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Voir la version complète : Le CNES planche sur la relation franco-algérienne


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22/02/2009, 17h17
La relation franco-algérienne sera discutée, aujourd'hui, au palais des Nations de Club des pins, pour la première fois dans l'histoire du Conseil économique et social (CNES).

Fait inédit, la relation entre l'Algérie et la France fera l'objet de discussions à partir d'aujourd'hui, au palais des Nations, entre le CNES et le Conseil économique, social et environnemental (CESE) de France. L'événement, dénommé « session conjointe de concertation entre le CNES d'Algérie et le CESE de France » est sous-tendu par un autre fait, encore plus rare, puisqu'il aura lieu, selon le communiqué de presse, « alternativement et successivement en Algérie et en France ». La session en question débutera donc à Alger aujourd'hui et demain, lundi, et sera déplacée pour se poursuivre après-demain, mardi, à Marseille. Elle durera en tout du 22 au 25 février en cours. Initiée par Mohamed Seghir Babes et Jacques Dermagne, respectivement président du CNES et président du CESE, cette rencontre conjointe se penchera sur des thèmes très particuliers par rapport à ceux habituellement débattus par ces espaces. Il est prévu l'organisation de six tables rondes « paritairement réparties », lit-on dans le communiqué de presse, dont celle inaugurale, celle du palais des Nations d'Alger, qui se tiendra sous un intitulé qui, disent ses initiateurs « s'attachant aux clés pour comprendre et requalifier la relation Algérie-France, traitera du rôle indépassable des sociétés civiles organisées face aux défis et enjeux d'une mémoire apaisée, car assumée et partagée».

Tout en rappelant que « cette rencontre (est) inédite, dans son format, et exceptionnelle, par la nature et la portée des thématiques inscrites à son ordre du jour », les organisateurs notent, par la même occasion, qu'elle a « donné lieu à une programmation minutieuse arrêtée de concert par les deux institutions homologues ». Cette initiative se veut, lit-on, « être fortement fondatrice d'un espace de dialogue et de concertation entre les sociétés civiles organisées des deux pays qui viendraient, ainsi, prendre rang incoercible au coeur de la relation partenariale Algérie-France dans son ensemble et ce, au travers de la diversité de ses dimensions économique, sociale et culturelle, telles que portées par tous les autres acteurs au sein des cadres institutionnels et péri-institutionnels, formant pont coopératif entre les deux pays ».

En omettant de préciser la dimension politique de la relation, l'on devrait comprendre que le CNES et le CESE, réunis, ne visent pas de se substituer aux responsables politiques des deux pays ni n'ont la prétention de dépassionner ce qui n'a pu l'être depuis toujours entre eux. Il semble, cependant, que ces conseils sont tout indiqués pour constituer des espaces où se concerteraient les représentants de la société civile dans toutes ses franges, y compris celle politique pour justement tenter de dépasser les antagonismes qui divisent les deux pays. D'ailleurs, de part leur composante, les conseils économiques et sociaux abritent toutes les catégories socioprofessionnelles y compris celles des institutions de l'Etat, dont les représentants au sein du CNES algériens sont désignés par les soins du président de la République sous l'appellation « intuiti personae ».

C'est, probablement, à cet effet que les organisateurs recourent, comme mentionné dans leur communiqué, « au rôle indépassable des sociétés civiles organisées » qui, de surcroît, se voient aujourd'hui appelées à faire « face aux défis et enjeux d'une mémoire » que l'ont veut « apaisée car, assumée et partagée ». Ce qui n'est pas rien, bien au contraire, puisque cette même société civile veut se hisser « au rang incoercible au coeur de la relation partenariale » entre les deux pays ». Tout est dans les termes du communiqué qui semblent avoir été choisis minutieusement, - tout autant que les thèmes de cette rencontre - pour tenter de dégeler une relation qui donne l'impression de s'être figée au fâcheux épisode de la mise sous contrôle judiciaire par la France, du diplomate algérien Hasseni.

Ghania Oukazi
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22/02/2009

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