l’année 2009, nous fermions complètement notre activité en Algérie. Je pense que nous allons nous installer soit en Égypte, soit en Jordanie, soit à Dubaï soit en Arabie saoudite”, a souligné le responsable de NCA Rouiba. Le directeur du commerce extérieur a tenté de relativiser les choses, estimant que l’accord porte en fait que sur 2,7% seulement du commerce extérieur de l’Algérie. M. Saïd Djellab, en matière d’échange interarabe, a relevé que l’Algérie importe pour 895 millions de dollars et exporte pour 1,5 milliard de dollars, suggérant “de travailler ensemble dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord de cette zone de libre-échange”.

Pihman
24/12/2008, 18h50
“on demande aujourd’hui aux industriels algériens de jouer une partie de football dans laquelle les règles sont spécifiques pour eux et différentes des autres”, en faisant référence en droits de douanes sur les intrants jugés élevés, à la fiscalité et parafiscalité ainsi que les charges patronales que l’entreprise algérienne supporte lourdement

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