PDA

Voir la version complète : Les Murs d’Alger au Getty Center à Los Angeles


morjane
25/02/2009, 17h09
Walls of Algiers : Narratives of the City » (Murs d’Alger, histoires de la ville) est l’intitulé d’une exposition prévue du 19 mai au 18 octobre 2009 à Los Angeles, Etats-Unis. Elle est organisée par The Getty Research Institute (GRI), qui relève de la fondation Paul Getty, du nom du célèbre industriel américain.

Le Getty Center, musée conçu par l’architecte Richard Meier sur une colline de Brentwood, dans la périphérie de la métropole californienne, va abriter l’exposition. L’histoire d’Alger, des XIXe et XXe siècles, sera passée en revue à travers des photos, des cartes postales, des livres illustrés et des dessins. La bibliothèque du GRI possède plus de 1300 photos de l’Algérie du XIXe siècle, c’est l’une des collections les plus importantes en Amérique du Nord.

L’exposition s’intéresse de près à l’aspect architectural de la capitale algérienne marqué par une dualité entre l’héritage musulman et la construction coloniale. Les transformations, parfois forcées, introduites par le colonialisme français sont soulignées dans le document rendu public cette semaine par le GRI.

Il y est noté la démolition d’une partie de la Grande Mosquée d’Alger (une bâtisse qui date du XIe siècle) et la destruction de la mosquée Al Sayida pour donner un aspect « rue Rivoli » à la façade maritime d’Alger. « Les Français ont forcé des Ottomans à quitter la ville pour occuper leurs maisons qu’ils ont transformées en casernes, lieux de culte, musées et librairies », souligne-t-on.Des enregistrements sonores de la romancière algérienne Assia Djebar, du cinéaste italien Gillo Pontecorvo (le réalisateur de La Bataille d’Alger) et du philosophe français Jean-Paul Sartres seront également proposés au public autant que des extraits de romans et de poèmes qui racontent Alger. L’exposition se focalise aussi sur les différentes communautés qui composent la structure humaine de la capitale algérienne. L’artiste américain Dennis Adams proposera un montage d’images fait à partir des films A bout de souffle de Jean-Luc Godard (réalisé en 1960) et La Bataille d’Alger (1966).

Un livre portant le titre de l’exposition sera édité par University of Washington Press à l’ouverture de la manifestation artistique. Il s’agit d’une collection de textes et d’images sur Alger, rassemblés par Zeynep Celik du New Jersey Institute of Technology, Julia Clancy-Smith et Frances Terpak du GRI. Un symposium ouvrira les débats sur Alger et l’architecture coloniale. Il sera animé par Nadjib Berber (auteur de bande dessinée et publiciste), Dennis Adams, Nabila Oulebsir (historienne d’art), Jean-Louis Cohen (historien urbaniste) et Mary Roberts (universitaire). Le Getty Center, riche de plus de 800 000 ouvrages sur l’art, s’est spécialisé en arts décoratifs, manuscrits, photos et sculptures modernes.

La fondation Getty, propriétaire du musée et de la villa Getty à Malibu (abritant des collections d’antiquités grecques et romaines), a été créée par le magnat du pétrole Paul Getty pour appuyer toutes les formes des arts visuels. Le GRI fait des recherches approfondies sur les arts et leur histoire. Il offre des programmes de formation pour les chercheurs et publie des ouvrages variés. Sa bibliothèque, spécialisée en art et en architecture, possède presque 900 000 livres, périodiques et catalogues. Par ailleurs, le centre John F. Kennedy pour les Arts scéniques de Washington D.C. organise, depuis le 23 février jusqu’au 15 mars 2009, une manifestation culturelle ouverte, « Arabesque : arts du monde arabe », en collaboration avec la Ligue arabe. Près de 800 artistes sont conviés à y prendre part.

Au menu : expositions de photos et de sculptures, performances musicales, pièces de théâtre, spectacles de danse et présentation des arts culinaires. Côté algérien, Samir Bouanani de la coopérative théâtrale Hammou Boutlélis présentera le 1er mars un one man show, Homme marié en vacances (texte écrit par Mourad Senouci), Djamel Laroussi et son groupe Marabouts animeront un concert de musique, Rabah Ameur-Zaimeche permettra au public américain de découvrir son long métrage Adhen ou le dernier maquis (réalisé en 2008) et le chorégraphe franco-algérien Abou Lagraa de la compagnie Baraka présentera Allegoria Stanza, un spectacle de danses mêlant hip-hop et effets visuels.

Par El watan

Cookies