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nassim
29/01/2009, 23h50
Entre un et 2,5 millions de personnes ont manifesté jeudi en France, surtout en province, pour exhorter Nicolas Sarkozy à "entendre la rue" en répondant aux attentes sociales face à la crise économique.

Selon la CGT et Force ouvrière, plus de 2,5 millions de salariés du public et du privé ont défilé dans tout le pays à l'appel de tous les syndicats français, pour une fois unis.

Le ministère de l'Intérieur a comptabilisé pour sa part 1,08 million de manifestants.

Les syndicats estiment avoir réussi leur pari de mobiliser autant qu'en 2006 contre le projet de "contrat première embauche" du précédent gouvernement, qui a réuni de un à 2,6 millions de manifestants selon les comptages.

Ce n'est pas l'avis du porte-parole du gouvernement, qui a relativisé l'ampleur du mouvement.

"Il n'y a pas un niveau de grève exceptionnel, c'est plutôt en-deçà dans le secteur public que ce qui avait été constaté lors des derniers mouvements", a dit Luc Chatel sur Europe 1.

Dans un communiqué, le président Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il discuterait avec les partenaires sociaux des réformes à conduire en 2009 lors d'une rencontre prévue en février.

Pour François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, il s'agit de "la plus grande journée d'action des salariés depuis une vingtaine d'années".

"L'objectif est gagné en particulier grâce à la présence massive des salariés du privé", a-t-il ajouté.

"La crise, c'est eux, la solution, c'est nous", ou "Trop de politique spectacle, pas assez d'actes pour les salariés", proclamaient les banderoles de Lille à Marseille.

"UNE JOURNÉE NE SUFFIRA PAS"

Dès le début de la matinée, les cortèges étaient particulièrement fournis en province avec 24.000 manifestants à Marseille selon la police, 300.000 d'après la CGT et FO, 56.000 à 90.000 à Toulouse, 20.000 à 53.000 à Lyon, 34.000 à 80.000 à Bordeaux, 25.000 à 50.000 à Rennes, 30.000 à 40.000 à Nantes.

A Paris, la préfecture de police a fait état de 65.000 manifestants, un chiffre contesté par les syndicats, la CGT ayant quant à elle compté 300.000 personnes.

En fin de manifestation, des incidents ont opposé quelques centaines de manifestants et les forces de l'ordre dans le quartier de l'opéra, où plusieurs feux ont été allumés, incitant les forces de l'ordre à charger et à tirer des gaz lacrymogènes.

Des salariés du privé, notamment de l'automobile, de la distribution, des banques ou des télécommunications, se sont joints un peu partout aux défilés.

"On est là parce qu'on ne veut pas payer la crise pour ceux qui l'organisent comme les banques et les grands groupes du CAC 40", a dit à Rennes Florence Defrance, 42 ans, employée à Equant, une entreprise sous-traitante de France Télécom.

"Ce n'est pas aux salariés de payer pour les banquiers", scandaient des manifestants au départ d'un cortège parisien.

En revanche, les grèves étaient en demi-teinte et le mouvement a perturbé moins fortement les transports qu'attendu.

Pour l'ensemble de la fonction publique, le taux de participation était à 17h00 (16h00 GMT) de 25,9%, selon le ministère. Il variait selon les sources de 37,1% (ministère) à 60% (syndicats) dans l'Education nationale.

"MAINTENANT, ÇA SUFFIT"

A La Poste, la direction faisait état d'un taux de participation de près de 25% (40% pour le syndicat Sud-PTT) alors qu'à la SNCF plus d'un employé sur trois (36,7%) faisait grève, toujours selon la direction.

Jusqu'à présent, Nicolas Sarkozy a exclu toute relance par la consommation et affirmé qu'il poursuivrait les réformes combattues par la gauche, pour qui elles contribuent largement au malaise social actuel.

Les responsables syndicaux, qui réclament des mesures pour l'emploi et le pouvoir d'achat, se rencontreront lundi prochain pour décider d'une éventuelle suite au mouvement. La CGT fera des propositions pour prolonger les actions.

"C'est évident qu'une journée ne suffira pas", a lancé Olivier Besancenot du Nouveau parti anticapitaliste.

Le Parti socialiste a profité de cette journée pour afficher sa volonté d'accompagner le mouvement social et de reprendre l'offensive face à la politique de Nicolas Sarkozy.

"Il faut lui dire 'Maintenant ça suffit, il faut changer cette politique", a dit à Reuters le premier secrétaire du PS Martine Aubry, présente au défilé parisien.

Le président du Mouvement Démocrate, François Bayrou, juge nécessaire de "dire que ça ne va pas". "Je suis sûr que beaucoup de Français, en manifestant aujourd'hui, disent aussi que la manière dont on les gouverne ne les respecte pas".

Réplique du ministre du Budget Eric Woerth sur RMC : "Je ne crois pas qu'il faille zapper et changer de politique sans arrêt". "On doit garder son sang-froid dans cette période de très, très grande tempête".

source : Reuters

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