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Voir la version complète : Mohamed Bougaci Achu I danan


morjane
29/03/2009, 11h48
Fidèle de par son style et de par son regard sur la société qu’il décortique quotidiennement,Mohamed Bougaci, le “roi de la chanson comique kabyle”, revient avec un autre album époustouflant qui sort ce 20 mars. Après une année de longue haleine et de travail dur, notre chanteur comédien “accouche” d’un produit bien mûri dans lequel comme à son habitude il s’intéresse aux problèmes du peuple au milieu duquel il vit. Cette fois-ci, le musicien et au même temps le parolier analyse les comportements des siens, certes de manière comique, mais qui donnerait à réfléchir pour beaucoup de gens et même peut-être aux sociologues.

Dans cet entretien que Mohamed Bougacinous a accordé à la veille du lancement d’un événement important dans la vie de tout Algérien, Mohamed Bougaci donne la version des chansons de l’album au nombre de cinq avec un sketch ô combien significatif Ihreq la chaîne ou en d’autres termes Il a grillé la chaîne.

La Dépêche de Kabylie : Enfin, après une année, vous revenez avec un autre album...

Mohamed Bougaci : Quand je chante ou je parle c’est qu’il y a une mutation rapide constatée ici et là. il a fallu beaucoup de temps et au même temps de réflexion pour analyser les comportements des uns et des autres. Vous savez, ce n’est pas facile du tout.

C’est-à-dire ?

Chacun voit ces changements à sa manière, mais pour un artiste comme moi, qui a suivi ce “peuple” depuis maintenant presque un quart de siècle, il ne m’est pas permis de me tromper.

Alors, revenons à cette analyse comique du peuple : Donnez-nous d’abord les thèmes abordés ?

Ecoutez, Bougaci ne change pas de thématique. Il s’intéresse toujours à son peuple “achaâb”. Dans la présentation, il faut comprendre que le piratage est un domaine faste dans notre pays. Il faut cesser ce phénomène qui nous ronge et ronge tout notre environnement.

Justement, en parlant du peuple, il y a le titre “L’ghachi” : Quelle interprétation, lui donnez-vous ?

Eh bien, nous sommes aujourd’hui face à une génération qui devient un fléau pour la société quant on sait qu’elle a des problèmes inévitables. C’est une génération en perte de repères. Une génération libre sans liberté et indépendante sans indépendance.

Et vous enchaînez avec un autre titre en liaison étroite avec le précédent : Achaâb Ouqaâd”, pourquoi ce terme péjoratif ?

Non, ce n’est guère péjoratif, mais plutôt la réalité. C’est comme un appareil téléphonique sans réseau et sans afficheur. Il vit sans objectif précis, toujours les nerfs prêts à exploser à n’importe quel moment. Il est comme un élastique. C’est un peuple maniable à satiété.

On a l’impression que c’est un enchaînement. N’est-ce pas ?

Effectivement, le titre suivant est Ulach akham it Hanan (dans chaque maison, ce n’est pas la paix).Tout est lié à la matière. Il n’y a plus de valeurs car parfois on voit cela même dans les hôpitaux.

Exemple : si vous voyez un vieux bien habillé et bien entretenu, c’est qu’il a une rente, sinon c’est le contraire qui se passe. A quoi on peut ajouter le “mariage numérique”, consenti sur d’autres bases et intérêts autres que l’amour, et quelques mois après c’est le tribunal.

On croit savoir que le titre phare de l’album est Achu I danan (Qu’est-ce qu’ils disent). Justement à quoi renvoie ce titre?

Il n’est pas besoin d’aller plus loin. La jaquette de l’album l’illustre bel et bien. Ecoutez, le journal a perdu sa valeur réelle. Ce titre est tourné en images et je remercie au passage le jeune réalisateur Djamel Ziane. Il a mis en relief tous les usages qu’on donne au journal pourtant source de liberté et d’expression : il s’assoit sur lui et les usages différent d’une personne à l’autre “Yakhi d chaâb sketch”.

Revenons au sketch....

C’est un sketch de vingt minutes. D’ailleurs, mon projet est de le tourner en images, je le promets au public. Quant à son interprétation, je laisserai le public de l’apprécier à sa façon...

D’autres projets ?

Effectivement, j’allais vous dire que cet album sera prochainement traduit en langue arabe pour permettre à tout le peuple algérien de suivre l’évolution de notre société. C’est le premier volume dont le deuxième va suivre incessamment. Cette fois-ci, je suis allé au fond du peuple et de ses réactions quotidiennes.

Quel est votre mot de la fin ?

Tout d’abord, j’insiste sur une chose c’est que des mutations rapides soient opérées dans notre société. Il faut les comprendre. Ensuite, je rappelle à tous que la comédie est utilisée à des fins d’analyse des divers comportements. Je souhaite qu’un jour j’arrive à traduire en images tout ce que j’ai chanté. Enfin, je remercie votre journal qui nous donne ces occasions de nous exprimer en toute liberté.

Par la dépêche de Kabylie

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