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Voir la version complète : L'Algérie va doubler sa production d'électricité à l'horizon 2017


nassim
17/02/2009, 23h59
“Avec le temps, il devra y avoir une augmentation des tarifs de l’électricité et du gaz à l’avenir.” M. Nadjib Athmane, président de la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (Creg), estime que cette démarche est irrévocable. Un dossier ayant trait à cette question a été déjà pris en charge par la Creg en 2006. Et la commission a tranché pour un ajustement des tarifs. “C’est une décision indispensable afin de pouvoir apporter des ressources nécessaires aux opérateurs”, précise M. Athmane. Certes, à cette époque, les prix n’ont pas été augmentés, mais l’État a pris des mesures en faveur de Sonelgaz. Le président de la Creg en cite l’obtention de la Sonelgaz de crédits à des taux bonifiés par le Trésor public. D’autres décisions d’ordre fiscal ont été également prises en faveur de cette société pour pouvoir faire face à ses dépenses de plus en plus importantes exigées par ses projets d’investissement. Il faut dire que pour l’année 2009, comme c’était le cas en 2008, l’entreprise que dirige M. Boutarfa n’aura pas de problème financier.

Mais le problème se posera à partir de 2010, car la société nationale d’électricité et du gaz aura à rembourser les emprunts qu’elle a contractés. Nadjib Athmane parle d’apport en ressources financières qui peut provenir soit de la hausse des tarifs, soit par d’autres moyens. D’ici à l’horizon 2017, l’Algérie produira plus de 10 500 mégawatts (MW) supplémentaires. Sur cette quantité globale, 5 600 MW sont en cours de réalisation. Pour réaliser un tel objectif, il faudrait dégager une enveloppe qui avoisine les 12 milliards de dollars. Il est également nécessaire d’investir un montant équivalent dans le transport et la distribution de l’électricité et du gaz. Ce qui porte la facture à 24 milliards de dollars pour les 10 prochaines années, soit un investissement de près de 2,5 milliards de dollars/an.

Ce sont des investissements décidés pour faire face à la demande sans cesse en augmentation. Elle est actuellement estimée à plus de 7 000 MW, mais elle sera de 12 500 MW à l’horizon 2017. Les pouvoirs publics sont parfaitement conscients de l’importance stratégique de ce type de projets. Par ailleurs, la récession qui a frappé le monde a fait baisser la tension sur les équipements de production. La Sonelgaz a donc plus de chance d’acquérir des machines à des prix abordables et de les réaliser dans des délais plus courts. En outre, il est prévu la mise en service dès 2009 de pas moins de 2 000 MW de centrales turbines à gaz pour couvrir une demande qui ne dure, en moyenne, pas plus de trois heures. La demande de base sera renforcée par les 1 200 MW de la centrale de type cycle combiné de Hadjeret En Nouss, dont la mise en service est prévue en mai prochain. Le plan 2 000 MW compte sept centrales électriques de type turbines à gaz : les centrales de Batna, Relizane, Larbaâ, Alger-Port, Oran-Est, Annaba et M’sila. Ces centrales viendront renforcer, consolider le système électrique et améliorer la qualité de service.

Près de 2 milliards de dollars US ont été engagés pour réaliser le plan de 2 000 MW, dont la mise en service est prévue au courant de l’année 2009. “En somme, en dépit des difficultés d’autofinancement de notre groupe générées par le gel des tarifs, nous prévoyons d’investir 210 milliards de dinars en 2009 dont 125 milliards de dinars en production et transport de l’électricité, soit une augmentation de 23% par rapport à 2008. Ceci représente également 145% de notre chiffre d’affaires”, a indiqué récemment le P-DG de Sonelgaz. Pour M. Noreddine Boutarfa, l’année 2009 sera ainsi “moins contraignante que les années précédentes, notamment en matière de capacité de réserve et de capacité de transit. Grâce à l’entrée en production des nouvelles centrales tout au long de l’année 2009”. Il a tenu à rassurer les citoyens : “Nous nous éloignerons définitivement de la gestion de la production à flux tendu et du spectre des délestages et ce, au bénéfice de notre pays.” Abordant la tarification des opérateurs activant dans la distribution, M. Athmane avoue qu’elle est fixée par une loi. Leur rémunération couvre leurs charges et leurs investissements et un bénéfice raisonnable.

source : Liberté

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