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Voir la version complète : Maroc : Eaux troubles en milieu étudiant


zek
27/01/2009, 17h17
Lycéennes ou étudiantes, de jeunes Marocaines se livrent, contre des cadeaux ou de l'argent, à un commerce du sexe qu'elles refusent toutefois d'appeler prostitution. Une enquête du magazine Tel quel.

Fatine, 19 ans, et Ilham, 22 ans, étudiantes, font toutes deux le commerce de la chair. Durant le trajet vers un resto-bar de Témara [près de Rabat], qu'elles font à bord de la voiture de leur client potentiel, elles parlent musique, expériences, de la pluie et du beau temps. Une discussion banale. Au bar, Fatine et Ilham sirotent leur bière et picorent quelques olives. Elles ont la lèvre "englossée" et les paupières fardées de paillettes bleues.

Elles ont 20 ans et vivent leur bohème. Fatine affirme que l'argent qu'elles se font n'est pas sale, puisqu'elles ne le touchent pas. Il ne s'agit que d'un dîner arrosé, juste une sortie payée par un inconnu. Une sorte de "paraprostitution". "Dans bien des cas, les cadeaux en nature démonétarisent le rapport entre ces filles et leurs clients. Puisqu'il n'y a pas d'argent, il n'y a pas prostitution à leurs yeux", explique Aboubakr Harakat, psychologue.

Mounia a 24 ans. Issue de la classe moyenne, elle s'est mariée il y a quelques mois avec Ayoub, à peine plus âgé qu'elle. L'homme de sa vie. "Elle en a connu d'autres avant lui", siffle Dalal, son ancienne amie. Durant les années lycée, les deux jeunes filles ont écumé les cafés et les "victimes" potentielles. "J'ai suivi Mounia par ennui, non par misère. Elle n'était pas non plus dans le besoin. Elle avait juste la mentalité blédarde de la fille qui en veut toujours plus, raconte Dalal. Mounia était un peu notre éclaireuse. Elle s'arrêtait lorsqu'une voiture ralentissait, la laissait passer.

Puis elle donnait son numéro au conducteur, s'il n'était pas trop jeune, et s'en allait." Dalal poursuit : "Les vieux rappellent toujours. Et offrent les meilleurs cafés. Nous, on commandait des panachés, des chocolats glacés viennois, etc. On savait qu'on ne paierait pas l'addition. Et puis, comme on fume, on faisait mine de se désoler qu'il n'y ait pas de bureau de tabac dans le coin. La victime allait sur le champ nous acheter un paquet de clopes et un briquet chacune. En nous ramenant, il nous donnait à chacune quelques billets, deux ou trois cents dirhams [une vingtaine d'euros]. Juste pour des sourires et des conversations." Pour joindre les hommes, elles mettaient un point d'honneur à ne jamais appeler, à ne faire que biper.

Les habitudes prises au lycée devenant une seconde nature, les filles, plus expérimentées, mettent le turbo en arrivant à la fac. A la tombée de la nuit, à Madinat Al Irfane, le quartier étudiant de Rabat, les voitures en quête de plaisir défilent aux abords de la longue avenue en travaux. Fayrouz, une étudiante d'Agadir qui vit à la cité, connaît bien les ruses des étudiantes. "Se faire de l'argent facile est très simple pour ces filles. Elles se pomponnent, puis se placent devant le parking ou esquissent quelques pas sur l'avenue. Elles montent dans un véhicule, ressortent d'un autre."

Ces étudiantes seraient, pour la plupart, issues d'un milieu défavorisé, arrivant à la fac sans le pécule nécessaire, avec pour tout bagage, leurs rêves et leurs principes. "Comment voulez-vous qu'une nana qui a, en tout et pour tout, deux tee-shirts et un jean ne soit pas tentée quand elle voit sa colocataire revenir chaque semaine avec une nouvelle tenue ?" s'exclame Mariam, étudiante en communication et marketing.

Selon la sociologue Soumaya Naâmane Guessous, "aux yeux de ces étudiantes, se faire offrir des fringues pour avoir un look qui les valorise, ou sortir aux frais d'un client est une forme d'accomplissement de soi". Mounia, Dalal et les autres ne se considèrent ni comme des prostituées ni comme des travailleuses du sexe occasionnelles. Elles se livreraient à ce marchandage en tout bien tout honneur, puisqu'elles restent vierges. Saïda S., une animatrice qui fait de la prévention contre le sida dans les lycées de Casablanca, a rencontré une vingtaine d'adolescentes habituées à ces balades en voiture avec un homme plus âgé.

"Elles se cherchent des excuses, disent qu'elles n'enlèvent pas la culotte, qu'elles se contentent d'une sucette (fellation), et au pire, optent pour la sodomie. Pourtant, le résultat est le même. Un corps monnayé contre des liasses ou des pièces."

Repères

La prostitution des étudiants n'existe pas uniquement au Maroc, loin s'en faut. En France, les témoignages et alertes se multiplient face au même phénomène. L'appauvrissement des étudiants est en la principale cause. Alors que les dépenses incontournables – logement, transport, nourriture – ont augmenté, quelque 100 000 étudiants vivraient avec moins de 650 euros par mois. Même issus de la classe moyenne, nombre d'étudiants n'échappent plus à la précarité. En 2006, le syndicat SUD-Etudiant estimait à 40 000 le nombre d'étudiants qui se prostitueraient pour financer leur cursus, mais ce chiffre n'est pas étayé par des études précises.

Ayla Mrabet, Hassan Hamdani, Azzedine El Hadef
source Tel quel

12 janv. 2009. Courrier International.

Pihman
27/01/2009, 20h49
allez y rien a voir

ce ne sont que des monadilates d'un autre genre

:mrgreen:


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