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TAGHITI
24/04/2009, 18h34
La tribune de Thomas Porcher, docteur en économie, consultant en stratégies pétrolières


Si le G20 semble avoir trouvé un plan d’action pour enrayer la crise (http://www.metrofrance.com/search/index.xml?q=crise&magic_roxen_automatic_charset_variable=%c3%a5%c3%a 4%c3%b6%e8%8a%9f%40UTF-8&query=crise&filter=0&oe=utf8&ie=utf8&hl=fr&sort=date%3aD%3aL%3ad1&getfields=*), espérons qu’il ait pris en compte l’éventualité d’une augmentation des prix du pétrole (http://www.metrofrance.com/search/index.xml?q=p%c3%a9trole&magic_roxen_automatic_charset_variable=%c3%a5%c3%a 4%c3%b6%e8%8a%9f%40UTF-8&query=p%c3%a9trole&filter=0&oe=utf8&ie=utf8&hl=fr&sort=date%3aD%3aL%3ad1&getfields=*). Car la trajectoire que va suivre ce prix en 2009 alimente les débats et divise.
Certains pensent que la récession va s’estomper et que le prix du pétrole va monter en flèche. D’autres pensent que le prix restera bas car la récession économique persistera. Il y a éga*lement ceux qui affirment que le pic de la demande a été atteint, et donc que le prix ne pourra jamais plus s’envoler.
Et enfin, dans cette confusion, il y a ceux (notam*ment les politiques et les PME) qui prient pour que le prix du pétrole n’augmente pas cette année afin qu’il ne pèse pas, en plus de la crise, sur la croissance.

Car le spectre de l’année 2008, avec un premier semestre marqué par un prix qui n’a jamais été aussi haut, persiste. D’ailleurs, avant la crise, le G8 avait pour priorité de briser la dépendance de nos sociétés au pétrole en développant les énergies renouvelables.
La baisse du prix du pétrole, accompag*née de la gelée des emprunts bancaires, a largement stérilisé les différents projets de recherche de substituts, alors même que la volonté de diversifier les sources d’énergie prenait le meilleur “départ” depuis l’histoire de l’industrie pétrolière.
Beaucoup d’associa*tions ont d’ailleurs noté le ralentissement du Grenelle de l’environnement depuis la baisse des cours du baril. La crise a donc contribué à tuer la première menace pour un produc*teur : le substitut.

Or, le marché pétrolier a un stabilisateur automatique qui empêche le prix du baril de rester durablement bas quand il a été haut pendant une certaine période. En effet, la hausse des prix avait provoqué des investis*sements dans la recherche de nouveaux gisements, plus coûteux, mais rentables avec un baril à plus de 100 dollars.



La baisse des prix du pétrole a tout simplement stoppé ces investissements, car, avec le prix actuel, la vente de ces barils serait une perte. Au final, la baisse du prix du pétrole diminue également l’offre future de pétrole, pou*vant provoquer des pénuries à venir.
Dans ce contexte, le prix du pétrole pourrait remonter et atteindre des som*mets records. Finalement, les effets de la crise ne sont pas aussi négatifs pour les pays producteurs de pétrole, notamment l’Opep, parce que la crise arrive, en terme de “timing”, au meilleur moment, c’est-à-dire au moment où la priorité des politiques des pays consom*mateurs était de briser leur dépendance au pétrole. Pour ceux-ci, le véritable danger est que, en période de crise la vision à court terme l’emporte sur la vision à long terme : le pire est encore à venir.

Thomas Porcher


Thomas Porcher, 32 ans, est docteur en Économie, consultant international et enseignant à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne et Paris V René Descartes. Spécialiste en stratégies pétrolières, il a travaillé pour le compte de l’Union européenne, de gouvernements et de sociétés pétrolières notamment en France et en Afrique. Thomas Porcher a récemment participé à l’émission C dans l’air (France 5) avec Yves Calvi pour débattre des résultats financiers de Total.

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