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Voir la version complète : Algérie Télécom : «Ni privatisation, ni ouverture du capital»


shadok
19/02/2009, 13h32
Le groupe Algérie Télécom possède les moyens pour se développer seul mais souffre d’un déficit au niveau du management à tous les niveaux. Il ne peut pas s’attaquer au marché de l’international sans un bon management.


Intervenant, hier, sur les ondes de la chaîne III de la radio nationale, le président-directeur général d'Algérie Télécom, M Moussa Benhamadi, a coupé court à toutes les informations faisant état d'une éventuelle privatisation de ce groupe public de télécommunication. Le PDG du groupe a affirmé qu'Algérie Télécom ne sera pas privatisé et compte se développer avec ses propres moyens, sans ouvrir son capital au privé. « Pas de privatisation et pas d'ouverture du capital », a déclaré M. Benhamadi, justifiant sa décision par la disponibilité de moyens permettant au groupe de télécommunication de se développer seul. Algérie Télécom entend même se développer à l'international, via le rachat d'entreprises, notamment en Afrique, selon le premier responsable du groupe.

L'ouverture du capital d'Algérie Télécom était évoquée depuis plusieurs années. Une quarantaine d'opérateurs étrangers étaient intéressés par une prise de participation dans le capital de l'opérateur historique de téléphonie en Algérie. « Cette ouverture du capital ne se justifie plus maintenant. Nous avons les moyens pour nous développer seuls », a dit M. Benhamadi. Ce dernier a rappelé qu'Algérie Télécom, qui a réalisé un chiffre d'affaires équivalent à 60 milliards de dinars en 2008, compte l'équivalent de 50 milliards d'euros de créances impayées. Sur le plan investissement, le même responsable a indiqué qu'AT entend également investir 10 milliards de dinars entre 2009 et 2013 pour développer son réseau de fibre optique pour doubler le nombre d'abonnés au téléphone fixe, à six millions, à l'horizon 2013.

Selon les chiffres officiels, le taux de pénétration du téléphone fixe était de 10,6% en 2008 contre 5,02% en 2000. Selon ces mêmes statistiques, les supports de transmission de la téléphonie sont constitués de 79.000 km en fibre optique et en faisceaux hertziens. L'Algérie compte, par ailleurs, près de 4 millions d'internautes et 5.000 cybercafés. M. Benhamadi pour qui l'Internet peut s'avérer une source de compensation a indiqué que le déficit d'Algérie Télécom réside plutôt dans la « valorisation des compétences » et affirmera que l'amélioration de la gestion passe inéluctablement par une formation ciblée du personnel. Le même responsable a insisté sur la nécessité d'une aide de l'Etat. « Quand nous rendons des services à la population, comme c'est le cas pour la baisse des prix de l'ADSL, et que nous perdons dans l'affaire, l'Etat doit intervenir à travers des subventions », a-t-il soutenu.

M. Benhamadi avait déjà révélé en fin d'année écoulée que les créances détenues par Algérie Télécom auprès notamment des ministères et autres administrations publiques s'élèvent à quelque 70 milliards de dinars. Intervenant à l'occasion d'une conférence de presse organisée pour annoncer la tenue du premier salon algérien «Relation Client», le PDG d'Algérie Télécom, qui avait précisé que la plus grande partie des créances est détenue par des administrations publiques, a fait savoir que le chef du gouvernement était intervenu personnellement pour mettre un terme à cette situation. Il soulignera à cet effet qu'une circulaire de la chefferie du gouvernement avait été adressée aux administrations en question pour régler au plus vite leurs dus envers Algérie Télécom, dont la trésorerie a été sérieusement affectée depuis la généralisation du mobile en Algérie. « L'utilisation massive depuis 2005 et 2006 de la téléphonie mobile a affecté notre chiffre d'affaires », a-t-il déclaré, en soulignant cependant que cela ne doit pas être une fatalité et qu'il faut s'adapter à cette nouvelle donne. Il soulignera en outre que le problème ne réside pas dans l'existence du téléphone fixe, puisque, dira-t-il, plus de 500.000 nouvelles lignes ont été installées depuis l'année 2005, mais de son utilisation.

Le Quotidien d'Oran

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