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fox1
23/04/2009, 10h59
Djillali Mehri n’hésite pas à dire qu’en Algérie le tourisme peut remplacer le gaz en termes de bénéfices. Sa devise : «le tourisme est un métier de sourires».

PAR FAYCAL MÉTAOUI, ALGER


Il est discret, un peu timide, n’aime pas trop parler de son travail. « Je laisse les autres en parler », confie cet homme d’affaire de 72 ans. En dépit de son âge, Djillali Mehri garde toujours l’allure athlétique et l’élégance des gens du sud. Il reste fidèle à la région de Oued Souf, aux frontières avec la Tunisie au sud-est de l’Algérie, où il se rend souvent quand il n’est pas en voyage. Ses six enfants s’occupent bien de ses affaires lorsqu’il est absent. Peu attiré par la politique, Djillali Mehri a accepté de se présenter aux élections législatives de 1997 pour participer à la reprise d’une vie politique ordinaire dans un pays ravagé par la violence. Ces élections devaient être pluralistes, pour faire oublier celles de 1991, avortées en raison de l’émergence d’un mouvement islamiste. Il fut élu haut la main député indépendant à l’Assemble populaire nationale (APN, chambre basse du Parlement). Est-il toujours intéressé par la politique ? « Je n’ai aucune ambition pour un poste politique », dit-il souvent à ses amis. Il répète qu’il a de bons rapports avec tous les partis. « Mon seul parti est celui de l’Algérie. J’ai beaucoup appris au Parlement. Mais je crois qu’il ne faut pas mélanger la politique avec le travail que je fais. Il y a parfois contradiction », explique-t-il. Il a profité de sa courte carrière parlementaire pour plaider la cause de Oued Souf, région pauvre située aux portes du désert, souffrant de la remontée des eaux salées, qui mettent en danger la palmeraie. Relevant le défi, Djillali Mehri s’est lancé dans un vaste projet agricole.



Partenariat affectif avec Gérard Pélisson

Le domaine, appelé du nom de sa mère, Daouia, est divisé en plusieurs périmètres : pommes de terres, salades, abricots, poires, roses. Bref, un petit paradis, à 5 km de la ville des Mille coupoles, El Oued. Daouia est également une belle résidence qui attire à longueur d’année des visiteurs. Ils viennent de partout : Croatie, Tunisie, Allemagne, Italie, Etats-Unis, Arabie Saoudite, Suisse, Suède, Canada, Russie, Belgique, Qatar, France, Brésil... Pendant plusieurs années, la résidence Daouia a accueilli le symposium international économique d’El Oued. A côté de ce Ryad, Djillali Mehri projette de construire un immense complexe touristique composé d’un hôtel saharien et de bungalows.

Djillali Mehri rêve de lancer, avec d’autres partenaires, une chaîne de télévision maghrébine consacrée à l’économie, la culture et le tourisme. Le projet est en voie d’étude.

« Des centaines d’emplois seront créés. A l’avenir, nous pourrons transporter les touristes grâce aux vols charters. El Oued est une belle région, avec son artisanat et ses palmiers, qui reste à découvrir », précise-t-on dans l’entourage de l’opérateur économique. A part El Ghitane Palace et l’Hôtel Souf, El Oued souffre d’un manque d’infrastructures d’accueil aux normes internationales. D’où le grand intérêt de Djillali Mehri pour l’hôtellerie. « Il faut offrir aux Algériens des hôtels confortables à des prix raisonnables », conseille-t-il. En 2005, en partenariat avec le groupe français Accor, il met sur pied la Société immobilière et d’exploitation hôtelière algérienne (SIEHA) pour construire en Algérie trente-six hôtels moyenne gamme sous les marques Ibis, Novotel et Etap. Le programme de construction s’étale sur dix ans. Ces projets d’Accor devronent générer 15 000 emplois. Le premier de la série a été ouvert fin janvier 2009 à Alger. « Cette première réalisation augure un avenir prometteur à nos partenariats futurs », a lancé Djillali Mehri devant des invités triés sur le volet. Ibis Alger est situé à un jet de pierre de l’aéroport international Houari Boumediène et non loin du Palais des expositions de la Safex, qui accueille les plus grandes foires commerciales et professionnelles à longueur d’année. D’où la garantie de remplissage à plein temps. Ibis devra concurrencer les hôtels Hilton, gérés par une entreprise algéro-coréenne, et le Mercure, une des marques du groupe Accor, situés dans la même zone de la ville. « Cet hôtel créera des dizaines d’emplois et offrira des carrières formidables. L’Algérie offre des perspectives considérables en matière de tourisme. Nous avons déjà deux hôtels haut de gamme à Alger et nous n’avons jamais songé à quitter ce pays », a déclaré à la presse Gérard Pélisson, président du groupe Accor.



Amoureux d’art et d’Oran

A Oran, Djillali Mehri a rénové le Royal Hôtel, un ancien hôtel, bijou de la ville, classé aujourd’hui cinq étoiles et cité comme un modèle d’esthétique architecturale. Le design intérieur a été conçu par des artistes allemands et français. Des œuvres d’art ont été acquises chez des antiquaires d’Alger, d’Oran et de Paris pour décorer les allées, les halls et les chambres. Les toiles originales de Del Piano et des copies autorisées d’Etienne Dinet ont donné des couleurs à un hôtel qui rivalise avec le Sheraton Oran. Djillali Mehri est connu pour être un collectionneur d’oeuvres d’art. Mais sa collection privée est tenue loin des regards indiscrets.

L’homme d’affaires travaille d’arrache-pied pour doter la capitale de l’Ouest algérien, qui a accueilli la dernière conférence de l’OPEP, de nouvelles infrastructures. Il y a lancé la construction de deux hôtels de la gamme Accor, des tours d’affaires et un centre commercial. Il souhaite participer à la rénovation du célèbre Front de mer d’Oran pour donner à la ville « un beau visage ». Il est nécessaire, selon lui, de déplacer les ports d’Oran, d’Alger et d’Annaba, « pour donner une meilleure allure aux villes ». Pour toutes ces structures, l’opérateur économique a prévu des programmes de formation et de qualification pour les personnels recrutés localement. Sa devise : « le tourisme est un métier de sourires ». Il n’aime pas trop le « tourisme du sac à dos » ou « le tourisme d’aventure », fort présents dans le Sahara algérien. L’Algérie peut, selon lui, tirer un grand profit de ce secteur, puisque les possibilités, tant naturelles qu’humaines, sont énormes. Et il n’hésite pas à dire que le tourisme peut remplacer le gaz en termes de bénéfices. Entreprenant, Djillali Mehri ne craint pas d’affronter la bureaucratie qui freine parfois ses projets. Toujours optimiste, il rassure les journalistes : « Les choses s’améliorent ! » Selon lui, il existe une volonté politique de développer le tourisme en Algérie.



Un pragmatique touche à tout

A l’inauguration de Ibis Alger, Cherif Rahmani, ministre du Tourisme et de l’Environnement, n’a pas hésité à dire tout le bien qu’il pense des actions de l’homme d’affaires. « Djillali Mehri est un homme dont les origines d’El Oued ont forgé le caractère et lui ont donné le goût de l’esthétique », a-t-il dit. Chérif Rahmani a lancé, quelques jours plus tard, une vaste promotion de la destination Algérie à travers une réclame qui est diffusée par des chaînes de télévision internationales, à l’image de CNN et de BBC. Le gouvernement algérien ne cache pas son ambition d’attirer 3 millions de touristes d’ici à 2012. Djillali Mehri reste néanmoins un pragmatique à l’affût de tous les créneaux à forte marge. Ainsi, il est présent dans l’agroalimentaire. Il détient la licence Pepsi-Cola en Algérie. Il a produit de la bière sous les labels Tango et Stella Artois, activité qu’il a cédé pour plus de 135 millions de dollars au groupe Heineken. Pepsi attend également une offre pour être cédé.

Il est devenu célèbre en France en rachetant, au milieu des années 1980, le groupe Chaffotaux et Maury, alors au bord du dépôt de bilan. Il a pu sauver presque 4000 emplois. Chaffotaux et Maury a été cédé, plus tard, au groupe italien Merloni Termo Sanitari (MTS), spécialisé dans les systèmes de chauffage. Djillali Mehri a créé plusieurs fondations destinées à la prise en charge des malades. Il a également créé Promojeunes, une entreprise de consulting, qui aide les jeunes à mettre sur pied des micro-entreprises. L’homme d’affaires a été décoré par le guide libyen Mouamar El Khadafi et par l’ex-président tchadien Hissène Habré pour avoir contribué à la conclusion des accords de paix entre les deux pays en 1989. Les accords de paix avaient été signés dans sa résidence, dans les Yvelines, en France. Djillali Mehri rêve de lancer, avec d’autres partenaires, une chaîne de télévision maghrébine consacrée à l’économie, la culture et le tourisme. Le projet est en voie d’étude. Selon lui, le Grand Maghreb peut se construire plus rapidement avec l’économie. « On a perdu beaucoup de temps », répète-t-il souvent…

DZmes Bond
23/04/2009, 14h03
Il est nécessaire, selon lui, de déplacer les ports d’Oran, d’Alger et d’Annaba, « pour donner une meilleure allure aux villes »
Il a entièrement raison. Mais chez nous, l'urbanisme n'a aucune place ! :sad:

zmigri
23/04/2009, 19h45
je suis allé plusieurs fois à el oued, les gens sont hospitaliers et le dépaysement garanti, la tunisie et la lybie ne sont pas tres loin. Le commerce est omniprésent et ça profite à tt le monde.

Mouahnacid
23/04/2009, 20h19
Le cas de Mehri n'est pas sans rappeler celui de Khalifa junior et peut-être il subira le même que Moumen (Khalifa).

zemfir
23/04/2009, 20h31
"Peu attiré par la politique, Djillali Mehri a accepté de se présenter aux élections législatives de 1997 pour participer à la reprise d’une vie politique ordinaire dans un pays ravagé par la violence. Ces élections devaient être pluralistes, pour faire oublier celles de 1991, avortées en raison de l’émergence d’un mouvement islamiste."
élections ou il fut battues par un fissiste malgré les milliards distribué pour les soufis !
depuis combien d'années on lit ses futures investissement en Algerie ?
et on le qualifie de discret l"homme du mariage le plus chère du bled ,echiyatines sont de plus en plus nombreux.

aurassien
23/04/2009, 21h36
il est gentil le mehri, tout ce qu'il veut c'est l'argent.
c'est un loup en habille d'agneau.

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