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Voir la version complète : FRANCE • Le malheur des uns fait le bonheur de Sarkozy


gdesmon
18/02/2009, 18h54
Après les critiques formulées par le chef de l'Etat contre la Grande-Bretagne, le correspondant du Times à Paris se devait de réagir. Ce qu'il a fait avec ironie et réalisme.

Nicolas Sarkozy aime tirer sur les ambulances – ce qui, en bon anglais, veut dire frapper quelqu'un à terre. Et la cible des assauts présidentiels n'est autre, cette fois, que la Grande-Bretagne. Tout le monde s'accorde sur un point : les Anglo-Saxons, prétendument si vertueux, sont devenus un parfait contre-exemple en matière de gestion de l'économie. Nicolas Sarkozy prêche des convertis lorsqu'il exprime tout son mépris pour les truands de la finance de la City et de Wall Street, comme il l'a fait lors de son intervention télévisée du 5 février dernier. Il a pourtant mis en avant des faits contestables, notamment en épinglant les travers britanniques et le prétendu divorce entre la Grande-Bretagne et son industrie. Or cette industrie britannique, quoique très souvent aux mains de capitaux étrangers, reste légèrement plus importante que la française, mais cela n'a pas empêché la vigueur du sermon du chef de l'Etat français.

La Schadenfreude française [joie provoquée par le malheur d'autrui] est bien compréhensible. Pendant trente ans, les Américains, les Britanniques et leurs émules n'ont cessé de dire à la France combien elle se fourvoyait : secteur public tentaculaire, industrie sous perfusion, trains modernes, subventions, prélèvements sociaux et réglementation du travail tiraient le pays vers le bas. Si les Anglo-Saxons faisaient la course en tête, s'entendaient dire les Français, c'était grâce à leurs économies flexibles, à bas coût et nourries à l'emprunt.

N'allez pas pour autant dire aux Français qu'ils s'en sortent bien. Ils souffrent eux aussi, avec un taux de chômage qui progresse à un rythme inédit depuis quinze ans. Simplement, leurs difficultés sont moindres que celles de toutes ces cigales dissolues et aujourd'hui bien contrites que l'on rencontre outre-Atlantique et sur les bordures occidentale et méridionale de l'Europe.
Nicolas Sarkozy, qui a toujours prôné l'interventionnisme et arbore aujourd'hui ses plus beaux atours gaullistes, est confronté à un vaste mécontentement qui pourrait bien déboucher sur l'un de ces épisodes insurrectionnels dont est jalonnée l'histoire de France. Cela a même peut-être déjà commencé, sous la forme de la révolte peu commentée des Guadeloupéens et des Martiniquais.

La France n'est pas encore entrée en récession, selon la définition communément admise. La croissance économique s'est poursuivie au troisième trimestre 2008, même si les chiffres publiés le 13 février font état d'une quasi-stagnation sur les trois derniers mois. La consommation des ménages se maintient relativement bien. Si les ventes de voitures ont dégringolé, les banques, plus prudentes que partout ailleurs, sont moins durement touchées. Plusieurs champions nationaux souvent raillés enregistrent des bénéfices corrects, tels Danone (le quatrième groupe agroalimentaire mondial), Publicis (le numéro deux mondial de la publicité), L'Oréal, Sanofi Aventis ou Total. Malgré le paquet de relance, le déficit budgétaire français ne dépassera pas les 5 % du PIB en 2009, contre 10 % attendus en Grande-Bretagne.
Cherchant à mater l'insurrection dans l'œuf, le président français a pris des accents étonnamment marxistes. Dans son intervention télévisée, il a exigé que les travailleurs reçoivent une part plus juste des bénéfices. Les entreprises doivent en octroyer un tiers à leurs salariés et un tiers aux actionnaires, le dernier tiers devant être réinvesti, a-t-il décrété.
Quels que soient les événements à venir en France, on peut prédire sans trop de risques que les autres démocraties industrialisées, comme elles l'ont fait régulièrement au fil des siècles, vont pendant un temps accorder leurs violons avec ceux de la France. Au programme : interventionnisme économique accru, davantage de redistribution des richesses et méfiance à l'égard de la libre circulation des capitaux.

Charles Bremner
The Times

DZone
18/02/2009, 19h09
Le système français n'est pas du fait de Sarkozy , d'ailleurs avant la crise , ce dernier avait pour modèle le libéralisme Anglo-Saxon ; Charles Bremner a toutes les raisons de s'en prendre à son gouvernement mais il faut rendre à César ce qui est à César!!!

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