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Voir la version complète : Recherche sa fille d'un désesperemment.


milka
06/04/2009, 19h47
L'enfant a été enlevée à Jacques Scharbook par sa belle-famille après la mort de son épouse. Un dossier suivi de près par les autorités françaises.

Pourront-ils encore se comprendre le jour où ils se verront ? Parlera-t-elle encore le français ? Après plusieurs années de séparation avec sa fille de 7 ans retenue depuis 2005 par sa belle-famille en Algérie, c'est la question qui hante Jacques Scharbook. Mardi, 7 avril, cela fera précisément quatre ans que ce Français de 56 ans n'a pas vu Sophie, une ravissante enfant qu'il avait eue avec Farah, une Algérienne avec laquelle il s'était marié selon le rite musulman. Quatre ans aussi que sa vie qui n'était que douceur et bonheur au bord de la mer dans sa villa près d'Oran a volé en éclats. En 2005, les malheurs se sont soudain abattus sur cet homme installé depuis 1983 à Arzew où jusqu'alors il menait rondement ses affaires en tant que concessionnaire de poids lourds.
Tout a commencé sur une autoroute. «Ma femme avait l'habitude de rouler vite. Alors je l'ai obligée à changer de voiture. Elle est passée de la Mercedes cabriolet à la BMW puis à la Scenic, moins rapide», raconte-t-il. Mais rien n'y a fait. Un jour, le véhicule a traversé l'autoroute et l'accident fut fatal à Farah. «Heureusement, elle n'avait pas la petite avec elle», raconte Jacques Scharbook, qui ignorait qu'il serait, quelques jours plus tard, définitivement privé de sa fille.
Pour organiser l'enterrement de son épouse, il avait confié Sophie à sa belle-mère, une femme modeste vivant à Oran. «J'étais allé chercher ma sœur à l'aéroport venue m'aider un temps», raconte-t-il. Mais de retour chez sa belle-mère, une autre épreuve l'attendait. Sa fille n'était plus là. On lui explique alors qu'on ne veut pas la lui rendre, de peur qu'il l'emmène en France. «Mais pourquoi je serais parti ? Ma vie est en Algérie», dit-il.
Depuis cette journée inimaginable, cet homme aux abois a remué ciel et terre pour récupérer son enfant. Écrivant à tous les politiques français et multipliant les procès et les recours en Algérie. Or tout ce qu'il a obtenu aurait dû jouer en sa faveur. Côté justice, un tribunal algérien a ordonné la restitution de l'enfant, de nationalité française, à son père. Un jugement confirmé en appel puis par la Cour suprême d'Alger en février 2008. Côté politique, le dossier est suivi de près par l'Élysée. Jacques Scharbook a été reçu le 8 décembre dernier par le président de la République. De source bien informée, on indique que cette affaire reste une priorité.

Le droit pour lui

Jacques Scharbook a donc le droit pour lui, en vain. Son enfant ne lui est pas rendu. Face à l'insuccès des autorités policières algériennes à retrouver sa fille, ce père combatif en vient d'ailleurs à se demander si tous les moyens sont vraiment mis en œuvre. «Sophie, qui n'est pas scolarisée, qui vit quelque part en Algérie, a peut-être oublié le français qu'elle parlait avec moi et sa mère», dit-il. En parallèle des recherches officielles, il tente de revoir son enfant. Pour s'y consacrer à plein-temps, il a d'ailleurs cessé toute activité professionnelle. «J'ai suffisamment travaillé dans ma vie et Sophie est dans ma tête.»
Pour l'heure, cette ténacité ne lui a valu qu'un terrible sursaut d'espérance aussitôt éclipsé. En février 2007, il a entraperçu sa fille. «J'avais su où elle se trouvait à Alger. J'avais décidé de repérer les lieux. C'est alors que j'ai vu par hasard mon enfant, marchant sur un trottoir, encadrée par deux femmes de ma belle-famille. Je me suis précipité. Il y a eu des hurlements, on m'a tenu, je me suis débattu et ma fille a disparu.» Ces journées terrifiantes où l'espoir reste sans lendemain, Jacques Scharbook en a connu d'autres. Ainsi, il y a une dizaine de jours, des rumeurs persistantes annonçaient que Sophie avait été retrouvée. Jacques Scharbook qui, pour se ressourcer avait rejoint sa famille dans le sud de la France, avait alors précipitamment regagné l'Algérie. Pour se rendre compte finalement que tout n'était que fausse information. Depuis, il erre entre Oran et Alger sans trop savoir où se poser tant qu'il ne saura où se trouve son enfant.

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