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Voir la version complète : Jorf Phosphates Hub:Un surplus de 10 millions de tonnes


walid85
23/01/2009, 12h54
Engrais. L'Office chérifien des phosphates affiche des ambitions à la mesure de son statut de leader mondial. Avec son nouveau projet Jorf Phosphates Hub, il veut asseoir sa suprématie sur le marché mondial des fertilisants
Véritable technopole du phosphate, le Jorf Phosphate Hub (JPH) sera le plus grand centre de production d'engrais phosphatés du monde. Il s'agit du projet d'une plate-forme industrielle d'une centaine d'hectares où sera érigée une infrastructure mutualisée «plug and play», capable d'accueillir des investisseurs étrangers de référence. La valeur ajoutée de ce projet d'envergue tient justement à cet anglicisme: «plug and play». C'est l'argument massue en quelque sorte, dont se sert l'équipe commerciale de l'Office pour attirer les investisseurs potentiels, comme l'explique le vice-président exécutif, Mhamed Ibnabdelalil. «L'OCP propose aux investisseurs étrangers une infrastructure mutualisée «plug and play», pour qu'ils puissent produire en propre dans des capacités de production d'engrais sur le territoire national. Ils auront tout ce qu'il faut pour produire sans délais: terrains viabilisés, intégration au port et au site, plate-forme logistique intégrée..».

Jorf Phosphate Hub consiste à construire 10 unités qui produiraient un million de tonnes en moyenne par unité et par an. Elles seront prêtes en 2012. « Ce n'est plus qu'une vision, c'est déjà parti et c'est une réalité concrète sur le terrain !» s'enorgueillit M. Ibnabdljalil. Selon ce même responsable, plusieurs partenaires sont déjà en discussion avec l'OCP. La première signature est prévue pour la mi-2009. «28 partenaires ont montré leur intérêt. Mais nous sommes tenus de garder leurs noms confidentiels». Mhamed Ibnabdeljalalil souligne dans le même ordre d'idées que les investisseurs étrangers qui choisiront Jorf Phosphates Hub bénéficieront d'une offre Maroc ultra-compétitive.

L'intérêt de l'offre marocaine, selon lui, s'explique par plusieurs raisons objectives. primo, l'accès à la meilleure qualité de minerai de phosphate à un coût compétitif, secundo, la mise à disposition d'infrastructures intégrées de niveau répondant aux standards internationaux et, tertio, une infrastructure environnementale conforme aux normes internationales les plus strictes (traitement des rejets industriels, stockage du gypse..). A l'évidence, l'OCP affiche des ambitions à la mesure de son statut de leader mondial. Seulement, une question se pose toutefois. L'Office serait-il en mesure d'écouler toute cette production sur le marché mondial? Avec une production supplémentaire de plus de 10 millions de tonnes par an, ne risque-t-on pas de perturber l'équilibre de l'offre et de la demande et, partant, les prix des engrais. Là, M. Ibnabdeljalil se veut rassurant.

Selon lui, compte tenu de l'évolution du marché mondial des fertilisants qui croît de 2 % environ annuellement, l'OCP n'aura pas de mal à trouver des débouchées à sa production. Des prévisions que semblent corroborer les chiffres de 2007. Au cours de cette année, la consommation mondiale d'engrais a en effet connu une croissance de 4,8 %, soit un chiffre record de 168,7 millions de tonnes d'éléments nutritifs, tous engrais confondus, contre 160,9 millions de tonnes d'éléments nutritifs une année avant. Pour le seul phosphate, la consommation en 2007 a atteint 40 millions de tonnes, soit une croissance de 4,5 %. En 2008, cette consommation devait progresser de 1,62 %, soit plus de 40,8 millions de tonnes. Pour 2009, les prévisions de la demande mondiale devrait augmenter de 4,7% (plus de 42 millions de tonnes).

Le top management de l'Office fonde ses prévisions sur des chiffres (association internationale des industries de fertilisants) qui prévoient une augmentation soutenue de l'utilisation des engrais dans les prochaines années. La crise alimentaire mondiale a été en effet à l'origine d'une prise de conscience générale de l'importance de l'agriculture non seulement pour assurer la sécurité alimentaire mais pour le développement économique en général. D'où un recours massif aux fertilisants. Cette crise qui a provoqué un renchérissement sans précédent des prix des produits agricoles de base, a par ricochet augmenté la demande sur les phosphates en particulier.

L'industrie des fertilisants a dû tourner à plein régime pour satisfaire la demande croissante. Disposant des plus importantes réserves de phosphate roche et maîtrisant l'ensemble de la filière phosphatière, l'OCP a enregistré en 2008 un résultat record. Mais, visiblement, il ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Profitant de la conjoncture internationale, il met les bouchées doubles pour préserver sa position de leader. Le JPH en est la preuve la plus éclatante.

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Leadership d'un groupe

Il est indubitable que l'OCP est désormais leader mondial dans le domaine de la production et de valorisation des phosphates. Une position qu'il doit non seulement aux réserves énormes que recèlent ses mines, mais aussi et surtout, à la nouvelle stratégie commerciale qui semble porter ses fruits. Le leadership de l'OCP sur les activités chimiques et minières, notamment dans le domaine des prix, a été renforcé en effet de manière responsable, créant des opportunités de développement sans précédent (crise alimentaire notamment). Outre le partenariat stratégique conclu avec un des leaders mondiaux de l'agriculture (Bunge-Brésil) et le Jorf Phosphates Hub (JPH), un important programme industriel est engagé avec le lancement effectif de cinq projets prioritaires: deux nouvelles mines à Khouribga, une nouvelle laverie à Merah, le Slurry pipeline et les infrastructures de base pour JPH.

L'exécution de ses projets est accélérée par le recours à des solutions clés en main pour lesquelles la sélection effective de fournisseurs d'envergure mondiale est entrée en phase finale. Sur un autre registre, il convient de souligner la transformation juridique du groupe en Société anonyme qui a été réalisée dans les délais grâce au soutien des pouvoirs publics. L'office chérifien des phosphates a été créé en 1920. L'exploitation du premier gisement (Oulad Abdoune à Khouribga) a démarré effectivement en janvier 1921. Le premier bateau de roche est chargé à Casablanca en juillet 1921. En 1965, l'OCP construit lui-même à Safi sa première usine d'acide phosphorique. Sa vocation industrielle est née. Depuis, l'office ne cesse de se développer. Actuellement, il est le leader mondial incontestable des phosphates avec un chiffre d'affaires à l'exportation de l'ordre de 2,29 milliards de dollars.

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