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Voir la version complète : Les Israéliens craignent des poursuites


DZone
26/01/2009, 18h42
Renée-Anne Guttter
Mis en ligne le 22/01/2009

Le gouvernement s’apprête à affronter des plaintes pour crimes de guerre. L’armée pourrait interdire la publication des noms des militaires engagés. Et les voyages de responsables à l’étranger pourraient être restreints.

Correspondante à Jérusalem Les experts militaires israéliens l’ont dit sans complexe depuis le début de la guerre : le but de Tsahal à Gaza était précisément d’opérer de façon disproportionnée, dans les airs comme au sol, pour restaurer son pouvoir de dissuasion.

Et les officiers sur le terrain, on le sait, ne cachent pas avoir recouru à des tactiques "agressives" - des tirs massifs - afin de protéger leurs hommes.

Enquête en Israël ?

Mais cette franchise n’arrange peut-être pas les choses. Tsahal et le gouvernement s’apprêtent déjà à affronter des plaintes à l’étranger pour crimes de guerre (lire ci-dessous). D’une part, Israël pourrait être forcé d’accepter une enquête internationale sur la mort des civils palestiniens et leurs biens détruits. Le secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon y a fait allusion mardi.

D’autre part, des ministres et des militaires risquent d’être poursuivis pour leur implication personnelle dans la guerre. Même en Israël, huit organisations des droits de l’homme exigent déjà du procureur général de l’Etat d’ouvrir une enquête, vu "l’ampleur et le caractère terrifiant" du bilan civil palestinien.

Il n’est donc plus exclu que les responsables israéliens s’abstiennent prochainement de voyager à l’étranger, afin d’éviter d’être arrêtés. Et l’armée envisage d’interdire la publication des noms et photos d’officiers ayant dirigé des opérations à Gaza. Mais Israël prépare déjà la contre-attaque : les juristes ont formulé la contre-argumentation; l’armée rassemble les preuves et le ministre des Affaires sociales, Haïm Herzog, coordinateur de l’aide humanitaire à Gaza, centralisera toute la campagne de disculpation de l’Etat et ses ressortissants.

Israël plaidera l’auto-défense. Il arguera qu’il a tout mis en œuvre pour prévenir les civils des frappes imminentes. Tsahal dit avoir fait dans ce but 250000 appels téléphoniques, lancé des tonnes de tracts par-dessus toute la région et avoir pris le contrôle de stations de radio locales pour transmettre le message.

Il arguera aussi - photos, vidéo et autre matériel à l’appui - que le Hamas a utilisé la population comme bouclier humain, a transformé les bâtiments civils en arsenaux, en abris piégés, en postes de tir, et donc en cibles de riposte légitimes pour Israël. D’ailleurs, des représentants du procureur général militaire siégeaient au Q. G. des opérations et ont approuvé chaque cible au préalable.

Armes au phosphore

Notons que Tsahal vient d’ouvrir sa propre enquête sur l’utilisation fautive d’une vingtaine d’obus de mortier à phosphore blanc. Obus tirés par une unité de parachutistes réservistes dans un quartier peuplé de Beit Lahia dans le nord de Gaza. Quelque 180 autres obus à phosphore blanc ont été tirés dans des espaces ouverts, notamment des vergers, contre des combattants du Hamas embusqués. Là, ce serait légal, aux yeux de l’armée.

Un second type de projectiles à phosphore était inoffensif, selon l’armée, car ce n’était que des bombes fumigènes avec traces de phosphore pour leur allumage.

Lalibre.be

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