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Voir la version complète : L'affaire de la dette algérienne devant la justice russe


DZone
19/04/2009, 00h56
Un ex-vice-ministre des Finances inculpé

La dette algérienne envers l'ex-Urss, estimée à 4,7 milliards de dollars, a été soldée en 2006 dans le cadre d'un contrat d'armement de 7 milliards de dollars. Cela a l'avantage de la clarté d'un arrangement exclusif entre Etats. Dans les années 90, on avait initié la procédure de remboursement de la dette algérienne sous formes de marchandises. Ni la Russie, ni l'Algérie, n'étant des modèles de transparence, cette forme de remboursement a permis l'entrée en ligne d'acteurs privés russes et algériens dans la gestion du remboursement de la dette. Il n'y a pas eu en Algérie d'affaire judiciaire sous cette question de la «dette russe», même si elle a été évoquée, de manière assez confuse, dans l'affaire Troudi. Des rumeurs ont largement couru sur la «dette russe», mais il n'y a pas eu «d'affaire» en Algérie. On s'est quand même rendu compte que nous n'avons pas beaucoup de «marchandises» à offrir à la Russie en contrepartie de la dette.

En Russie, où l'on parle de «dette algérienne», l'affaire a rattrapé de manière spectaculaire, le 15 novembre 2007, le vice-ministre des Finances, Sergueï Stortchak. Il a été arrêté et placé en détention préventive sous l'accusation d'avoir tenté de détourner 43 millions de dollars. A l'époque, des journaux russes avaient vu dans l'arrestation, l'expression de luttes de pouvoir dans les coulisses du Kremlin.

Dette contre marchandises

Outre Sergueï Stortchak, deux autres personnalités russes étaient mises en cause, Vadim Volkov, président du Conseil des directeurs de la Banque interrégionale d'investissement (AKB MIB), et Viktor Zakharov, directeur de la compagnie Sodexim, cliente de la banque.

Une source judiciaire avait indiqué à l'époque que l'affaire était liée à la dette et au « au fait que jusqu'à 30 % des fonds disparaissaient (...) Stortchak a été arrêté parce qu'il signait tous (les documents liés à la dette). Un certain nombre de banques sont impliquées, ainsi que des personnes au sein de l'administration gouvernementale ». Stortchak a été constamment défendu par son supérieur hiérarchique, le ministre des Finances, Alexeï Koudrine.

C'est donc autour de la Sodexim, une société russe, qui a mis à profit un accord conclu en décembre 92 entre l'Algérie et la Russie, pour le règlement de 1,2 milliard de dettes sous forme de marchandises. La Sodexim a acheté en 1996 pour 26 millions de dollars de dette algérienne. Elle obtenait de ce fait le droit de vendre des produits algériens en Russie et à l'étranger. Avec l'apurement de la dette en 2006, la Sodexim a demandé et obtenu la restitution de ses fonds majorés d'intérêts, soit 43,4 millions de dollars.

«Bons économistes et bons détourneurs de fonds...»

L'accusation estime que Sodexim n'était pas fondé à réclamer et obtenir la restitution de cette somme, ce qui est contesté par Stortchak. Pour l'accusation, il s'agit d'une machination en groupe organisé autour de la Sodexim, société intermédiaire chargée de gérer le règlement de la dette de l'Algérie envers l'ex-URSS, pour détourner des fonds.

Jeudi, le vice-ministre Sergueï Stortchak et deux de ses complices présumés se sont vus présenter leur mandat d'accusation définitif. Le Comité d'instruction du Parquet de Russie a indiqué dans un communiqué que le «vice-ministre des Finances, Sergueï Stortchak, l'ancien vice-ministre des Finances, Vadim Volkov, et Viktor Sakharov, sont accusés en vertu des articles du Code pénal ayant trait à la tentative d'escroquerie».

L'accusation, grave, «d'abus de pouvoir» contre Sergueï Stortchak, n'est plus retenue. En février dernier, le président du Comité d'enquête auprès du Parquet général de Russie, Alexandre Bastrykine, avait maintenu les accusations. «On peut dire sans exagération que ces dernières années, les meilleurs financiers et économistes du pays ont planifié et organisé des détournements importants de fonds publics. Il s'agit, entre autres, de l'ancien et de l'actuel vice-ministres des Finances».

Le Quotidien d'Oran

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