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Oggy
19/04/2009, 23h24
Le Maroc au bord de la révolte du pain

http://www.maroc-hebdo.press.ma/MHinternet/Archives_833/ph_833/Une_833.jpg

Sous un ciel, à la fois ombrageux, clément et généreux, la grogne monte du tréfond d’une société en quête d’espérance.


Le Maroc vient d’être l’objet d’une observation rigoureuse de sa situation économique et sociale, par une unité d’étude étrangère. Encore une fois, pourrait-on dire. Pourquoi pas, après tout, dès lors qu’un regard extérieur, potentiellement prospecteur et “diagnostiqueur”, est bon à prendre, quels que soient son angle d’approche et ses conclusions. Cette fois-ci, c’est un centre de recherche et de publications économiques britannique, sous le nom de The Economist Intelligence Unit (EIU), qui s’est chargé de passer au crible notre micro économie et les répercussions sociales, jugées prévisibles, qui pourraient en découler.

D’emblée, on nous “gratifie” d’un taux de croissance poussif d’à peine 2,3%. Une gratification plutôt pénalisante, rapportée aux 5% annoncés par Salaheddine Mezouar, ministre de l’Économie et des Finances.

Détresse
Il ne faut surtout pas aller chercher des comparaisons hasardeuses avec un pays comme la France, qui risque d’avoir un taux de croissance négatif pour l’année en cours et même la suivante. Ce genre de quantifications, quels qu’en soient les chiffres indicateurs, dépend de la base de départ et de l’état cumulatif des structures économiques créateurs de croissance et de développement social. Bref, cela dépend d’où l’on vient. Pour nous autres, nous ne cessons de revenir de loin. Alors, restons dans nos bottes et essayons de voire ce que cette étude anglaise nous apprend sur nous-mêmes.

Dans une parfaite tradition british, toute en subtilités et en formules pudiques, l’étude parle d’«inégalités économiques» et de «détresse sociale». Ce sont là des expressions génériques qui, sans les occulter, suggèrent bien des choses qui couvent à fleur de peau des individus concernés et à mi-surface d’un bouillonnement social sourd mais réel.

Quoi qu’on en dise, les Britanniques aussi savent être explicites quand il le faut. Ils ont pointé trois facteurs qui résument notre situation socio-économique: la pauvreté, le chômage et l’inflation. À l’output, on obtient immanquablement un mécontentement social qui gronde et tente de se faire entendre au grand jour. Qu’on le veuille ou non, nous sommes dans ce cas de figure. Une société en ébullition parfois audible, généralement diluée dans les impératifs de la routine quotidienne, persistants et têtus.

Finalement, les Britanniques ne nous ont appris que ce qu’on ne nous a pas dit et que nous savions, de science certaine, par notre vécu et notre curiosité citoyenne. Nous avons toujours été un pays ouvert sur le monde extérieur, depuis nos comptoirs commerciaux sur nos deux façades maritimes tout au long des siècles passés. Nous avons “mercantilisé” avec les grands ports d’Europe, d’Amérique et d’Asie. À titre d’exemple, juste pour illustrer, notre breuvage de tout instant, le thé, était importé de Chine dès les Grandes découvertes des XIVème et XVème siècles.
Ceci pour dire que la mondialisation, nous y sommes tombés en tant que jeune nation aguerrie, depuis des lustres. Mais voilà qu’on veut nous la cacher par un tamis que la circulation instantanée de l’information a rendu complètement poreux.

C’est un fait que nous subissons de plein fouet les effets de la crise financière et économique internationale. Encore une fois, il ne pouvait en être autrement. Des pans entiers de notre économie sont en souffrance. Particulièrement les industries à vocation exportatrice, ou les activités dont le rendement est tributaire des possibilités d’une clientèle résidente à l’étranger. Le textile, pourvoyeur d’emplois et contributeur à une prétention d’équilibre de notre balance de paiement, est aux premières loges. Les commandes fondent comme neige au soleil. Les machines tournent au ralenti, lorsqu’elles ne sont pas mises à l’arrêt.

Le tourisme, à la veille de la haute saison, n’est pas mieux loti. Pour ne considérer que le marché de l’Hexagone au jour d’aujourd’hui, 25% de Français, habituellement candidats à des vacances à l’étranger, dont la destination-Maroc, renoncent. Ils resteront chez eux. Nous n’avons aucun moyen de les persuader de venir chez nous pour peupler notre réseau hôtelier. Il en va de même pour d’autres réserves touristiques européennes, allemandes ou anglaises, entre autres.

Le transfert des économies de nos MRE devrait subir la même cure d’amaigrissement. Un coup dur sur un poste principal d’approvisionnement en devises.
Amaigrissement


Face à ce tourbillon d’une crise mondiale à large spectre, nous ne pouvions être épargnés. Nous ne le sommes pas. Des fabriques de textile réduisent leurs productions, quand elles ne mettent pas la clé sous le paillasson. Les hôtels ont beau faire des offres alléchantes de séjour à prix défiant toute concurrence, ils tournent à personnel ramassé au maximum.

L’agriculture et la pêche hauturière ont leur fanion exportateur en berne. Voilà un tableau sombrissime de notre situation économique. Le problème, c’est que nous ne pouvons pas vivre que de paix sociale et d’eau fraîche, mais d’activités économiques productrices de richesses nationales et de bien-être pour tous, autant que faire se peut.

La réalité aujourd’hui est toute autre. Le chômage se propage. Il était suffisamment structurel, dans des proportions formellement encadrées par les statistiques de l’État; il devient un produit de conjoncture, encore plus fou et plus difficilement maîtrisable. Il est situé, au bas mot, à 25% de la population active, celle qui est, démographiquement et légalement, en âge de travailler. Encore faut-il ne pas y comptabiliser les enfants et les adolescents sur-exploités en tant qu’apprentis. Avec tout le respect que l’on doit à Ahmed Lahlimi, les 9 ou 10% de chômeurs officiellement reconnus, n’est pas une barre crédible.

Dans la mesure où n’est chômeur que celui qui se déclare comme tel. Exit donc l’armada des gardiens de voitures, cireurs de chaussures et les 200.000 mendiants recensés par les services de Nezha Skalli. À moins qu’il ne leur passe par la tête de faire grève, ces marginaux, qui vivotent et survivent, n’ont pas droit de cité dans les tablettes statistiques du chômage. Contrairement aux diplômés chômeurs qui ont, eux, l’insigne honneur d’un tabassage régulier, en récompense de leur visibilité.


source : maroc-hebdo.press.ma

Oggy
19/04/2009, 23h26
Grogne
En définitive, que peut-on donner d’autre à un chômeur, formel ou informel récent ou endurci, à se mettre sous la dent qu’un discours d’un lendemain meilleur qui n’arrive jamais et qui donne creux au ventre autant qu’il met à mal la raison de vivre! Les sans-emploi ne les ayant jamais eues ou les ayant perdues, sont en déshérence sociale à défaut d’encadrement politique et syndical. Tout porte à croire que la pléthore de centrales syndicales de même que la multiplicité à l’infini de partis politiques, n’ont d’yeux que pour leur “mourid” (adeptes utilitairement inconditionnels). Une maladie infantile qui mine notre crédibilité représentative syndicalo-politique, l’un dans l’autre ou séparément.

Entre temps, la ménagère est prise à la gorge et son panier, lui, est pris en otage au prorata d’un porte-monnaie à bout de souffle. Les prix flambent. Le coût de la vie s’est complètement déconnecté du pouvoir d’achat. On en arrive au point que les légumes deviennent hors de portée du Marocain moyen moins ou même moyen plus.

C’est à désespérer de devenir végétarien. Cela reviendrait beaucoup trop cher. Ou bouillir la marmite dans une chambre à un minima de mille dirhams de loyer, avec sanitaire commun et la proximité asociale en prime ! Le smig à 1.850 dirhams et le chômage endémique à zéro revenu, y sont pour beaucoup dans cette situation déplorable qui gangrène notre corps social. Le problème, c’est que les notables qui président à notre destinée locale et nationale, élective ou quasiment prédestinée, calculent la dangerosité de ce contexte à l’aune de leur longévité politique ou du bail de leur prise en charge de la chose publique.


Sous un ciel, à la fois ombrageux, clément et généreux, la grogne monte du tréfond d’une société en quête d’espérance.
Une attente que l’institut britannique qui nous a sondés a calculée en termes de risque de déflagration sociale. Nous avons été ainsi classés au 98ème rang, sur un total de 164 pays. Nous avons été affectés d’un taux de risque plus élevé que la Tunisie, l’Egypte ou encore la Jordanie; mais moins que le Syrie, l’Arabie Saoudite, ou l’Algérie. Au terme de ce classement, le Maroc aura quand même régressé, du point de vue du risque social, par rapport à 2007. Sa vulnérabilité, ainsi calculée selon des paramètres qui se veulent objectifs, a pour principal appui sa fragilité sociale. Voilà une référence qui ne laisse pas indifférent, à moins que l’on soit atteint de tropisme politique ou d’amnésie sociétale. Les émeutes sanglantes du 20 juin 1981 sont encore dans toutes les mémoires. Les aînés, pas si vieux qui ça, les ont racontées aux cadets.

Il ne s’agit pas de faire du sensationnalisme alarmiste, mais on n’en est pas loin, au regard de tous les indicateurs de risque d’explosion sociale, qu’à Dieu ne plaise. Il serait, tout de même, proprement affligeant que l’on en arrive à une nouvelle révolte du pain, de type agraire en milieu urbain, façon XVIIIème ou XIXème siècle, alors que l’on clame haut et fort l’avènement d’un Maroc de solidarité et de modernité. Un vœu qui tarde à se matérialiser, au-delà de toutes le conjonctures.

maroc hebdo international

plazma2000
19/04/2009, 23h38
c'est l'avis d'un journaliste pissimiste...le Maroc est touché comme tt le monde par cette crise economique mais la machine tourne encore et la situation est normal:lol:

chicha51
19/04/2009, 23h38
Maroc Hebdo qui fait dans le journalisme militant ( où plutôt dans le sensationnalisme).

On aura tout vu ( et lu)!!!

nacer-eddine06
19/04/2009, 23h41
mais moins que le Syrie, l’Arabie Saoudite, ou l’Algérie
rien que ca
les apparences sont sauves

le sahara occidental et ses effets cauchemardesques ^pour l economie du bo pays

housni58
19/04/2009, 23h42
non plazm, à coté de chez moi, l'armée tire sur les gens, les femmes hurlent, les enfants pleurent, les explosions partout........
je ferai mieux de retourner dans mon algérie chérie, c plus calme et plus sûr.......
qu'est ce qui m'a pris de quitter mon bled et de venir chez vous..........:lol:

Geass
19/04/2009, 23h45
J'attendais le moment où cet "article" aura été posté pour dire ça:
HAHAHAHA journaleux à la noix.

Oggy
19/04/2009, 23h54
HAHAHAHA journaleux à la noix.
le style journalistique n'interesse pas les gens de la photo

le pain et rien que le pain http://www.maroc-hebdo.press.ma/MHinternet/Archives_833/ph_833/Une_833.jpg

nacer-eddine06
19/04/2009, 23h57
c la faute a la greve des transports
la crise le maroc connait pas
article tendancieux:redface:

absent
20/04/2009, 00h00
HAHAHAHA journaleux à la noix.

t'a oublié le sirop d'erable Geass :D
franchement ils sont scandaleux les journaleux :)

Geass
20/04/2009, 00h34
Il n'y a pas de crise de pain. Je fais un zoom sur une vingtaine de personnes et j'en fais une couv faisant croire qu'il y a foule.
Les prix des produits agricoles sont bas, le reste c'est du blabla.

aurassien
20/04/2009, 08h37
comme d'habitude GEass tout va bien au Maroc tant que tu mange à ta faim; que les autres crèvent.ca va mal aussi bien au Maroc qu'en Algérie
mais en Algérie c'est impardonnable.

Ouadane
20/04/2009, 08h46
N'oubliez pas que le Maroc a subi une crise des transports pendant 2 longues semaines !!!!
Pas de transport, pas de livraison de gazoil, pas de livraison de fruits et légumes, pas de livraison de levure, pas de transports des besoins des marocains.
Les choses finissent vite par manquer, c'est normal.
Aprés n'oubliez pas que c'est aussi la crise, il suffit de voir tout ce que subissent les pays developpés pour comprendre.

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