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Voir la version complète : Ce que Bouteflika attend des agriculteurs


mendz
01/03/2009, 22h17
En annonçant, samedi à partir de Biskra, l’effacement des dettes contactées par les agriculteurs et éleveurs auprès des banques et leur endossement par le trésor public, Abdelaziz Bouteflika attend un retour d’ascenseur afin de réduire la facture alimentaire annuelle qui avoisine les 7 milliards de dollars.

Cela a commencé par l’instauration, à partir de juillet dernier, des contrats de performance proposés aux exploitants agricoles. Dans l’esprit du chef de l’Etat, le retour à l’or vert s’impose après qu’il ait été abandonné, durant plusieurs années, avec la prédominance des recettes pétrolières au détriment de l’activité agricole affaiblie en raison du manque flagrant de stratégie de développement en dépit de la mobilisation d’importantes ressources financières, du rétrécissement des superficies agricoles par une urbanisation anarchique et enfin le faible intérêt de la communauté rurale pour le travail de la terre.

Aujourd’hui, avec l’effondrement des prix du brut et les effets néfastes de la crise financière mondiale qui peuvent encore perdurer, la seule alternative pour sauver ce qui pouvait encore l’être est la relance du secteur de l’agriculture avec une option de choix pour les cultures extensives. 41 milliards de dinars épongés, des crédits sans intérêts ainsi que le subventionnement des aliments (de bétails) pour les éleveurs ne peuvent que permettre aux professionnels du secteur de respirer. Ces mesures incitatives ont été, depuis plusieurs années, des revendications exprimées par l’union paysanne et la Chambre de l’agriculture.

Par ailleurs, un soutien technique sera apporté par les services spécialisés au bénéfice de toutes les activités agricoles et d'élevage et de l'augmentation de la formation d'ingénieurs et de techniciens des différentes filières agricoles. Les coopératives agricoles et d'élevage sont désormais éligibles au recrutement de diplômés universitaires et de la formation professionnelle dont le salaire sera partiellement et temporairement versé par l'Etat. Les mesures de soutien spécifiques aux différentes filières agricoles et d'élevage seront apportées respectivement pour la production de semences et plants (céréales, légumineuses, arboriculture, pomme de terre), et pour la production de céréales et de légumes secs, de pomme de terre, ainsi que des soutiens à l'élevage, à la production et à la collecte de lait, à l'oléiculture, à la filière de la datte, à l'arboriculture fruitière et aux cultures maraîchères.

La production et la multiplication

Concernant la production et la multiplication de semences de céréales, un soutien de 30% est prévu pour l'acquisition en leasing de matériel de production et d'irrigation et pour les infrastructures de stockage, ainsi que des primes de multiplication de semences allant de 10 à 20% du prix de vente. Des soutiens financiers de 30% seront également appliqués à la production et la multiplication de plants de la pomme de terre pour l'acquisition en leasing de certains équipements et ce, outre des primes de multiplication de plants (entre 4 et 30 dinars/kg selon les catégories) et de stockage sous froid (0,75 dinar/kg). Pour la production de plants arboricoles et viticoles, un soutien de 60% sera apporté pour la création des plantations avec des plafonnements par catégorie de plants, ainsi qu'un soutien de 30% pour la réalisation des infrastructures et l'acquisition des équipements pour la production de plants en hors sol.

La production et la multiplication de semences de légumineuses alimentaires bénéficieront aussi d'un soutien de 30% pour l'acquisition en leasing de matériel agricole de récolte et d'irrigation ainsi que de primes de multiplication allant de 20 à 35 % du prix de vente. Pour soutenir la production de la pomme de terre, des aides seront instaurées pour l'acquisition en leasing de matériels agricoles (aide de 25 à 40%) et l'irrigation de l'eau (aide de 30%) auxquelles s'ajouteront des primes allant de 5 à 30 dinars/kg pour la multiplication de semences et d'une prime de 0,75 dinar/kg pour le stockage de semences sous froid.

Par ailleurs, des mesures en faveur des éleveurs vont être instaurées pour les éleveurs ovins et caprins. Le dispositif portera sur la prise en charge des frais, notamment de l'insémination artificielle et de la vaccination, le soutien aux cultures fourragères et pastorales, de la mise à disposition des éleveurs, à travers les CCLS, de l'orge au prix subventionné par l'Etat en cas de sécheresse, une aide pour la création de centre de multiplication et de sélection des animaux reproducteurs, ainsi qu'une aide plafonnée au développement des fromageries.

L’aviculture et l’élevage

Concernant le soutien de la filière avicole et du petit élevage, il sera institué une aide à la rénovation des bâtiments d'élevage à hauteur de 20% (plafonnée à 1 million de dinars), une aide à l'investissement dans l'industrie de transformation à hauteur de 20% (plafonnée à 1 million dinars) et un soutien à l'acquisition de cheptels pour la diversification de l'élevage à travers une aide de 30% pour l'acquisition de dindes et une aide de 40.000 dinars pour l'achat de lapins reproducteurs, et un encouragement aux abattoirs.

Pour l'oléiculture, des aides sont prévues pour le soutien de cette filière la raison d'une aide de 60% pour l'achat de plants et de 30% respectivement pour le greffage, pour la réalisation d'huileries de transformation, ainsi que pour l'acquisition d'équipements de stockage pour la conservation et l'amélioration de la qualité. La filière de la datte bénéficiera, quant à elle, d'un soutien au rajeunissement et à la création de palmeraies à raison d'une aide de 70.000 dinars/ha et d'une aide de 30% plafonnées sur le prix d'acquisition d'équipements hydrauliques, d'un soutien à la préservation des palmeraies à travers la prise en charge des traitements de lutte contre les parasites ainsi que d'une aide de 25% plafonnée sur les frais de préservation et de modernisation des palmeraies.

Un soutien au conditionnement pour l'exportation sera apporté pour la filière des dattes par une aide de 25% plafonnée pour la création d'unités de conditionnement et un encouragement à l'exportation allant de 5 dinars/kg en vrac à 8 dinars conditionné en emballage. Pour l'arboriculture fruitière, une aide de 60% est prévue pour la réalisation de plantations (achats de plants pour agrumes, figuiers, noyers...). Une aide variant entre 25 et 40% est également prévue pour l'intensification de l'arboriculture par l'acquisition de matériel agricole et d'irrigation ainsi que d'une aide de 30% pour les systèmes d'irrigation.

Les agriculteurs ont exprimé leur engagement à adhérer au processus de renouveau agricole et rural


Les cultures maraîchères bénéficieront d'une aide de 30% pour l'acquisition et la réalisation de serres, tandis qu'une aide variant entre 20 et 40% pour les actions de soutien à l'intensification de cette filière. De nombreux agriculteurs ont accueilli favorablement, samedi à Biskra, les décisions annoncées par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, pour soutenir le secteur de l'agriculture en Algérie.

Dans ce contexte, des agriculteurs de différentes wilayas du pays ont indiqué que cette décision permettrait d'alléger les contraintes financières dont souffre l'agriculteur,et qui se sont accumulées en raison de plusieurs facteurs, notamment la sécheresse qui a provoqué le recul des récoltes et de la production animale, ainsi que la situation sécuritaire qui a poussé les gens dans plusieurs régions à vocation agricoles à déserter leurs terres et renoncer au travail de la terre.

Les agriculteurs ont exprimé leur engagement à adhérer au processus de renouveau agricole et rural. Ils ont salué, à cet effet, les mesures incitatives mises en place par le gouvernement et qui viennent d'être renforcées par les importantes décisions du président de la République en faveur du monde agricole et rural. Dans ce cadre, une exploitante agricole de la wilaya d'Adrar a réitéré son engagement en faveur de la vision adoptée par l'Etat pour garantir la sécurité alimentaire, notamment en matière de production de céréales, affirmant qu'elle exerce cette activité depuis plus de 15 ans et qu'elle a pu élargir la superficie des terres réservées à la céréaliculture en quelques années grâce à la mise en valeur des terres.

Par ailleurs, plusieurs agriculteurs et autres paysans ont soulevé nombre de préoccupations concernant l'amélioration de leur accompagnement par l'Etat. Les préoccupations portent sur le renforcement des infrastructures et des structures administratives, sociales, éducatives et sanitaires afin de faciliter la sédentarisation des populations rurales ainsi que la promotion du réseau des transports, notamment ferroviaire dans les régions éloignées du sud pour une meilleure commercialisation de leurs produits à travers le territoire national. Le président de la République a annoncé, samedi à Biskra, d'importantes mesures incitatives destinées à soutenir et à renforcer le secteur de l'agriculture et de l'élevage, dont notamment l'effacement de la dette des agriculteurs et des éleveurs et le soutien financier pour l'acquisition de matériel de production et d'irrigation.

Le Financier

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