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Voir la version complète : 60 millions d’analphabètes dans le monde arabe, 6,4 millions en Algérie


Hugo-
23/01/2009, 17h23
"L'analphabétisme touche près de 40 % des personnes âgées de plus de 15 ans" dans ces pays, soit près de 60 millions d'adultes, selon un rapport de l'Unesco rédigé à Tunis, le 7 janvier, à l'issue d'une rencontre régionale préparant la sixième Conférence internationale sur l'éducation des adultes, prévue à Belem, au Brésil, au mois de mai.

Au même moment l'on apprend que l'Algérie compte environ 6,4 millions d'analphabètes. Ce chiffre a été dévoilé, lundi 19 janvier, par le ministre de l'Education nationale, en marge d'une journée parlementaire organisée par la commission de l'éducation de l'Assemblée populaire nationale (APN).

En dépit d'un budget de lutte contre l'analphabétisme en très forte hausse, le gouvernement n'est pas au bout de ses peines. Un déficit de 21000 agents chargés d'encadrer l'opération est enregistré et seulement 8000 contractuels affectés à cette mission sont employés.

Alors que l'ONU s'est fixé pour objectifs, d'ici à 2015, la scolarisation obligatoire de tous les enfants, la réduction de moitié du taux d'analphabétisme et l'égalité des sexes dans l'éducation, les deux tiers des illettrés sont des femmes et près de 6 millions d'enfants d'âge scolaire - dont environ 60 % de filles - ne sont pas scolarisés, d'après les données fournies par les pays arabes eux-mêmes.

DÉFAILLANCE DE FORMATION

"Les choses s'améliorent : il y avait 2 millions d'enfants non scolarisés de plus en 1999. Mais un tiers des enfants quittent encore prématurément l'école à cause de la pauvreté, de la distance par rapport au lieu de résidence, de l'insécurité ou des traditions. Ces enfants alimentent le stock d'adultes analphabètes", regrette Abdellatif Kissami, responsable de l'éducation au bureau de l'Unesco à Rabat (Maroc) et rédacteur de ce rapport.

De "grands efforts" ont été déployés par les Etats arabes, mais "avec des niveaux variés de réalisation", note M. Kissami.

En Algérie, selon Boubkeur Benbouzid, l'Etat va allouer, cette année, la somme de 2,6 milliards de dinars pour lutter contre l'analphabétisme. Un montant qui représente près de trente fois celui alloué il y a deux ans. « Cet écart reflète les grands efforts fournis par l'Etat dans le domaine de la lutte contre l'analphabétisme », a expliqué M. Benbouzid aux journalistes précisant que toutes les actions prises dans ce cadre sont financées par le trésor public

Selon l'Unesco, si l'Algérie et la Tunisie montrent des résultats encourageants dans leur lutte contre l'illettrisme, le Maroc, la Mauritanie, l'Egypte, le Soudan, le Yémen et l'Irak restent loin des objectifs. Ces six Etats font partie de l'"Initiative pour l'alphabétisation", lancée par l'Unesco en 2005 pour aider 34 pays dont le taux d'analphabétisme dépassait 50 %, ou comptant plus de 10 millions d'analphabètes.

Le déficit de savoir et de ressources humaines, la faible participation des femmes et le manque de liberté sont les principaux défis qui se posent à la région, note le rapport. Les défaillances de formation et les faibles niveaux de rémunération, la pauvreté et le manque d'infrastructures seraient à l'origine de "la médiocrité des programmes d'alphabétisation et d'éducation des adultes dans la région".

L'Unesco pointe la nécessité de "promouvoir la participation du secteur privé en complément du secteur public" et d'"augmenter et diversifier les sources de financement des programmes d'alphabétisation et d'éducation des adultes".

Le message a-t-il été entendu ? Alors que l'Unesco appelait les gouvernements à prendre une batterie de mesures qui font encore défaut, les représentants des Etats arabes se sont retournés, à l'issue de la conférence, vers les organisations régionales et internationales pour plaider "la mise en oeuvre d'un plan d'action d'urgence".

G.A. (Avec Le Monde)

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