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Voir la version complète : Conflit au Moyen-Orient : pertes de 12 000 milliards de dollars depuis 1991


zek
24/01/2009, 10h02
C'est pas la sécurité sociale qui va nous rembourser. :mrgreen:

Les pays du Moyen-Orient ont perdu 12 000 milliards de dollars depuis 1991 à cause des conflits dans la région, selon une étude présentée hier à Genève.

Toutes les parties ont essuyé de lourdes pertes en termes de déficit de développement, à la fois pour les États et les populations, aussi bien à cause du conflit israélo-palestinien, des combats au Liban ou de l’invasion américaine en Irak, selon l’étude réalisée par le Groupe de prospective stratégique, un groupe de réflexion basé en Inde.

L’étude souligne également le fort potentiel de développement pour la région et ses habitants en cas de paix.

Les revenus des Israéliens comme des Palestiniens sont de la moitié de ce qu’ils auraient pu être si la paix avait été conclue lors de la conférence de Madrid en 1991, a estimé M. Sundeep Waslekar, qui a dirigé le travail des experts qui ont fait l’étude. En ce qui concerne les Irakiens, leur revenu a été réduit d’un tiers depuis 1991 par rapport à son niveau potentiel, a-t-il ajouté.

Au cas où s’instaurerait la paix, le revenu moyen d’un ménage israélien augmenterait de 4 429 dollars par an en 2010, y compris dans l’hypothèse où Israël paierait des dédommagements aux réfugiés palestiniens et ferait sortir plus de 150 000 colons de Cisjordanie, selon l’étude.

De même, le produit intérieur brut des territoires palestiniens ferait plus que doubler, même s’ils restaient dans leur configuration actuelle, estiment les experts qui évaluent que les gains seraient à peu près équivalents de part et d’autre de la frontière entre Israël et les Territoires.

Le coût très lourd de l’invasion américaine de l’Irak est également mis en lumière par l’étude, réalisée avec le soutien de la Norvège, du Qatar, de la Suisse et de la Turquie. Sans le conflit et les sanctions qui l’ont précédé, le revenu national de l’Irak aurait en effet été multiplié par 38, à 2 200 milliards de dollars.

L’alternative, c’est la paix ou la poursuite de la « dévastation », notamment pour les Israéliens et les Palestiniens. « Les pertes vont continuer à augmenter si le choix (de la paix) n’est pas fait », a souligné M. Waslekar en présentant l’étude à la presse.

Un représentant du ministère suisse des Affaires étrangères, M. Thomas Greminger, a espéré que l’étude poussera la population de la région et les dirigeants à réfléchir sur « combien ils ont perdu » et sur « à quel point ils pourraient perdre encore plus ». « Le rapport donne des raisons supplémentaires aux acteurs internationaux pour intensifier les efforts de paix au Moyen-Orient », a-t-il dit.

Les pays en périphérie du conflit tireraient bénéfice de la paix. Le revenu annuel des ménages en Jordanie, où vivent des centaines de milliers de réfugiés palestiniens, augmenterait de 1 250 dollars, selon les estimations de l’étude.

Même l’État pétrolier d’Arabie saoudite, l’un des plus riches de la planète, pourrait décupler son économie en la diversifiant. La paix ouvrirait dans toute la région de nouvelles voies de communication ferroviaires et pour les oléoducs et les aqueducs, a fait valoir M. Waslekar.

L’étude a cependant ses limites, a-t-il reconnu : « Il y a des coûts qui ne peuvent être quantifiés, notamment en ce qui concerne la dignité humaine », a-t-il remarqué.

24-01-2009. L'Orient Le Jour

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