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myra21
06/01/2009, 13h37
A Damas, Sarkozy appelle la Syrie à faire pression sur le Hamas


La diplomatie et la guerre de Gaza, ou le ballet des hypocrites

Imprimer[/URL][/LIST]Quinze jours avant de quitter la Maison Blanche avec la réputation d'avoir été le plus mauvais président des Etats-Unis de mémoire humaine, George Bush a donné lundi son blanc seing à la poursuite de l'opération israélienne à Gaza. Dans le même temps, Nicolas Sarkozy (http://fr.news.yahoo.com/fc/nicolas-sarkozy.html) effectuait une gesticulation diplomatique dont il a le secret et dont l'impact risque d'être plus fort sur les journaux de 20h00 en France que sur le déroulement du conflit. Lire la suite l'article (http://fr.news.yahoo.com/69/20090106/twl-la-diplomatie-et-la-guerre-de-gaza-o-b11dcaf.html#ynw-article-part2)
Symbole de cette urgence à ne pas se presser, le Conseil de sécurité de l'ONU (http://fr.news.yahoo.com/fc/onu.html), vous savez ce "machin" à New York qui est censé garantir la paix dans le monde, qui s'est réuni lundi pour décider de se revoir... mercredi. Même agitation stérile dans cet autre grand cénacle de la sagesse internationale: la Ligue arabe. Surtout ne pas se presser, le rythme de la diplomatie n'est pas celui des F-16.
Les Gazaouites seuls au monde
Surprenant? Non, pas vraiment. Il est clair qu'aujourd'hui, les Gazaouites sont seuls au monde, victimes d'un assez large consensus pour laisser Israël (http://fr.news.yahoo.com/fc/israel-palestiniens.html) "finir le boulot" contre les islamistes du Hamas.
Un consensus qui mêle l'administration Bush (celle à venir d'Obama (http://fr.news.yahoo.com/dossiers/usa-presidentielle-americaine-2008.html) on ne sait pas puisque le Sphynx se tait jusqu'au 20 janvier), l'Europe (http://fr.news.yahoo.com/europe.html) à quelques nuances près, malgré les appels au cessez-le-feu de Paris, une partie du monde arabe, à commencer par l'Egypte, qui a suffisamment de soucis avec ses Frères musulmans pour avoir beaucoup d'indulgence pour ceux du voisin palestinien.
Ce consensus remonte en fait à la victoire du Hamas lors des élections législatives palestiniennes de janvier 2006. Pris par surprise (le Hamas aussi, il est vrai!), les Occidentaux ont décidé d'établir un cordon sanitaire autour du mouvement islamiste, qui avait pour corolaire de rendre la vie des Gazaouites plus infernale encore: il n'y a pas de limite à la descente aux enfers.
La logique était que les 1,5 million de Gazaouites se rendraient compte que voter Hamas leur rendait la vie difficile, et ils se révolteraient contre leurs nouveaux maîtres qui, de surcroit, avaient évincé le Fatah par les armes. Ce scénario ne s'est pas produit, l'endurence des Gazaouites est légendaire et ils ont subi en silence.
Erreur de calcul
Pour comprendre l'erreur de calcul, hier comme aujourd'hui, lisez l'interview, dans Le Monde, de Salah Abdel-Jawad, un professeur de l'université palestinienne de Bir-Zeit. J'ai rencontré Salah il y a vingt-cinq ans, à Ramallah.
Fils d'un ancien maire de cette grande ville de Cisjordanie, ce jeune universitaire d'alors m'avait servi de guide entre les collines de Cisjordanie, au milieu des colonies juives qui naissaient, érigeaient leurs barbelés, leurs projecteurs, leurs routes parallèles, réduisant chaque jour un peu plus le périmètre des Palestiniens.
Retrouvant Salah Abdel-Jawad vingt-cinq ans après dans le Monde, je ne suis pas surpris par ses propos, juste par sa modération persistante malgré un quart de siècle de désillusions, de frustrations vécues par sa génération. Il explique très bien pourquoi, comme le titre d'ailleurs l'article, "les Israéliens s'illusionnent s'ils tablent sur un renversement du Hamas par la population". Et avec eux George Bush, Bernard Kouchner, Hosni Moubarak, et quelques autres.
On peut argumenter à l'infini sur qui a rompu la trêve, les lanceurs de roquettes ou le blocus israélien... On peut s'interroger sur la "disproportion" (c'est le mot soft de la novlangue diplomatique pour parler des bombardements aériens) de la riposte israélienne... On peut aussi, bien sûr, se demander comment faire cesser les tirs de roquettes aveugles sur les populations civiles du sud d'Israël.
Internationaliser le problème
Mais à l'arrivée, on n'échappera pas à la question plus globale de la séparation entre Israéliens et Palestiniens, de la négociation avec tous les acteurs, y compris les moins sympathiques, et de l'internationalisation du problème (voir à ce sujet les propositions faites lundi par l'International Crisis Group de Bruxelles, qui propose d'envoyer une force multinationale d'interposition et une présence de l'Union européenne (http://fr.news.yahoo.com/fc/union-europeenne.html) à Rafah, au point de passage entre Gaza et l'Egypte) qui verra le monde imposer une solution à un conflit le conduisant vers un "conflit de civilisations" qui n'a rien d'inéluctable.
En attendant un improbable messie diplomatique -on voit mal Hillary Clinton (http://fr.news.yahoo.com/dossiers/usa-presidentielle-americaine-2008.html) dans ce rôle, hélas-, le ballet des hypocrites va continuer ,et l'enfer des Gazaouites se poursuivre.
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Rue89

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