PDA

Voir la version complète : Le FMI ne voit pas le bout du tunnel avant fin 2010


DZone
23/04/2009, 15h09
La reprise sera au rendez-vous seulement si le secteur financier est nettoyé. Tout aussi déterminants, les plans de relance et les crédits

«Des vents contraires s’abattent sur l’économie mondiale. Mais ce sont les forces négatives qui dominent à présent. Avec le temps et en appliquant les bonnes politiques, celles-ci devront s’affaiblir, ce qui mènera à une reprise au début de l’année prochaine. Le retour à la normal prendra toutefois plus de temps.»

C’est en ces termes qu’Olivier Blanchard, chef économiste du Fonds monétaire international (FMI), a présenté les Perspectives économiques mondiales 2009, mercredi. Les projections se basent sur un constat: les décideurs économiques n’ont pas réussi à stabiliser les marchés financiers, ni à contenir la baisse de la production de marchandises et de services. Maintes initiatives ont certes été prises pour stopper l’hémorragie, notamment des injections massives de fonds publics pour sauver les secteurs financiers et de liquidités dans le circuit financier ainsi que des plans de relance. La confiance a été quelque peu rétablie, notamment grâce aux engagements pris par le G20 le mois dernier, mais elle est encore insuffisante.

Même si des politiques résolues sont rapidement mises en œuvre, le FMI prévoit une contraction de l’activité mondiale de 1,3% en 2009. Il s’agit d’une nouvelle dégradation prévue de la conjoncture par rapport aux révisions de janvier et mars. Elle constitue aussi la récession la plus profonde depuis la Seconde Guerre mondiale, qui n’épargne aucune région du monde. L’activité se contractera fortement au Nord (–2,8% aux Etats-Unis, –4,2% dans la zone euro, – 6,2% au Japon). Elle faiblit dans les pays émergents (6,5% en Chine et 4,5% en Inde). La croissance mondiale reprendra en 2010, mais sera molle à tout juste 1,9%.

Les Perspectives 2009 réitèrent une revendication connue du FMI: la priorité des priorités reste le nettoyage du système financier, pour accompagner efficacement les mesures de relance monétaire et budgétaire. Le FMI pose trois conditions pour remonter la pente: abondance de liquidités, assainissement des actifs pourris des assurances et des banques et, enfin, recapitalisation de ces dernières pour autant qu’elles soient viables. Estimation des montants nécessaires: 275 à 500 milliards de dollars pour les banques américaines, 475 à 950 milliards pour les banques européennes et 125 à 250 milliards pour les banques britanniques.

Pour souligner l’urgence de la situation, le FMI rappelle que les crises financières précédentes montrent que si l’on tarde à s’attaquer au problème de fond, la récession sera de plus longue durée et aura un coût plus élevé pour l’économie et pour les contribuables.

Les marchés financiers, plutôt en hausse, ont préféré écouter les propos rassurants de Tim Geithner. Le secrétaire au Trésor américain a affirmé que «la majorité des banques aidées par l’Etat disposaient de plus de capital que ce dont elles avaient besoin».

Olivier Blanchard a ajouté que le chômage continuera à croître cette année. «Nous attendons à un début de retournement à la fin 2010. Les pays émergents, où le taux de croissance sera supérieur à celui des pays développés, verront un retour à la normale plus rapide. La suite dépendra de comment ces derniers – marché d’exportation et source d’investissements – évoluent durant les prochaines années.»

Le FMI fait enfin remarquer que le commerce international a dégringolé ces derniers trimestres et demande aux pays de ne pas aggraver la situation en instituant des mesures protectionnistes.

Pour sa part, la Banque mondiale, l’autre institution de Bretton Woods, a aussi publié hier les Indicateurs économiques mondiaux 2009. Elle y met en exergue l’histoire de l’émergence de nombreux pays pauvres grâce à l’ouverture économique et aux investissements étrangers. Et comment les progrès accomplis pourraient être remis en cause par la récession.

Ram Etwareea


© Copyright Le Temps.ch

Cookies