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Voir la version complète : Un rapport du G8 tire la sonnette d’alarme: L’humanité menacée par la faim


DZone
08/04/2009, 00h38
Les guerres du XXIe siècle seront marquées par la recherche par l’humanité de sa sécurité alimentaire. Si certains, à l’instar d’André Malraux, ou encore plus récemment de Samuel Huntington, avaient prédit des guerres confessionnelles ou civilisationnelles, la rareté des matières agricoles et des ressources hydriques pourrait conduire l’humanité à assurer ses ressources en recourant à la violence.

C’est du moins l’inquiétude qui monte suite aux prévisions alarmistes quant à la situation de la production agricole à moyen terme. Le spectre des pénuries risquerait de compromettre sérieusement les perspectives de développement durable de l’humanité tout entière et pas seulement des pays pauvres ou en voie de développement.

Ainsi, il faudra que la production alimentaire double d’ici 2050 pour que la planète évite les pénuries et une hausse des prix qui porteraient un coup à la stabilité dans le monde entier, lit-on dans un rapport rédigé en vue d’une réunion du G8 sur l’agriculture et que cite le Financial Times.

«En l’absence d’interventions immédiates dans l’agriculture et dans les systèmes de commercialisation des denrées alimentaires, la crise traversée en 2007 deviendra structurelle dans quelques décennies seulement», lit-on par ailleurs dans ce document, qui fait là allusion à la forte hausse des cours des denrées alimentaires qui s’est produite en 2007-2008.

Le document a été élaboré par la présidence italienne du G8, dans la perspective d’une réunion sur l’agriculture à Trévise du 18 au 20 avril, précise le Financial Times.

Selon le document du G8, une nouvelle crise alimentaire aura «de graves conséquences non seulement sur les relations commerciales mais de même sur les relations sociales et internationales, lesquelles auront un impact direct sur la sécurité et la stabilité de la politique internationale».

La réunion de Trévise a été décidée à la suite de la forte hausse des cours des produits alimentaires, qui a provoqué des émeutes et autres troubles sociaux dans un certain nombre de pays, l’année dernière.
A l’occasion du sommet du G8 à Toyako, au Japon, en juillet dernier, les huit dirigeants des pays parmi les plus riches du monde se sont inquiétés de la hausse des prix des produits alimentaires. Dans le communiqué final adopté à l’issue de ce sommet, il a été souligné que la récente hausse des prix «pourrait faire retomber des millions de gens dans la pauvreté». Le G8 a ainsi demandé aux pays qui disposent de stocks de nourriture en quantité suffisante «de rendre disponible une partie de leurs excédents pour les pays dans le besoin» sans pour autant «porter atteinte aux règles commerciales».

Reste à savoir ce que fera le G8 à Trévise. Pour de nombreux observateurs, la sonnette d’alarme a été tirée à Toyako sans pour autant entreprendre des mesures concrètes pour enrayer ce phénomène. Dans une «déclaration sur la sécurité alimentaire mondiale», les dirigeants des Huit (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande Bretagne, Japon, Italie, Russie) n’avaient du reste pas annoncé de nouvelles mesures financières pour les pays les plus touchés par la crise alimentaire. Ils ont rappelé que, depuis le début de l’année 2008, ils ont consacré «plus de 10 milliards de dollars pour faire face aux effets de la crise».

«Les dirigeants du G8 ne comprennent rien. Les faits sont pourtant clairs : les politiques d’encouragement des biocarburants représentent 75 % du problème mais ils ne les mentionnent qu’à peine et continuent de brûler de la nourriture pour faire rouler leurs voitures», avait vivement condamné, à l’époque, Jeremy Hobbs, directeur exécutif de l’organisation humanitaire Oxfam.

La déclaration du G8 souligne qu’il convient de s’assurer de «la compatibilité des politiques de production durable de biocarburants avec la sécurité alimentaire». Mais «il est très difficile de parvenir à un consensus clair», a reconnu un responsable du ministère japonais des Affaires étrangères en marge du sommet. Ce qui laisse planer le doute sur la volonté des Huit à surmonter ce problème lors de leur sommet annuel à Trévise, d’autant plus que la crise financière actuelle risque d’hypothéquer pour longtemps les perspectives de développement et de sécurité alimentaire pour des milliards d’êtres humains.

Jeune Indépendant

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