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shadok
19/02/2009, 17h28
Une triste réalité ...
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Bouteflika, président à vie

Algérie. Le système est verrouillé pour lui permettre un troisième mandat.

Valeurs Actuelles
Hamid Lafrad
19-02-2009

Chef de l’État algérien depuis 1999, il a fait modifier la Constitution pour se présenter une troisième fois en avril. Malgré le bilan accablant du “système FLN” qu’il contrôle.

L’homme qui ne voulait pas être un trois quarts de président a simplement fini par prendre du galon, constate le quotidien el Watan. Élu en 1999, réélu en 2004, Abdelaziz Bouteflika, 72 ans en mars, ne pouvait pas, en principe, prétendre à un troisième mandat. Mais il a réussi à lever l’obstacle en obtenant du Parlement une révision de la Constitution, le 12 novembre dernier. À main levée et à la quasi-unanimité ! Le dernier rêve de Bouteflika est de construire la Grande Mosquée d’Alger, qui portera évidemment son nom.
Il a annoncé officiellement sa candidature ce 12 février, en dressant son bilan de dix ans de pouvoir. La maladie ne semble pas avoir de prise sur lui. Probablement miné par un cancer de l’appareil digestif, donné même mourant depuis février 2005, “Boutef” a déjoué tous les diagnostics. Malgré son mauvais état de santé, l’ancien diplomate s’est imposé comme le seul capable de maintenir le “système FLN”, dont il est depuis quarante-cinq ans l’un des piliers. Il porte à ce titre la responsabilité de l’échec de ce régime, naguère socialiste, qui n’a jamais su vraiment développer ce pays à l’immense potentiel économique. Ses ressources en hydrocarbures et ses riches terres agricoles auraient pu faire de l’Algérie une grande puissance de la Méditerranée. C’est loin d’être le cas.

À moins de deux mois du scrutin présidentiel du 7 avril 2009, Bouteflika peut compter sur le soutien de l’Alliance présidentielle qui forme la coalition au pouvoir : le FLN, le Rassemblement national démocratique et les islamo-conservateurs du Mouvement de la société pour la paix. « Il ne manque plus à l’appel que l’UGTA [Union générale des travailleurs algériens], le pendant syndical du FLN, et la boucle sera bouclée », constate Kamel, étudiant en sciences politiques à Alger. Abdelaziz Bouteflika attend, sait tout et réagit toujours aussi vite, comme le prouve le limogeage récent d’Ahmed Zaoui, directeur de la Bibliothèque nationale, “coupable” d’avoir délivré le dépôt légal au prochain livre du journaliste Mohamed Benchicou, déjà auteur de l’Imposture Bouteflika, ouvrage polémique qui révélait les mauvaises manières du maître de l’Algérie.

La route est pourtant moins dégagée que prévu. Le premier écueil est la baisse des cours du pétrole, tombé à moins de 40 dollars le baril, alors que l’économie algérienne tire de l’exportation des hydrocarbures 98 % de ses revenus. L’énorme matelas financier accumulé ces dernières années (plus de 120milliards de dollars de réserves de change) devrait diminuer sous la pression des importations, dont la facture s’élève à 27 milliards de dollars par an, en hausse constante. Les analystes proches du pouvoir n’avaient pas envisagé ce scénario défavorable, même si Bouteflika, en vieux renard, avait prévenu ses amis : « Si le prix du pétrole descend au-dessous des 70 dollars, l’Algérie devra immédiatement faire face à une grave crise. »

Lors de son arrivée au pouvoir, en avril 1999, il avait suscité un réel espoir au sein de la population, toutes opinions confondues. Face au terrorisme et aux difficultés économiques, il représentait un recours. Son bilan est des plus contrastés. Il a mis un terme à la guerre terroriste qui a ravagé l’Algérie entre 1992 et 1999. La loi de concorde civile de septembre 1999 a permis de rallier quelques milliers de militants islamistes et le terrorisme semble avoir été éradiqué, au prix d’une répression sans faille.

Corruption endémique, chantiers anarchiques, gaspillages financiers

La sécurité a été rétablie dans les grandes agglomérations (Alger n’a pas connu d’attentat depuis un an), même si la situation n’est pas aussi bonne dans les campagnes, toujours ensanglantées par des bandes terroristes.

L’échec économique est le plus cinglant. Bouteflika l’a lui même reconnu en juillet 2008, devant l’assemblée générale des maires, avec ce ton qu’il adopte souvent pour se décharger d’un fardeau et se faire plaindre par ses partisans : « Nous nous sommes trompés. Nous nous sommes rendu compte que nous avons fait fausse route. En matière de privatisation et d’investissement, nous nous sommes cassé le nez. »

Dix années de pouvoir pratiquement sans partage et plus de 150 milliards de dollars injectés dans l’économie n’ont pas amélioré la situation. De grands chantiers ont été engagés, comme la construction de l’autoroute est-ouest (900 kilomètres), le métro et le tramway d’Alger, 1 million de logement sociaux. Mais les Algériens ne s’y retrouvent pas, affectés par la dégradation de la vie courante et des infrastructures : le chômage touche 30% de la population (13 %, dit le régime).

La corruption reste endémique, la construction est anarchique, de mauvaise qualité, les installations d’assainissement sont défectueuses.« Effectivement, beaucoup d’argent a été dépensé, mais seulement 40 % des engagements ont été réalisés alors que la totalité des crédits a été engloutie », fulmine un haut fonctionnaire. Bouteflika riposte en disant qu’on lui a beaucoup menti. Il s’en prend d’ailleurs régulièrement à ses ministres «menteurs » ou «qui n’ont rien fait».Plus personne n’est dupe. Malgré un miniremaniement gouvernemental en septembre, ses principaux affidés sont restés en place.

Les autorités officielles tentent en ce moment de rassurer l’opinion. Mohammed Laksaci, le gouverneur de la Banque d’Algérie : « L’Algérie peut maintenir pendant plus de deux ans le rythme des investissements publics et assurer un financement bancaire soutenu des entreprises. » Ahmed Ouyahia, le premier ministre : « L’Algérie peut résister pendant plus de cinq ans à la crise, même si les prix du pétrole baissent au niveau de 37 dollars. » La presse favorable relaye cet optimisme: « L’Algérie va engager un nouveau programme de relance quinquennal doté d’une enveloppe de 100 à 150 milliards de dollars. »

Le son de cloche est différent dans les médias indépendants. L’éditorialiste du Soir d’Algérie ironise ainsi sur les 80 milliards de recettes d’exportations en 2008 : «Vous avez bien compris qu’il s’agit des exportations d’hydrocarbures. En d’autres termes, l’Algérie, ses cadres, ses intellectuels et ses ministres n’ont rien fait pour. C’est tombé du… sous-sol. Pour le reste, c’est la dèche, c’est le désert ! Sous d’autres cieux, une pareille annonce résonnerait comme un grave avertissement à une économie rentière et boiteuse. »

La situation dégradée suscite peu de candidatures à la présidentielle. Celle de l’ancien président Liamine Zeroual avait été évoquée, mais l’ex-général ne comptait plus assez de soutiens puissants au sommet de l’État. Il s’est retiré de la course.

Autre ancien président, Chadli Bendjedid, bientôt 80 ans, vient de sortir de sa réserve après plus de dix-sept ans de silence. Il affirme vouloir tout révéler. Sur qui ? Sur quoi ? Il n’a pas répondu mais seulement critiqué la révision de la Constitution : « On fait le serment la main sur le Coran de respecter la Constitution et on fait autre chose, je ne suis pas de ceux-là. »

L’attaque la plus violente contre la candidature d’Abdelaziz Bouteflika est venue du général à la retraite Rachid Benyelles, ancien patron de la marine algérienne. Dans une tribune publiée par le Monde et deux quotidiens algériens, l’ancien ministre des Transports (1986-1988) a dénoncé la situation de son pays : « C’est par l’odeur qu’il faut qualifier le règne de Bouteflika. Une odeur nauséabonde ; celle de la corruption, des scandales financiers, de l’immobilisme, des magouilles électorales, du pourrissement. »

D’Alger

Valeurs Actuelles :
http://www.valeursactuelles.com/public/valeurs-actuelles/html/fr/articles.php?article_id=4154

okba30
19/02/2009, 18h21
Qu'est ce qui a permis cet état de choses, c'est nous pardi par nos clivages idéologiques et régionalistes.
L'Algérie des généraux est un tas de fumier ou Boutef est assis sur le sommet ...
Et il s'y plait le cave.

hben
19/02/2009, 18h48
« C’est par l’odeur qu’il faut qualifier le règne de Bouteflika. Une odeur nauséabonde ; celle de la corruption, des scandales financiers, de l’immobilisme, des magouilles électorales, du pourrissement. »

Oui!!!
Mais en même temps, ce digne fils du sérail n'aurait guère fait mieux que Bouhef!!!

Pauvre Algérie! Pauvre de nous!!!

cisco33100
19/02/2009, 19h25
L'avenir de l'Algérie réside dans un éclatement en plusieurs régions ,si la masse des décideurs se positionne d'abord comme chaouis ou kabyle c'est que l'Algérie est un mythe .

quantumlight
21/02/2009, 10h19
:mrgreen::mrgreen::mrgreen::mrgreen::mrgreen::mrgr een::mrgreen:

absente
21/02/2009, 11h23
Le dernier rêve de Bouteflika est de construire la Grande Mosquée d’Alger, qui portera évidemment son nom.

Le dernier rêve de Bouteflika est de faire son dernier voyage avec des funérailles présidentielles et pas juste un simple citoyen.

noubat
21/02/2009, 12h34
Bouteflika, président à vie

a t'il des enfants?

ameur
21/02/2009, 12h39
a t'il des enfants?

normalement non,mais quand il s,agit d,une succession on sera surpris;)

quantumlight
24/02/2009, 10h44
:mrgreen::mrgreen::mrgreen::mrgreen::mrgreen::mrgr een::mrgreen::mrgreen::mrgreen::mrgreen:

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