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mendz
02/03/2009, 19h48
PARIS (Reuters) - L'indice phare de la Bourse de Paris et les autres grands indices boursiers sont encore loin d'avoir touché leurs plus bas, le secteur financier occidental étant toujours dans un quasi-coma, estiment ses professionnels.

"On a eu ce matin l'énorme augmentation de capital d'HSBC, puis une nouvelle aide publique massive d'AIG. On n'a pas encore touché les plus bas. Les mauvaises nouvelles sur les banques et les assurances s'accumulent. Ça n'en finit pas et ça n'a pas l'air d'être fini", dit un trader d'une grande banque américaine.

"Cette crise n'en finit pas. C'est la crise de la malhonnêteté. Les Etats sont là pour aider mais jamais assez. C'est un puits dans fond", dit un trader d'une maison de courtage européenne.

Pour Pierre Vignaud, analyste graphique chez CM-CIC Securities, les marchés boursiers sont entrés dans "une nouvelle ère, le laminage des cours".

"Les augmentations de capital et les réductions de dividende vont réduire les liquidités. La communication des sociétés financières manque de transparence", dit-il dans une note.

Nombre de banques et de sociétés d'assurances ont tenté de rassurer à l'automne dernier sur leur solidité financière après l'annonce de la faillite en septembre de la banque américaine Lehman Brothers qui fut le grand tournant de la crise et qui a précipité la chute des Bourses.

Ce lundi, HSBC, un des géants mondiaux de l'industrie bancaire, a annoncé une augmentation de capital d'une taille sans précédent : 12,85 milliards de livres (14,2 milliards d'euros).

L'assureur américain AIG, un mastodonte dans son secteur, a annoncé une perte sans précédent aux Etats-Unis (61,7 milliards de dollars au 4e trimestre 2008, soit 49,2 milliards d'euros) et a obtenu une aide supplémentaire de 30 milliards de dollars du gouvernement fédéral qui lui avait déjà accordé une aide de 150 milliards de dollars.

"Aucune banque ne peut échapper à une augmentation de capital", estime Sébastien Barthélémi, responsable de la recherche crédit chez Louis Capital Markets.

"C'est un mouvement assez violent, toutes les banques souffrent", estime un analyste.

Dans ce contexte, l'indice CAC 40 a enfoncé lundi la barre de 2.600 points avec un plus bas à 2.594, un niveau proche des plus bas d'avril 2003, en plein dégonflement de la bulle internet. Vers 16h50, le CAC chutait de 3,58% à 2.605,80.

Plusieurs professionnels voient l'indice descendre encore vers son plus bas de 2003 soit 2.401 points.

Pierre Vignaud va plus et estime que "les indices sont entrés dans un nouveau cycle baissier à long terme".

"Entre septembre et octobre, l'indice (CAC 40) a enfoncé son support de tendance à 30 ans (1978/2008, autour de 3.300)", explique-t-il.

L'analyste technique a une première cible sur le CAC vers 2.550/2.580 qui correspond à 66% du retracement de la vague de hausse 1978/2008 puis 2.180 qui, selon lui, est le bas du canal baissier initié à l'automne dernier.
"Des rebonds sont possibles vers les niveaux de 2.770/2.840. Mais, l'indice est baissier à long terme. Sur les trois ans à venir, il est coiffé à 3.750/3.900", dit-il.

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