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Voir la version complète : Rapport du FMI sur l'économie algérienne


fusion
01/03/2009, 11h51
Le rapport du FMI sur l'économie algérienne rendu public hier est une lecture toujours intéressante tant par ce qui y est signalé que par ses non-dits. Le texte, dans la plus belle langue de bois habituelle, prend acte de la bonne position financière du pays mais exprime une certaine inquiétude pour le moyen terme dans le cas où le prix du baril resterait durablement bas.
Les constats sont très généraux et l'appréciation très conventionnelle. Satisfecit pour le maintien des dépenses d'infrastructures à un niveau élevé et pour l'engagement des autorités à contenir les dépenses et notamment la masse salariale. On comprend que, dans le contexte de la récession mondiale, le FMI soit heureux de voir l'Algérie maintenir des investissements réalisés par des entreprises internationales. Sans surprise, le FMI appuie les « plans visant à lier les futures hausses de salaires aux gains de productivité et aux résultats de croissance ». On ne peut attendre autre chose du FMI même si, au plan des salaires, des promesses se font entendre, ici et là, en dépit de l'engagement officiel de les lier à la productivité et à la croissance.
Question de « climat » sans doute. Les vrais reproches qu'on lit en filigrane du texte du FMI se rapportent à un autre « climat », celui des affaires, censé être rédhibitoire en Algérie. Le rapport porte sur 2008 et on peut s'attendre, à la lumière des mesures d'encadrement des investissements étrangers et de l'activité de l'importation prises ces derniers mois, à ce qu'il soit encore moins apprécié en 2009. Rien de bien nouveau sous le soleil du business. L'Algérie traîne depuis longtemps une mauvaise réputation dans ce domaine, ce qui bien entendu n'empêche pas qu'on y fasse des affaires juteuses et peu profitables à l'économie du pays. Dans le classement du Doing Business 2009, l'Algérie figure à la 15ème place sur les 19 pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, juste avant la Syrie, l'Iran, l'Irak et Djibouti. Mais qu'entend-on par climat des affaires en Algérie ? Une bureaucratie encore lourde, des politiques économiques incertaines et changeantes ?
Ce n'est pas un secret : il est bien plus aisé de créer une entreprise chez nos voisins. On oublie cependant de souligner que, par exemple, la Tunisie gère ses importations de médicaments via la pharmacie centrale qui veille à éviter de laisser entrer ce qu'elle produit. Au fond, ce fameux climat tiendrait surtout à la nature d'un pays producteur d'hydrocarbures et consommateur de tout le reste.
En dépit de ce déplorable « climat », beaucoup d'affairistes s'occupent à vendre aux Algériens ; de puissants importateurs sont là pour rendre inutile que l'on se préoccupe de produire. Le climat est franchement hostile pour l'investissement productif, mais pour le commerce en tout genre, il est idéal. Gageons que ce n'est pas le climat des investissements productifs qui inquiète le FMI et les « investisseurs étrangers », mais bien celui du commerce.
Le vrai problème est que l'Algérie, en signant l'accord d'association et en haletant derrière l'accès à l'OMC, souscrit à une vision qui réduit le pays à un marché de déversement commercial. Les dernières mesures, prises dans le souci de réduire la facture des importations, donnent ainsi la « mauvaise image » d'être revenu sur un choix essentiel.

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