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Voir la version complète : Formation en management:Le Maroc, un hub régional


walid85
03/03/2009, 11h54
Le Maroc est en train de devenir un hub en matière de formation en management dans la région de l'Afrique du Nord et de l'Ouest, écrit lundi le quotidien britannique des milieux d'affaires, "The Financial Times".



Le Maroc demeure parmi les voisins sud de l'Union européenne (UE), qui réalisent une croissance rapide, offrant des opportunités économiques non seulement pour les compagnies mais également et pour les grandes écoles et instituts de formation du vieux continent, indique le journal, soulignant que l'ambitieux projet de mettre en place l'Union pour la Méditerranée (UPM) visait justement la mise en place d'un cadre institutionnel pour cette réalité. Certaines écoles françaises de management se sont déjà engagées dans un processus de renforcement des relations avec leurs homologues dans la région du Maghreb, à travers notamment l'élaboration de programmes de formation et de recherche, alors que d'autres utilisent les institutions éducationnelles d'Afrique du nord comme «vitrines» pour leurs programmes, indique «Le Financial Times» en guise d'illustration de l'engouement que suscitent actuellement les pays du Maghreb au moment où les pays de l'UE font face à un ralentissement notable de leur croissance.

Rappelant les liens historiques entre les pays d'Afrique du Nord et de l'Ouest avec la France, le journal rose cite comme exemple l'intérêt croissant des instituts européens dans la région, les relations de partenariat tissées par l'Ecole de management de Grenoble EM avec des partenaires maghrébins dont l'Ecole supérieur du commerce et des affaires (ESCA) de Casablanca.

La décision des compagnies françaises, implantées dans plusieurs pays d'Afrique du Nord et de l'Ouest, de réduire leur staff expatrié dans ces régions, a crée un besoin de cadres locaux qualifiés pour mener l'expansion de ces compagnies, indique «Le Financial Times».

Jacques Digout, chef du programme Maghreb au sein de l'école de gestion ESC-Toulouse, confie au journal que les managers marocains, ayant une formation française, perçoivent des salaires importants, une situation qui engendre une demande élevée en matière de formation.

Le quotidien britannique souligne, par ailleurs, le grand essor que connaît le secteur des communications au Maroc, avec notamment l'introduction de connexion Internet à haut débit dans la majeure partie du pays, un développement qui place le Maroc dans une situation de parité avec la France.

La concurrence dans le domaine du transport aérien contribue, elle aussi, au renforcement de la place qu'occupe le Maroc et partant aux changements que connaissent les relations académiques du Royaume avec l'Hexagone, ajoute le journal.

«Il est à présent moins cher de voyager de Lyon à Casablanca que de prendre le TGV à Paris», indique, dans ce sens, le professeur Jean-François Fiorina, qui dirige le groupe Maghreb au sein de l'association des Grandes Ecoles de France.

«Le Financial Times» indique, dans ce cadre, que l'école Grenoble EM a mis en place un programme conjoint avec l'ESCA de Casablanca dispensant une formation pour 300 étudiants.

La collaboration entre les deux instituts est tellement profonde que les deux partenaires ont mis en place un centre de formation aux technologies d'information, basé à Casablanca, ajoute le journal, relevant que ce partenariat est en train de faire de Casablanca un hub de formation dans le domaine des affaires pour l'Afrique francophone.

Les étudiants en provenance d'Afrique subsaharienne trouvent dans ce centre une formation financièrement plus abordable et plus accessible mais surtout fiable aux yeux des employeurs locaux, indique le professeur Fiorina.

Le journal, qui souligne que la collaboration entre Grenoble et l'ESCA couvre également la recherche dans le domaine de l'impact de la technologie et de l'innovation dans les marchés émergents, note que la perception selon laquelle le Maroc demeure la destination la plus prometteuse pour le développement de ce genre de relations entre l'Europe et le Maghreb, est largement partagée par les opérateurs du secteur.

Jacques Digout, dont l'institut attend le feu vert du Maroc pour la mise en place d'un programme de Masters des affaires à Casablanca, souligne qu'avec un taux de croissance économique de l'ordre de 5.3% prévu cette année au Maroc, le Royaume se présente comme un marché prometteur pour l'enseignement d'affaires.

Si l'Ecole ESC-Toulouse aide également à développer des programmes dans ce sens à l'institut national de commerce à Alger, Casablanca demeure au cœur de son plan de développement au Maghreb, souligne «Le Financial Times», ajoutant que la capitale économique et financière marocaine deviendra le troisième centre de l'ESC après Toulouse et Barcelone.

De son coté, Thami Ghorfi, Président de l'ESCA de Casablanca, souligne que le Maroc est bel et bien en passe de devenir un hub dans ce domaine pour la région d'Afrique du Nord et de l'Ouest.

«Le Financial Times» rappelle, dans ce cadre, les liens de partenariat que l'institut casablancais a développé avec 12 écoles de management à travers le monde.

«Le contexte international est d'une grande importance», indique Ghorfi, ajoutant que des compagnies venues du monde entier s'intéressent de plus en plus à la région du Moyen-Orient et d'Afrique du nord.

«Le Financial» souligne, par ailleurs, que depuis sa création en 1992, l'ESCA a été gérée comme une véritable entreprise, avec pour mission, comme l'explique Ghorfi, de développer les ressources et les compétences humaines, en particulier dans le domaines des affaires et de l'administration.

«En développant la compréhension personnelle des étudiants et des professionnels, nous contribuons au développement des compagnies et partant du pays», ajoute Ghorfi.

Grâce aux liens de partenariat tissés avec d'autres instituts de management au Michigan (Etats-Unis), à Budapest (Hongrie), à Madrid et même en Chine, l'Ecole marocaine dispense des programmes de formation qui n'ont rien à envier aux grands instituts du monde.

Offrant des programmes de Masters, un EMBA et un MBA, l'ESCA forme actuellement quelques 1.000 patrons de compagnies marocaines par an, conclut le quotidien londonien.

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