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Stanislas
14/04/2004, 21h25
Le général Toufik a berné candidats et intellectuels

«L’histoire a encore une fois conforté le FFS dans son analyse». Une phrase qui s’imposait dans une conférence de presse tenue au siège du FFS après la tenue du scrutin du 8 avril. Le premier secrétaire du parti, Djoudi Maâmeri qui a réuni hier les journalistes, a qualifié les dernières élections de farce qui avait pour finalité la recomposition des forces à l’intérieur du sérail.

suite de l'article :13-04-2004
http://www.lanouvellerepublique.com/actualite/lire.php?ida=10201&idc=4

Amine Esseghir
La nouvelle république

nassim
14/04/2004, 22h34
Eh oui, ceux qui ont compris que le boycott était une manière de dire NON aux généraux et à la mascarade électorale sont loins d'être dupes.

Tout porte à croire que le patron des renseignements algériens, le général Toufik, est l'architecte de la configuration politique en Algérie.

Il me fait penser à l'architecte de la Matrice de la trilogie des frères Wachowski. Pour lui, les algériens sont une vaste ferme de moutons qu'il configure à sa guise et au gré des changements géostratégiques. En 99, il a désigné Boutef et l'avait chargé de remettre l'Algérie sur l'orbite internationale, et en 2004, il a choisi la continuité en assurant le maintien de Boutef, car l'armée algérienne s'impatiente d'intégrer l'OTAN et n'a pas du tout envie de perdre le capital "image" amassé grâce à leur poulain, Boutef. Ceux qui ont comprit le jeu de Toufik, sont un peu les rebelles de Zion, ceux qui ont comprit que la démocratie dans la Matrice de Toufik n'était que pure manipulation de l'esprit. L'architecte Toufik est tellement ingénieux qu'il est arrivé à faire croire aux masses que l'armée est anti-Boutef et ce, en proposant un autre poulain en guise de joker mais désigné lièvre (malgré lui?)!

Sacré Toufik! Il a quand même fait l'erreur d'inviter le "rancunier" Aït Ahmed de partciper à la mascarade! Notre grand révolutionnaire Aït Ahmed est bourré de chocolat suisse, il n'est donc pas facile de l'avoir!

Safy
14/04/2004, 23h14
C'etait quoi donc la fameuse Question de Da Hocine ?

1 - Le Secret du caramel dans le CaramMilk ?

2 - Qui a tué Kennedy ?

3 - Qui etait l'actionnaire principal de Khalifa ?

ou ....?

muhend
17/04/2004, 23h06
N'importe quoi ya si slouka! Au lieu de tirer les enseignements de cette mascarade signé les généraux de la junte digne de l'époque du gouverneur d'Algérie Naegelan, tu pousse le culot jusqu'à rendre Aït Ahmed et son parti complice d'une fraude que vous avez tous refusé d'admettre tellement il vous semblait que l'élection serait la plus libre que le monde ait jamais connue. Complètement ahurissant cette logique qui voudrait que ceux qui dénoncent le crime soient rendus coupable de complicité parce qu'ils ont eu vent du crime. C'est comme si vous découvrez un cadavre dans la rue et lorsuqe vous prévenez la police elle vous coffre parce que vous êtes, à ses yeux, complice pour la simple raison que vous avez découvert le cadavre. On est carrément dans la pure schizophrénie que seul un département e police politique est à même d'inoculer à ses adversaires et je pense -je mettrai ma main au feu- que Slouka fait parti de la police politique et que M. Anakin dans sa naïvété profonde est prête à le suivre. M. Anakin est d'ailleurs d'accord que Toufik -pas seulement- est l'architecte deu paysage politique mais ne dit pas qu'il le fraudeur en chef. Décidément il est urgent que certains opérent des "révisions déchirantes" sinon on tournera en rond tout le temps.

slouka
17/04/2004, 23h31
@ Muhend

donne moi des arguments pas des (tu es de la Police politique) moi j'ai voté je ne suis pas resté a me sucrer le bec
tu sais il faut etre pragmatique la pouriture en Algerie elle existait elle existe et elle existera comme partout dans le monde si tu veut changé les choses ne te limite pas a l'observation :?

muhend
18/04/2004, 09h14
M. Slouka et amis forumistes je vous invite à lire cet interview de Abdelaziz Rahabi dans liberté. Rahabi est quelqu'un qui a appartenu au système (ex-ambassadeur et ex-ministre de la culture et de la communication) et sait de quoi il parle notamment sur le scrutin du 8 avril dernier

Voici ce qu'il dit:
Pour revenir à l’élection du 8 avril, quel enseignement en tirez-vous ?

J’ai tiré essentiellement trois enseignements. Le premier : je suis conforté dans ma conviction que l’armée n’accompagnera pas la transition démocratique en Algérie. Il n’y a pas eu de tels exemples dans le monde arabe.
L’Algérie ne fera pas exception, et la société civile a tort de faire le parallèle avec les expériences espagnole et portugaise en la matière.
Le deuxième : quand l’armée donne l’apparence de se retirer du champ politique, elle délègue provisoirement ses pouvoirs à l’administration et à la police politique.
Le troisième : je suis complètement sidéré par le niveau de mystification.
On fait croire à notre peuple qu’il ne peut pas prétendre à mieux tant dans ses conditions de vie quotidienne que dans le choix des hommes qui doivent gérer ses affaires et ce, en actionnant uniquement deux leviers, la fermeture des champs politique et médiatique.
Cela a fait croire aux gens, par exemple, que la paix n’est pas revenue grâce aux sacrifices de 200 000 citoyens mais par la grâce d’un homme providentiel.
Que faire, donc, devant cette nouvelle situation ?

Continuer à travailler, continuer à expliquer qu’il y a des alternatives sérieuses à l’imposture, au mensonge et à la corruption et que celles-ci ne sont possibles que dans des conditions de liberté, de transparence et de justice. C’est un combat de générations. Il n’est pas celui des opportunistes et des rentiers.

Mille fois bravo M. Rahabi qui admet en son âme et conscience l'existence de la police politique.

unevoix
18/04/2004, 14h41
Je voudrais donner en lecture un extrait d'un texte d'un prof d'histoire , j'espère que vous le jugerez pertinent en tout il a sa place dans nos débats.

.../...
En quoi le régime politique né de la guerre d’indépendance et la toute puissance de l’armée sont-ils responsables de la situation présente ?

L’armée a contrôlé le pouvoir depuis 1965 et a maintenu le couvercle d’un système totalitaire jusqu’aux libéralisations de la fin des années 80. Pendant toute cette période, c’est le militaire qui a prévalu sur le politique, pour reprendre l’analyse de Mireille Duteil [Voir bibliographie]. Le FLN, devenu un parti d’État, n’a pas pu être un lieu de formation de dirigeants politiques. L’opposition est extrêmement limitée, exilée ou clandestine, et se recrute essentiellement dans les générations de la guerre d’indépendance. L’absence de vie politique n’a pas suscité de relève générationnelle. En fait, en permettant le multipartisme en 1989, l’armée visait sans doute plus à « diviser pour règner » qu’à introduire les véritables règles d’un fonctionnement démocratique. La myriade de partis qui apparaissent alors ne sont bien souvent que des groupes constitués derrière un leader ou un chef charismatique. L’Algérie ne dispose pas d’une culture des partis politiques. Tout reste à construire dans ce domaine. La situation politique est rendue d’autant plus complexe que le pouvoir a sans cesse joué, quasiment depuis la période de la guerre d’indépendance, avec l’islam et les islamistes. Il porte grandement la responsabilité de leur puissance actuelle.

n Il y a un mythe qui traîne dans les esprits, c’est que le seul parti nationaliste de l’histoire algérienne est le FLN. Parmi toutes les occultations imposées par la mémoire officielle et l’histoire enseignée, il y a cette idée fausse. Or, en réalité, le nationalisme algérien, né entre les deux guerres mondiales et grandi au lendemain de la Seconde sous le poids du colonialisme, était éminemment polymorphe. Dans les années 30, le nationalisme algérien présente une triple aspect :
– le nationalisme des Oulémas (Ben Badis), refusant toute assimilation. Ils affirment leur hostilité culturelle au colonisateur et s’appuient sur les valeurs de l’islam et la tradition de la culture algérienne. Ils mettent en avant le religieux. C’est sans doute le mouvement nationaliste qui a la plus grande influence dans la population par son réseau d’associations et d’écoles coraniques.
– le nationalisme du manifeste pour le peuple algérien (MPPA) de Ferhat Abbas qui accepte la présence française mais réclame un élargissement des droits des musulmans.
– le nationalisme de l’Étoile nord africaine de Messali Hadj, à l’origine proche des communistes mais qui s’en détache par nationalisme absolu (refus d’une quelconque tutelle étrangère, y compris celle de l’Internationale communiste), qui se définit comme « islamo-nationaliste » dans un mariage complexe entre l’islam et les théories socialistes. Parti souvent interdit, il est refondé en 1937 sous le nom de PPA (Parti du peuple algérien) et en 1946 sous le nom de MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques).

Le FLN n’est en réalité qu’une émanation tardive des tendances activistes du nationalisme algérien. En 1954-1955, une partie du MTLD refuse de rejoindre le FLN et fonde autour de Messali Hadj le MNA (Mouvement national algérien). La réalité historique est donc bien celle d’une lamination des différents courants nationalistes par le FLN pendant la guerre d’indépendance, soit par la violence et l’élimination (MNA), soit par la pression qui aboutit à l’intégration (Oulemas et MPPA). Cette perte de mémoire est particulièrement nuisible à la genèse d’une vie démocratique et génère des comportements exclusifs. Il y a une tradition historique qui veut qu’un seul parti puisse incarner la nation. Tradition du parti unique, héritée de la guerre d’indépendance et qui se retrouve aujourd’hui. D’où l’impossibilité d’entente entre les héritiers du FLN et du nationalisme de la guerre d’indépendance et les islamistes radicaux : pas de quartier.

n Au lendemain de la constitution de 1989 qui permettait de constituer des associations et groupements politiques, il y a une éclosion de partis politiques : du RCD laïque (Rassemblement pour la culture et la démocratie) de Saïd Sadi au FIS religieux (Front islamique du salut) dirigé par Abassi Madani et Ali Benhadj. Entre ces deux pôles, une quarantaine de formations se disent démocratiques, la plupart dirigées par d’anciens membres du FLN, ce qui témoigne en partie des dissenssions existant au sein du FLN : Kasdi Merbah, ancien premier ministre, fonde le MAJD (mouvement algérien pour la justice et le développement), Ahmed Ben Bella le MDA (Mouvement des démocrates algériens), Mahfoud Nahnah dirige le Hamas, parti islamiste modéré. Le seul parti un peu important et d’envergure nationale, bien qu’il soit originellement centré sur la Kabylie, est le FFS (Front des forces socialistes) de Hocine Aït Ahmed. D’autres partis apparaissent à la veille des élections législatives de juin 1997 : Zeroual fonde le RND (Rassemblement national démocratique) et le Hamas se transforme en MSP (Mouvement de la société pour la paix).

Au total, il semble bien que l’un des objectifs essentiels du pouvoir, en particulier en ne fixant aucune limite constitutionnelle à la représentation des partis politiques, soit d’encourager leur floraison : pour créer un parti et pour que l'État offre une dot de 2 milliards, il suffit de 15 noms.

S’ajoute à cela, pour corrompre le processus de démocratisation, le jeu ambigü qu’entretient l’armée avec les islamistes. Ce fait n’est pas récent. Dans ce pays qui a été totalement déstructuré par la colonisation, le seul élément qui ait échappé à une destruction importante est la religion musulmane. Pour la majorité de la population qui n’avait pas eu accès à la modernité apportée par le colonisateur, l’islam était le refuge, le point de repère et aussi l’élément protecteur contre le colonisateur, le lieu de résistance : un élément identificateur. C’est pourquoi, pour conquérir les masses algériennes, le message nationaliste, y compris celui du FLN, a été profondément teinté d’islam : la guerre de libération était présentée comme un djihâd, une guerre sainte. Après la guerre, au moment où le pouvoir a senti s’effriter sa légitimité assise sur la la guerre de libération, il a tout naturellement cherché dans l’islam le principe de substitution. C’est alors qu’ont commencé les politiques d’arabisation dont les principales cibles ont été le français mais aussi les autres langues de l’Algérie, comme le berbère. On a laissé se développer avec tolérance les associations de « frères musulmans » qui pourtant ont assez vite développé un message critique, attirant l’attention des populations lassées par les hommes en place. Cette complaisance dangereuse du pouvoir vis-à-vis de l’islam traditionnel est tout à fait sensible jusque dans des périodes très proches. Le code de la famille de 1984 en témoigne à souhait (plaçant la femme sous tutelle de son mari), tout comme la campagne d’arabisation à outrance lancée en 1991. Avant d’être structurés dans le FIS en 1989, les mouvements islamistes ont largement eu le temps de se développer et ils sont en position de soutenir et d’encourager le mouvement populaire de 1988.

4- L’explication culturelle : un pays en quête d’identité

En quoi peut-on dire que l’Algérie est largement absente à elle-même et que cette absence est la cause de ses maux ? L’Algérie est sans identité ou en quête d’identité. Qu’est-ce alors que l’identité algérienne ?

C’est ici l’analyse de Gilbert Grandguillaume [Voir bibliographie] qu’il faut suivre. Il analyse la crise comme une crise de sortie de système de parti unique. L’évolution économique, sociale et démographique fait imploser le système du parti unique. Le couvercle qui tenait l’ensemble saute et les évolutions latentes se révèlent au plein jour et s’accélèrent. La dureté de la crise s’explique en grande partie parce que l’Algérie n’a pas pris possession d’elle-même : à la fois la période de la colonisation et la période du gouvernement militaire l’ont empêchée de réaliser cette prise de possession. Que ce soit dans le domaine législatif, dans le domaine de l’enseignement de l’histoire, dans celui de la langue, de l’économie, etc., l’Algérie n’assume pas son héritage (ou plutôt a été privée de son héritage). Cet héritage a tendance à resurgir de façon réductrice sous la forme de poussées islamistes. Des schémas extérieurs ont été imposés au pays qui, dans ses profondeurs, fonctionne selon des codes antagonistes à ceux qui lui sont imposés.

è Questions :
1) Pourquoi peut-on dire qu’aujourd’hui encore le poids de l’histoire est un handicap pour l’Algérie ?
2) Quelle est l’identité culturelle algérienne ?
3) Quelles sont les règles profondes qui organisent encore aujourd’hui la société algérienne et sont-elles parfaitement incompatibles avec la démocratie ?

l « Une Algérie qui n’a pas pris possession de soi » : Gilbert Grandguillaume utilise deux images pour caractériser la situation :
1) « une famille algérienne de paysans, qui vivait depuis des générations sur le domaine possédé par un colon a, à la suite de la libération, pris possession de sa terre. Elle est désormais chez elle […] mais le colon est toujours là, discret. Il n’intervient en rien, il serait même sympathique, mais il est là. De ce fait, on n’ose pas parler arabe, on n’ose pas manger avec ses doigts, on n’ose pas abattre certains hangars, on n’ose pas faire d’autres cultures, […] on fait ses prières discrètement. Bref, apparemment, il n’est pas gênant mais… ». Cette image souligne le poids de la colonisation et une rupture non consommée avec le passé colonial qui hanterait encore la société et le paysage algérien.
2) « au début, le colon était seul hôte. Puis, quelque temps après, des Algériens sont venus, habillés comme lui : costumes, cravates, parlant français, buvant de l’alcool, gens d’autorité. […] Ils sont certes des Algériens mais très ressemblants aux Français. Au début, ils étaient simplement désagréables parce qu’étrangers à la région et agents d’une autorité externe. Puis on s’est aperçu qu’ils profitaient de leur position pour être arrogants, pour détourner des fonds, pour s’octoyer des fonds sans par ailleurs compenser ces inconvénients par une compétence particulière… ». Cette image indique le poids de la nomenklatura au pouvoir.

l En quoi peut-on dire que l’Algérie n’est pas elle-même ou qu'elle est privée d’elle-même dans de nombreux domaines ? Gilbert Grandguillaume prend différents exemples à titre de signes :
– la législation : des codes de lois copiés sur les codes français (adoption de l’essentiel de la législation française en 1962), des lois rédigées à l’imitation des lois françaises, sans tenir toujours compte de la spécificité algérienne. Il cite, à titre humoristique, le projet de loi pour « contre-carrer les invasions anglo-américaines dans le domaine du français » rédigé à l’imitation de la loi française de 1975 sur l’emploi de la langue française.
– l’enseignement de l’histoire : dans les programmes, la place consacrée à l’histoire de l’Algérie depuis l’origine est très faible et raison de plus celle qui est consacée à la période coloniale (8% du programme). On enseigne surtout l’histoire du monde musulman dans sa globalité.
– la langue : avant la colonisation, les langues de l’Algérie étaient deux langues parlées, le berbère et l’arabe (en réalités plusieurs dialectes arabes) et une langue écrite, l’arabe dit classique (la langue du Coran). Pendant la colonisation, la France a imposé sa langue. Au moment de l’indépendance, au lieu de renouer avec les traditions linguistiques du pays (les langues originelles sont encore largement parlées), le gouvernement impose une arabisation forcée, officiellement pour rompre avec la langue du colonisateur. En fait, c’est l’arabe classique qui est imposé comme langue officielle, ce qui n’est pas sans poser des difficultés, vu les acrobaties qu’il a fallu réaliser pour l’adapter au monde moderne, au mépris des langues communes. C’est une stratégie jacobine comparable à celle qui a imposé le français en France à la fin du XIXe siècle. Ce qui pose d’abord problème c'est que l'arabe n’est pas une langue algérienne mais une langue internationale. Et un effet pervers s’est développé : le français est resté la langue de l’élite intellectuelle et politique (en particulier dans les secteurs de pointe de l’économie et de l’administration). Il y a donc permanence d’un dualisme linguistique qui induit un dualisme culturel qui, en fait, épouse un dualisme social.

l Il faut donc militer pour la construction d’une véritable identité algérienne. Il s’agirait pour l’Agérie d’assumer ses héritages multiples. Sans remonter aux Romains ou aux Phéniciens, quoique l’époque romaine ait laissé à l’Algérie Apulée et Saint-Augustin ainsi qu’une foule de monuments et de vestiges urbains, l’Algérie doit assumer la complexité de son passé ancien, d’une part ses origines berbères, ensuite les multiples invasions musulmanes, arabes, puis almoravides et turques, la période de la régence d’Alger étant une période déterminante pour la culture algérienne et la construction d’une civilisation de l’islam, et enfin la période coloniale avec l’apport des référents occidentaux, et en particulier les droits de l’homme et la démocratie. Globalement, aujourd’hui, l’Algérie est écartelée entre Orient et Occident, l’élite occidentalisée reprochant son archaïsme à la masse attachée à l’islam.

l Il reste que, globalement, la société algérienne fonctionne encore largement dans des cadres archaïques. Gilbert Grandguillaume utilise l’explication ethnographique en expliquant que la société algérienne obéit à la « théorie segmentaire » : la société n’est pas structurée globalement mais se présente comme un ensemble de « segments » ou groupements qui tantôt s’allient, tantôt s’opposent, l’essentiel du système étant d’empêcher la concentration du pouvoir au sein d’un groupe particulier. Dès lors on peut parler d’une société clanique. La structure de décision est non une structure de recherche de l’intérêt commun mais une structure de marchandage entre les factions avec un souci essentiel qui est de ne pas faire partie du groupe des perdants. On voit que l’individualisme, qui est une des bases du système démocratique occidental, est loin de ce système où l’intérêt du groupe domine. Dans l’immédiat dit Gilbert Grandguillaume, « le verdict des urnes peut sans doute être présenté dans l’abstrait […] mais il ne peut suffire à créer une légitimité politique ».

kameldenice001
18/04/2004, 15h15
si le peuple arrête de faire cette politique de " ... il a dit que....; j'ai entendu que ..." peut être on mettra l'algerie sur l'orbitre de la démocratie.
les jeunes ne prenez pas mal mes propos cela fait 42 ans que nous parlions des constats, parlons de solutions .

unevoix
18/04/2004, 15h41
Tant qu'il y a des gens comme ceux qui jugent les opinions des érudits de bavardages inutiles , l'algerie n'ira que dans la direction ou les cireurs de bottes veulent l'amener. Il faut de tout pour faire un monde ... ceux qui disent oui les inconditionnels et ceux qui essaient de lire et de comprendre ... les premiers ne disent jamais rien , ils écoutent et ils applaudissent , ce n'est certainement pas ceux qui construisent l'Algérie ou veulent la construire... en général ce sont ceux que les bruits et les vérites incommodent , ils ne veulent pas être dérangés dans leur besogne d' accaparements de tout ce qui brille , justifié et injustifié ca ne rentrent pas leur systême d'appréciation ... ceux là ne constuiront que l'Algérie des trabendistes et des escros ... ce n'est pas l'Algérie que nous ont légués nos ayeux celle des justes et des hommes libres .. a bon entendeur salut ... va plutot rendre compte ... au lieu de critiquer tu ne sais le faire.

Lotfi
19/04/2004, 17h58
Bonsoir,

En voila une, le FFS par le billet de son sécretaire accuse puis se rétracte à cause d'une plainte par le MDN , moi je dirai le temps des attaques personelles est résolue et que les journalistes "indépendants" doivent réfléchir 2 fois avant de se lancer dans la falsification de l'information car au bout il y a une justice qui les attend à bras ouvert pour le meilleur ou le pire.

Amicalemnt

unevoix
19/04/2004, 20h15
Dommage SAFY , je n'ai malheureusement pas le temps d'analyser ton message , il y a toujours quelque chose à dire ... meme sur des répliques vides et dénuées d'objectivité. Ce n'est pas parce que c'est un Francais qui écrit ce superbe texte qu'il faut le rejeter et ne pas trouver sujet à approfondissement. Nous avons cela de différent par rapport aux autres on accepte de critiquer les autres mais on rejette toute idée qui émane des autres .... pourquoi ne pas reconnaitre la vérité. Nos parents et grands parents ont été des sages , peut etre cultivés , mais nous sommes des paysans et en quoi etre paysan est réducteur... vous allez pas me faire dire que les droits de l'homme sont nés chez nous ,et qu'ils existent meme en 2004 ... pourquoi faites vous la parallele avec notre qualité d'indigenes ... nous ne sommes ni les seules au monde , ni moins intélligents à cause de cela.
Mais reconnaissons que les européens sont aujourd'hui et il y a quelques années plus évolués que nous ... évolution sur le plan modernité par rapport à notre temps ... cela ne me blesse du tout ... mais là n'est pas le fond du sujet que je suis permis de mettre sur ce forum... mon intention etait de faire lire un autre son de cloche venant de l'extérieur ... et quoi que l'on dise , meme si c'est tendancieux ou du réchauffé , l'opinion extérieur au milieu ambiant algérien est utile et il me semble qu'elle peut revetir quelque part une certaine objectivité ... je dois préciser que le professeur n'est ni un colon , ni un fils de colon , il a intelligemment analysé la situation et nous a livré son opinion ...
libre à vous de rejeter son avis et de préferer peut etre la lecture d'Elmoudjahed qui porte malheureusement mal son nom ...

citoyen
20/04/2004, 10h36
L’explication culturelle : un pays en quête d’identité

En quoi peut-on dire que l’Algérie est largement absente à elle-même et que cette absence est la cause de ses maux ? L’Algérie est sans identité ou en quête d’identité. Qu’est-ce alors que l’identité algérienne ?

C’est ici l’analyse de Gilbert Grandguillaume [Voir bibliographie] qu’il faut suivre. Il analyse la crise comme une crise de sortie de système de parti unique. L’évolution économique, sociale et démographique fait imploser le système du parti unique. Le couvercle qui tenait l’ensemble saute et les évolutions latentes se révèlent au plein jour et s’accélèrent. La dureté de la crise s’explique en grande partie parce que l’Algérie n’a pas pris possession d’elle-même : à la fois la période de la colonisation et la période du gouvernement militaire l’ont empêchée de réaliser cette prise de possession. Que ce soit dans le domaine législatif, dans le domaine de l’enseignement de l’histoire, dans celui de la langue, de l’économie, etc., l’Algérie n’assume pas son héritage (ou plutôt a été privée de son héritage). Cet héritage a tendance à resurgir de façon réductrice sous la forme de poussées islamistes. Des schémas extérieurs ont été imposés au pays qui, dans ses profondeurs, fonctionne selon des codes antagonistes à ceux qui lui sont imposés.

è Questions :
1) Pourquoi peut-on dire qu’aujourd’hui encore le poids de l’histoire est un handicap pour l’Algérie ?
2) Quelle est l’identité culturelle algérienne ?
3) Quelles sont les règles profondes qui organisent encore aujourd’hui la société algérienne et sont-elles parfaitement incompatibles avec la démocratie ?

l « Une Algérie qui n’a pas pris possession de soi » : Gilbert Grandguillaume utilise deux images pour caractériser la situation :
1) « une famille algérienne de paysans, qui vivait depuis des générations sur le domaine possédé par un colon a, à la suite de la libération, pris possession de sa terre. Elle est désormais chez elle […] mais le colon est toujours là, discret. Il n’intervient en rien, il serait même sympathique, mais il est là. De ce fait, on n’ose pas parler arabe, on n’ose pas manger avec ses doigts, on n’ose pas abattre certains hangars, on n’ose pas faire d’autres cultures, […] on fait ses prières discrètement. Bref, apparemment, il n’est pas gênant mais… ». Cette image souligne le poids de la colonisation et une rupture non consommée avec le passé colonial qui hanterait encore la société et le paysage algérien.
2) « au début, le colon était seul hôte. Puis, quelque temps après, des Algériens sont venus, habillés comme lui : costumes, cravates, parlant français, buvant de l’alcool, gens d’autorité. […] Ils sont certes des Algériens mais très ressemblants aux Français. Au début, ils étaient simplement désagréables parce qu’étrangers à la région et agents d’une autorité externe. Puis on s’est aperçu qu’ils profitaient de leur position pour être arrogants, pour détourner des fonds, pour s’octoyer des fonds sans par ailleurs compenser ces inconvénients par une compétence particulière… ». Cette image indique le poids de la nomenklatura au pouvoir.

l En quoi peut-on dire que l’Algérie n’est pas elle-même ou qu'elle est privée d’elle-même dans de nombreux domaines ? Gilbert Grandguillaume prend différents exemples à titre de signes :
– la législation : des codes de lois copiés sur les codes français (adoption de l’essentiel de la législation française en 1962), des lois rédigées à l’imitation des lois françaises, sans tenir toujours compte de la spécificité algérienne. Il cite, à titre humoristique, le projet de loi pour « contre-carrer les invasions anglo-américaines dans le domaine du français » rédigé à l’imitation de la loi française de 1975 sur l’emploi de la langue française.
– l’enseignement de l’histoire : dans les programmes, la place consacrée à l’histoire de l’Algérie depuis l’origine est très faible et raison de plus celle qui est consacée à la période coloniale (8% du programme). On enseigne surtout l’histoire du monde musulman dans sa globalité.
– la langue : avant la colonisation, les langues de l’Algérie étaient deux langues parlées, le berbère et l’arabe (en réalités plusieurs dialectes arabes) et une langue écrite, l’arabe dit classique (la langue du Coran). Pendant la colonisation, la France a imposé sa langue. Au moment de l’indépendance, au lieu de renouer avec les traditions linguistiques du pays (les langues originelles sont encore largement parlées), le gouvernement impose une arabisation forcée, officiellement pour rompre avec la langue du colonisateur. En fait, c’est l’arabe classique qui est imposé comme langue officielle, ce qui n’est pas sans poser des difficultés, vu les acrobaties qu’il a fallu réaliser pour l’adapter au monde moderne, au mépris des langues communes. C’est une stratégie jacobine comparable à celle qui a imposé le français en France à la fin du XIXe siècle. Ce qui pose d’abord problème c'est que l'arabe n’est pas une langue algérienne mais une langue internationale. Et un effet pervers s’est développé : le français est resté la langue de l’élite intellectuelle et politique (en particulier dans les secteurs de pointe de l’économie et de l’administration). Il y a donc permanence d’un dualisme linguistique qui induit un dualisme culturel qui, en fait, épouse un dualisme social.

l Il faut donc militer pour la construction d’une véritable identité algérienne. Il s’agirait pour l’Agérie d’assumer ses héritages multiples. Sans remonter aux Romains ou aux Phéniciens, quoique l’époque romaine ait laissé à l’Algérie Apulée et Saint-Augustin ainsi qu’une foule de monuments et de vestiges urbains, l’Algérie doit assumer la complexité de son passé ancien, d’une part ses origines berbères, ensuite les multiples invasions musulmanes, arabes, puis almoravides et turques, la période de la régence d’Alger étant une période déterminante pour la culture algérienne et la construction d’une civilisation de l’islam, et enfin la période coloniale avec l’apport des référents occidentaux, et en particulier les droits de l’homme et la démocratie. Globalement, aujourd’hui, l’Algérie est écartelée entre Orient et Occident, l’élite occidentalisée reprochant son archaïsme à la masse attachée à l’islam.

l Il reste que, globalement, la société algérienne fonctionne encore largement dans des cadres archaïques. Gilbert Grandguillaume utilise l’explication ethnographique en expliquant que la société algérienne obéit à la « théorie segmentaire » : la société n’est pas structurée globalement mais se présente comme un ensemble de « segments » ou groupements qui tantôt s’allient, tantôt s’opposent, l’essentiel du système étant d’empêcher la concentration du pouvoir au sein d’un groupe particulier. Dès lors on peut parler d’une société clanique. La structure de décision est non une structure de recherche de l’intérêt commun mais une structure de marchandage entre les factions avec un souci essentiel qui est de ne pas faire partie du groupe des perdants. On voit que l’individualisme, qui est une des bases du système démocratique occidental, est loin de ce système où l’intérêt du groupe domine. Dans l’immédiat dit Gilbert Grandguillaume, « le verdict des urnes peut sans doute être présenté dans l’abstrait […] mais il ne peut suffire à créer une légitimité politique ».

C'est une analyse baclée, trop éloignée des vérités, parfaitement adaptée à des analystes de salon.

Si cette identité était inéxistante, je serai même tenté de dire que les problèmes actuels seront simplement faibles et attenués ou au pire des cas auraient pris une autre forme.

Quelle est l’identité culturelle algérienne ?

Il n'a pas osé poser la question de la façon suivante : Est-ce-que l'identité culturelle algérienne est compatible avec les modèles occidentaux ?

Cet analyste n'arrête pas de fonder ses analyses selon une métrique propre et est-ce raisonnable ?

Stanislas
23/04/2004, 23h16
Pour suivre le sujet du topic avec peu d'humour.

http://img9.imageshack.us/img9/9094/toufik.jpg

absent
08/02/2007, 13h27
tombé par hasard sur ce topic :D

Tout porte à croire que le patron des renseignements algériens, le général Toufik, est l'architecte de la configuration politique en Algérie.

Il me fait penser à l'architecte de la Matrice de la trilogie des frères Wachowski. Pour lui, les algériens sont une vaste ferme de moutons qu'il configure à sa guise et au gré des changements géostratégiques. En 99, il a désigné Boutef et l'avait chargé de remettre l'Algérie sur l'orbite internationale, et en 2004, il a choisi la continuité en assurant le maintien de Boutef, car l'armée algérienne s'impatiente d'intégrer l'OTAN et n'a pas du tout envie de perdre le capital "image" amassé grâce à leur poulain, Boutef. Ceux qui ont comprit le jeu de Toufik, sont un peu les rebelles de Zion, ceux qui ont comprit que la démocratie dans la Matrice de Toufik n'était que pure manipulation de l'esprit. L'architecte Toufik est tellement ingénieux qu'il est arrivé à faire croire aux masses que l'armée est anti-Boutef et ce, en proposant un autre poulain en guise de joker mais désigné lièvre (malgré lui?)!

Pas mal la comparaison ;)

Pensez-vous qu'il tien toujours les reines le général toufik ? à quand une mise à l'écart total de l'armé et services secrets de la politique ?

lonesome
08/02/2007, 14h19
En quoi est-il important de tergiverser sur qui a vu qui, qui n'a pas vu quoi et pourquoi x a vu y et pourquoi en ce moments precis.Nous sommes en 2007 et ils continuent à nous prendre pour le deuxieme college.Qui ne connait pas qui dirigent la barraque dans ce pays.Est-ce qu'il y a des partis politiques,quand à l'opposition je n'ose meme pas me poser la question.Il n' a qu'a voir ce qui se passe à blida pour se rendre compte dans quel etat est le pays.Les marionnettes on les voit tout le temps et ceux qui tirent les ficelles ne peuvent plus se cacher du moins par pour longtemps.Et quand nous decouvriront l'ampleur du desastre alors nous n'aurons que nos yeux pour chialer pour ceux qui ont un peu de dignité.

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