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Voir la version complète : Face à son pire ennemi (la réalité), Moby Dick ferme les écoutilles


nacer-eddine06
30/04/2009, 19h25
Que faire lorsque la tempête gronde? Les vieux loups de mer vous répondront: on ferme les écoutilles. La tempête, pour le Pentagone, c’est manifestement les “menaces” de réforme qu’on entend gronder un peu partout, les informations diverses qui circulent sur les avatars dont souffre ce même Pentagone, les analyses qui expliquent les erreurs du Pentagone, les pamphlets qui dénoncent les stupidités du Pentagone… Bref, la tempête qui gronde, en un mot, c’est la menace que la réalité fait peser sur le Pentagone, alias le bien-surnommé Moby Dick
William S. Lind nous avait déjà signalé, il y a quelques mois, le 26 décembre 2008 (http://www.dedefensa.org/article-les_neo-reformistes_du_pentagone_arrivent_le_cmi_est_inqui et_26_12_2008.html), que le Pentagone bloquait l’accès du Center of Defense Information (http://www.cdi.org/) (nid de vipères réformistes et lubriques bien connues). Le même Lind nous donne des précisions en nous confirmant le blocage du CDI, mais en le situant dans une campagne générale du Pentagone de blocage d’accès aux sites extérieurs, non-contrôlés, indépendants, etc., qui diffuseraient de la littérature subversive pour la bureaucratie inquiète de Moby Dick.
Voici quelques précisions de Lind, ce 28 avril 2009 (http://www.d-n-i.net/dni/2009/04/28/on-war-302-blinders/):
«…In recent months, more and more American officers have told me that when they attempt to access the websites they need, they find access is blocked on DOD computers. Is al Qaeda doing this in a dastardly attempt to blind American combat units?
»Sadly, no. DOD is doing it. Someone in DOD is putting blinders on American troops.
»I do not know who is behind this particular bit of idiocy. It may be the security trolls. They always like to restrict access to information, because doing so increases their bureaucratic power. One argument points to them, namely an assertion that the other side may obtain useful information by seeing what we are looking for. That is like arguing that our troops should be given no ammunition lest muzzle flashes give away their positions in a fire-fight.
»But the fact that websites of American organizations whose views differ from DOD’s are also blocked points elsewhere. It suggests political involvement. Why, for example, is access to the website of the Center for Defense Information blocked? CDI is located in Washington, not the Hindu Kush. Its work includes the new book on military reform America’s Defense Meltdown, which has garnered quite a bit of attention at Quantico.
»The goal of the website blockers, it seems, is to cut American military men off from any views except those of DOD itself. In other words, the blockaders want to create a closed system. John Boyd had quite a bit to say about closed systems, and it wasn’t favorable.»
Effectivement, il est intéressant de constater que l’“Ennemi”, aujourd’hui, pour Moby Dick, est de plus en plus la réalité, et la réalité environnante, à commencer par celle du pays ami par excellence qui est le propre pays du Pentagone, du moins en théorie, – certains diraient, en un sens, “la réalité démocratique”, – dans tous les cas, la réalité de l’information indépendante. Le Pentagone s’enferme dans une bulle générale, qu’il veut opaque, sans le moindre lien avec la réalité, pour poursuivre son exercice de création de sa réalité virtuelle qui lui a si bien réussi jusqu’ici. Il faut observer la logique et l’homogénéité de cette évolution, puisque c’est retrouver, à l’échelle du Pentagone lui-même, le processus (http://www.dedefensa.org/article-et_voici_le_jsf-bullshit_21_02_2009.html) suivi depuis plusieurs années par la bureaucratie spécifique (JSF Program Office + Lockheed Martin) qui contrôle le programme JSF, – avec le succès qu’on sait, – et dont le principal adversaire (http://www.dedefensa.org/article-le_net_contre_le_jsf_06_03_2009.html) s’avère effectivement être l’information indépendante sur Internet.
La “vraie guerre”, – également un des aspects de la G4G, dont Lind parle dans son billet, – est de plus en plus évidemment celle de la communication de l’information, et elle se livre entre le système et sa contestation extérieure, la résistance contre cette évolution aveugle et tyrannique du système. Les idéologies, les nationalités, toutes les structures habituelles s’effacent dans cette bataille, que nous aurions tendance à qualifier d’“ultime”, entre le système et la réalité.


Mis en ligne le 29 avril 2009 à 14H40

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