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Zacmako
27/12/2008, 07h20
Du bon sens... en attendant une information transparente: Les banques sommées de quadrupler leur capital

Le Conseil algérien de la monnaie et du crédit (CMC) a décidé d'augmenter le montant du capital minimum requis des banques et établissements financiers. Le capital minimum des banques et des succursales de banques passe de 2,5 milliards à 10 milliards DA (100 millions d'euros) tandis que le capital minimum des établissements financiers et des succursales d'établissements financiers est porté de 500 millions de dinars à 3,5 milliards de dinars. Les banques, les établissements financiers et les succursales de banques en activité ont un an pour se mettre en conformité avec les nouvelles règles.

Cette décision du Conseil de la monnaie et du crédit (CMC) est, de l'avis de spécialistes, une mesure de bon sens. Elle est directement inspirée des recommandations de l'accord Bâle II et s'inscrit, en ces temps de tourmente financière, dans une logique de consolidation des fonds propres d'établissements dont le rôle central dans l'économie a été paradoxalement, mais douloureusement, démontré par les désastreuses turbulences induites par l'effondrement du marché des subprimes. Les spécialistes algériens se félicitent que le régulateur du marché bancaire ait pris cette initiative. La dotation en capital est un indicateur premier de l'état comptable des banques. La bonne santé de la place financière est, en effet, un paramètre de base pour la mise en oeuvre d'une politique de collecte de ressource dynamique et une politique de crédit efficace. L'on fait observer à ce propos que les minima de capital exigés sont plutôt élevés au regard des normes internationales.

Ainsi, à titre d'exemple, la BNP est dotée d'un capital social, récemment augmenté, inférieur à deux milliards d'euros, HSBC-France dispose quant à elle d'un capital inférieur à 400 millions d'euros, là ou la Société Générale affiche près de 700 millions d'euros. Pour cette dernière, le total des capitaux propres à la fin 2007 était supérieur à 27 milliards d'euros.

Un élément d'un dispositif

A cet effet, l'on relève que la base de capital ne constitue qu'une partie des fonds propres bancaires qui sont la base de référence pour le calcul des ratios de solvabilité et de liquidité particulièrement surveillés par les superviseurs des marchés.

Le capital social, stricto sensu, ne représente qu'une part très réduite des bilans bancaires. Il est évident cependant que l'amélioration des ratios de capital et de fonds propres des banques est en soi insuffisante pour évaluer de manière probante la performance des banques et la compatibilité de leurs stratégies avec les objectifs généraux de la politique économique. Il s'agit incontestablement d'une mesure destinée à protéger les déposants, elle ne peut à elle seule constituer l'encadrement de l'activité.

La décision du CMC n'est sans doute à cet égard qu'un élément parcellaire d'un dispositif probablement plus élaboré. Le communiqué annonçant cette décision met en effet l'accent sur l'aspect « prudentiel » de l'amélioration du niveau de capital qui avait d'ailleurs été anticipé par certains établissements, les filiales de banques étrangères en particulier, soucieuses de respecter des équilibres bilanciels particulièrement surveillés par leurs auditeurs internes.

Il reste que si le quadruplement du capital est une mesure sage, celle-ci reste insuffisante tant que ne seront pas connues les performances des banques en termes d'allocation de ressources et de performance des crédits. Il est utile de rappeler que les accords de Bâle II mettent l'accent sur la communication des données financières des banques. Or, c'est à ce niveau que le bât blesse. Même si l'on ne dispose pas de chiffres cohérents, il est notoire qu'une partie substantielle de l'activité bancaire, notamment celles des filiales de banques étrangères, est concentrée sur le crédit à la consommation et sur le financement de certains secteurs spéculatifs, ceux du commerce et des importations, au détriment de l'investissement et de l'industrie.

La qualité d'une place financière tributaire de celle de l'information

«Pour les banques étrangères, il serait intéressant de connaître la part des résultats transférés vers les maisons-mères afin de pouvoir valablement mesurer le degré d'engagement réel de ces banques dans l'économie locale. Pour les banques publiques, éternelles abonnées à l'assainissement, la performance du portefeuille, c'est-à-dire le pourcentage des crédits effectivement remboursés, est un paramètre de gestion qui devrait être rendu public », estime un spécialiste algérien. En prenant la peine de préciser que ces données n'ont rien de confidentiel et sont disponibles dans de nombreux pays, comme la Chine par exemple, où la composition et la performance des portefeuilles des banques publiques sont parfaitement connues. Il ne s'agit là que de quelques indicateurs indispensables pour juger de la viabilité des stratégies développées par des banques dont la culture « court-termiste » a mené à la catastrophe générale actuelle.

Pour des raisons structurelles largement développées par ailleurs, l'économie nationale est à l'abri des chocs frontaux de la crise. Les risques qui pèsent sur l'activité sont d'une autre nature et peuvent pour une part se situer dans l'allocation spéculative de ressources par les banques et leurs réticences à soutenir les activités productives. L'encadrement et l'orientation générale de la profession bancaire est une prérogative de puissance publique du régulateur, CMC et ministère des Finances, qui pour être exercée avec rigueur et efficacité doit faire l'objet d'une information publique la plus exhaustive possible. La qualité d'une place financière est largement établie en fonction de la disponibilité de l'information. Les accords Bâle II qui se sont révélés insuffisants pour anticiper les dérives bancaires, le soulignent fortement.
Quotidien d'Oran

mnani
27/12/2008, 07h56
ca risque de faire augmenter les taux d'interets... a cause de la crise c'est peut etre pas le bon moment pour serrer les banques qui risquent de plier bagage ou de limiter leur activité.
mais ce qu'ils ne disent pas c'est que les autorités profitent de la fragilité des banques pour leur imposer des regles plus severes qu'en temps normal elle aurait pas pu appliquer.

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