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Voir la version complète : La femme rurale à la conquête de son autonomie en Algérie


morjane
22/03/2009, 12h14
En Algérie, belle initiative des directions de la petite et moyenne entreprise et de l’artisanat, de la formation et de l’emploi et de l’agriculture de la wilaya de Boumerdès qui organisent à partir de jeudi dernier une exposition-vente réservée aux femmes rurales .

Pour une première, MM. Hamadi, chargé du secteur de l’artisanat, Arab, du secteur de la formation et de l’emploi, et Merakchi de l’agriculture peuvent être satisfaits. 43 stands ont été érigés sur l’esplanade de la maison de la culture Rachid-Mimouni, à quelques dizaines de mètres de la grande bleue.

On y trouve des produits de qualité faits des mains de femmes au foyer ou celles suivant des formations dans les CFPA. Du couscous sec, de la rechta, du miel et autres produits alimentaires authentiquement du terroir, des gâteaux, de la poterie, des bijoux, de la lingerie traditionnelle, de la broderie, de la tapisserie traditionnelle ou des plantes et fleurs d’intérieur ou de jardin comme chez les jeunes femmes de Leghata. Il régnait un climat convivial que seules les femmes savent instaurer. Le stand des dames du CFPA de Taourga n’a pas désemplit en ce premier jour.

Ces femmes au foyer qui suivent une formation dans l’établissement en question ont mis sur leur table d’exposition achekhchoukh, tighrifine (crêpes), la galette, sfindj, et elles offraient des m’hadjeb chaudes et délicieuses. Mme Benelhadj, femme au foyer, confectionne devant les visiteurs des gâteaux à la confiture. Elle suit une formation sur la pâtisserie au niveau de l’Institut de formation touristique du Figuier. Elle n’exclut pas de chercher un emploi à l’issue de son stage. «Nous délivrons une attestation de stage à nos apprenties femmes au foyer», dira Mme Assas, directrice des études et des stages de cet établissement qui dépend de la direction de la formation et de l’emploi.

Devant l’engouement des femmes qui souhaitent suivre une formation, l’institut ouvrira une section pour la cuisine gastronomique et une autre pour la restauration en salle, affirme Mme Assas. Plus loin, un groupe de jeunes femmes de Leghata met en vente des plantes d’intérieur qu’elles ont elles-mêmes cultivées. Halima, une sympathique jeune fille, fellaha de son état, parle avec passion de ses expériences dans les domaines de l’aquaculture, l’arboriculture et l’élevage bovin. Visitant cette foire, le wali de Boumerdès, Merad Brahim, qui a constaté le succès de cette expérience, a demandé aux responsables de la reconduire sur une dizaine de jours.

D’ores et déjà, l’on pense également à l’organiser durant les week-ends pendant la saison estivale. De son côté, le P/APC du chef-lieu de la wilaya nous a déclaré qu’il a passé commande d’une centaine de tentes en toile pour ce type d’activités. Il nous a déclaré à ce propos : «Nous céderons quelques-unes contre un loyer aux artisans qui pourront s’installer pas loin des plages. D’autres seront affectées aux petits commerçants de la ville pour créer des marchés de proximité.»

Convivialité, produits du terroir, présence dans des sites balnéaires sécurisés, quels autres meilleurs arguments pour encourager le tourisme ? Ces activités, une fois stabilisées et annexées à d’autres à caractère festif en relation avec la mer ou simplement culturelles, enrichiront l’argumentaire de la wilaya de Boumerdès en matière de prestations dans le secteur du tourisme.

Cette initiative de la direction de PME et de l’artisanat, celle de la formation et de l’emploi et celle de l’agriculture, où paradoxalement est notée l’absence de la direction du tourisme, met en exergue un échantillonnage d’un gisement économique important dans la wilaya.

Bien exploité, il sera une source de revenus substantiels pour des milliers de ménages. Et pour cause, nous avons rencontré, ce jeudi, des femmes issues de milieux ruraux qui veulent jouer pleinement leur rôle social et se libérer de la contrainte économique. Elles détiennent un savoir-faire indéniable. De plus, les directions organisatrices s’emploient à renforcer. La balle est désormais dans le camp des pouvoirs publics et des collectivités locales de la région qui ont pour devoir d’accompagner cette initiative pour la pérenniser.

Par le Soir

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