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Voir la version complète : SUISSE • Le secret bancaire en danger


gdesmon
20/02/2009, 16h58
Face aux déboires d'UBS avec la justice américaine, les autorités suisses se retrouvent devant un cas de conscience. Doivent-elles ou non céder aux pressions venues des Etats-Unis et de l'Union européenne et accepter de briser un tabou ?

Encore une fois, les fautes d'UBS obligent le pays à changer d'époque [poursuivie par la justice des Etats-Unis pour avoir aidé des citoyens américains à échapper au fisc, UBS se croyait sortie d'affaire. Le 18 février, la banque suisse avait en effet accepté de payer une amende de 780 millions de dollars et de livrer les noms de 250 clients. Mais Washington exige maintenant des informations sur 52 000 comptes secrets]. Après avoir financé son sauvetage l'automne dernier [la banque a perdu 13 milliards d'euros en 2008], voici que les autorités sacrifient au nom de sa survie un secret bancaire dont Kaspar Villiger, l'ancien ministre des Finances et ancien président de la Confédération helvétique, disait qu'il n'était pas négociable, et que le président de l'Association suisse des 
banquiers présentait en 2004 comme "bétonné" pour quinze ans.

Gageons que tout ira désormais très vite. Cette crise à rebonds est trop brutale pour s'embarrasser de finesses juridiques. Et puisque la Suisse est prête à les piétiner elle-même, en violant ses propres lois, on voit mal que ses partenaires se gênent.

Juste avant le rebondissement judiciaire de jeudi soir, la réplique du séisme avait déjà surgi à Bruxelles : l'Union européenne réclame à l'avenir un traitement identique à celui consenti aux Américains. Les pressions étaient fortes, elles vont devenir écrasantes. Les déclarations de Nicolas Sarkozy ou d'Angela Merkel [qui souhaitent "moraliser les paradis fiscaux"], ces dernières semaines, ont bien montré les limites des amitiés traditionnelles : c'est au pur rapport de force que les cartes vont être rebattues. Et la Suisse vient d'admettre la faiblesse de sa position.

Ce coup de Trafalgar ne tuera peut-être pas le principe du secret bancaire, mais il risque de balayer la distinction que la Suisse entretient entre fraude et évasion fiscale. Pour conserver le premier, indispensable à la notoriété de la place financière, il s'agira sans doute de sacrifier la seconde.

Cette concession sonnerait le glas de la gestion de fortune transfrontalière et non déclarée, et ouvrirait un nouveau chapitre dans l'histoire de la place financière helvétique.

Quant à la leçon politique, elle est hélas trop évidente. La Suisse mesure combien il lui coûte de n'avoir pas anticipé les réformes que les autres vont exiger d'elle, en lui mettant le couteau sous la gorge. Elle aura beau réclamer de ses accusateurs qu'ils appliquent les mêmes changements dans leurs propres havres fiscaux : la pertinence de l'argument n'en garantira pas l'efficacité. Par tempête, l'isolement se paie comptant…

Jean-Jacques Roth
Le Temps (journal Suisse)

gdesmon
20/02/2009, 17h00
Selon une enquête menée par les autorités américaines, quelque 80 gestionnaires de fortune de la banque suisse UBS, munis de visas touristiques, ont profité de réceptions mondaines, de régates ou de tournois de tennis organisés aux Etats-Unis pour rencontrer discrètement leurs clients ou en recruter de nouveaux. Ils leur ont ainsi "vendu des produits et des services qu'ils n'avaient, pour une part au moins, pas l'autorisation de fournir aux Etats-Unis", profitant du secret bancaire pour les aider à soustraire au fisc plusieurs millions de dollars, explique Le Temps.

Un rapport du Sénat "détaille le luxe des précautions prises (ordinateurs cryptés, documents antidatés, transferts d'argent anonymes, simulations d'interrogatoire par le FBI) pour aider les clients de l'UBS à dissimuler leurs fonds en Suisse", poursuit le quotidien de Genève. Selon le même rapport, l'UBS a reconnu gérer en Suisse 19 000 comptes d'Américains non déclarés au fisc.

gdesmon
20/02/2009, 17h02
THE GUARDIAN •

La fraude fiscale explose dans l'Union européenne depuis quelques années, affirme le quotidien britannique. "Au point de coûter aux pays membres de l'UE plus que ce qu'ils consacrent à la politique agricole commune". En 2006, le Royaume-Uni devrait ainsi perdre 10 milliards de livres (14,5 milliards d'euros). "Et si les estimations sont correctes, la fraude fiscale représente une perte d'environ 50 milliards d'euros chaque année", note le journal.

NewYork
20/02/2009, 18h12
ça y est ce qui a été deja attendut vient de pointer son nez. si les regards vont commencer a se porter sur les banques ça sera le debut de la fin. preparez vous, la terre va chanceler

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