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Voir la version complète : Le poids de l'agriculture française


gdesmon
20/02/2009, 12h13
Le Salon international de l’Agriculture, qui ouvre ses portes samedi 21 février à Paris, nous rappelle chaque année que la France demeure une grande puissance agricole alors que la PAC (politique agricole commune) est en train de disparaître laissant les agriculteurs aux règles du marché.

Deuxième exportatrice mondiale de produits agricoles et alimentaires derrière les Etats-Unis, la France dispose d’une agriculture vigoureuse, diversifiée et présente sur tout le territoire. L’agriculture française (agriculture, pêche, forêt, agroalimentaire) ne représente que 3,5% du PIB et 527.000 exploitants mais, en termes de production, elle occupe la première place au niveau européen et la troisième au niveau mondial.

Les champions

En 2007, la production agricole totale a crû de 10% pour atteindre 64,3 milliards d’euros selon les statistiques de l’Insee. La France est le premier producteur européen de céréales devant l'Allemagne et la Pologne. Avec 37 millions de tonnes en 2008, la récolte de blé a été l'une des meilleures de la décennie. Autres productions céréalières: le maïs (15,6 millions de tonnes) et l'orge (12 millions). La France est également le premier pays européen dans l'élevage bovin (viande) et de volailles et le deuxième derrière l'Allemagne pour la production de lait. Pour le porc, l'Hexagone figure loin derrière l'Allemagne et l'Espagne.

Commerce extérieur

Cette importante capacité de production permet à la France d’être le 2e exportateur mondial de produits agricoles bruts et transformés. Alors que la France a accusé un déficit extérieur total de plus de 55 milliards d’euros en 2008 le secteur agricole a permis de dégager un excédent de 9,3 milliards d’euros.

La France destine surtout ses exportations aux autres pays de l’Union Européenne (32,8 milliards exportés). L’excédent commercial avec l’UE atteint 8 milliards d’euros. Nos principaux clients sont l’Allemagne, la Belgique et le Royaume-Uni. Au premier rang des produits exportés: les boisons et alcools (11 milliards en 2007), puis les préparations alimentaires (6,2 milliards) et les céréales (5,5 milliards).

Vins et alcools

Ce secteur soulage la balance commerciale déficitaire de la France. En 2008, il a dégagé le deuxième excédent net (8,1 milliards d'euros) du commerce extérieur français, derrière l'aéronautique. Les Etats-Unis, l’Angleterre et l’Allemagne sont les premiers importateurs de vins et spiritueux français. Cependant la concurrence des vins du Nouveau monde (Californie, Chili, Australie…) a eu tendance à éroder les exportations françaises. Elles accusent un repli de 0,3% en valeur en 2008 à 9,31 milliards d’euros, en raison aussi d’une baisse de la demande extérieure.

Sur le marché mondial, la France est en perte de vitesse. Depuis quelques années, l'Italie lui a ravi la première place de producteur et plus récemment celle de premier exportateur (en volume mais pas en valeur). Après une faible récolte en 2007, les vendanges 2008 seront encore moins abondantes (43 millions d'hectolitres), le plus bas niveau depuis 1991.

Volatilité des cours

Les agriculteurs français, dépendants de l’extérieur pour écouler leurs stocks, sont de plus en plus soumis à la volatilité des cours des matières premières. D’autant que la PAC dont la fin est annoncée en 2012 ne garantit plus de prix planchers aux agriculteurs. En 2007, l’explosion de la demande de produits agricoles dans les pays émergents et une offre mondiale trop faible ont fait flamber les cours des matières premières agricoles, déclenchant des crises alimentaires dans les pays en développement. A cet excès de hausse, alimenté par la spéculation et le renchérissement du pétrole, a suivi une année 2008 d’excès inverse.

Les cours ont plongé car la récolte mondiale 2008 a été surabondante. Les stocks mondiaux se sont reconstitués. Le prix du blé est ainsi passé de 280 euros la tonne en 2007 à 142 euros aujourd’hui. Or depuis, la fin de la mort progressive de la PAC, les agriculteurs ne bénéficient plus de prix garantis ce qui accroit l’incertitude des exploitants français et européens, forcés de s’adapter à une volatilité croissante des cours.

Conjoncture 2008

Les effets des hausses et baisses des cours ne sont pas univoques sur l’activité agricole.

Structurellement, l’agriculture consomme beaucoup de ses propres produits (les intrants). La hausse du prix des matières premières se traduit par un coût plus élevé pour produire (acheter des engrais par exemple). Ce coût de production a continué à faire sentir ses effets en 2008 car les agriculteurs achètent leurs intrants à terme.

Les agriculteurs ont subi un effet ciseaux en 2007. D’une part, “les prix des productions animales répercutent la hausse des coûts des aliments pour animaux de 2007. Les charges des agriculteurs sont également alourdies par la flambée des prix des engrais et du fioul“, note l’Insee dans ses comptes prévisionnels 2008.

D’autre part, en raison de l’effondrement des prix en 2008, les recettes ont diminué. Au total, la valeur de la production agricole va augmenter faiblement. “Le résultat agricole net par actif en termes réels baisserait de 9 % en 2008 et le revenu net d’entreprise agricole par actif non salarié en termes réels de 15 % alors que ces deux indicateurs de revenu étaient orientés à la hausse depuis deux années“, pronostique l’Insee.

Revenus des exploitants

2008 marque le recul des revenus des agricoles. Le revenu des producteurs de bovins viande continue à se dégrader à -32% après -29% en 2007, un niveau proche de celui du début des années 1990. Le revenu des producteurs de légumes et de fruits, touchés aussi par le mauvais temps, est à la baisse en 2008, à respectivement -16% et -26%.

Cependant les revenus agricoles ont connu de forte progression en 2006 et 2007 grâce à la hausse des cours, surtout des céréales et oléo- protéagineux. En 2007, on a assisté à une très forte hausse du revenu des exploitations de grandes cultures (+65%) et des vins (+8%).

Dans ces deux filières, le revenu moyen par actif s’établissait (en moyenne entre 2005 et 2007) entre 30 et 35.000 euros annuel. Pour les plus bas revenus, dans la filière des ovins, le revenu était de 14.000 euros selon les statistiques du ministère de l’Agriculture.

Prix des terres par région

En 2007, la Haute-Normandie affiche le prix moyen les plus élevés des terres entre 6.000 et 7.000 euros l’hectare. La Champagne-Ardenne suit de près. Enfin, en Ile-de France, la valeur des terres à l’hectare est d’environ 6.000 euros.

Sur les 527.000 exploitations françaises, on compte 326.000 professionnels. Leur nombre a diminué à raison de 3% par an depuis 1988. Le nombre total d’exploitation était près du double il y a 20 ans.

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