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Voir la version complète : Les investissements en hydrocarbures s’écroulent en 2009


DZone
25/05/2009, 15h03
L’Algérie prend part, depuis hier, à la réunion des ministres de l’Energie du G8 avant leur sommet de juillet. Une réunion de deux jours marquée par la publication d’un rapport de l’AIE qui prévoit une baisse des investissements hydrocarbures cette année, thème de réflexion justement à Rome. Les scénarios se multiplient à l’approche, notamment de la réunion de l’Opep, le 28 mai à Vienne, dans un contexte de crise économique mondiale. Alors que Chakib Khelil avait expliqué, en début du mois, que le cartel ne révisera pas sa baisse de production, le 28 du mois en cours, si le brut poursuit son comeback, d’autres ministres Opep affirment leurs satisfactions quant au respect des quotas et tablent sur un baril à 75 dollars. L'investissement dans la prospection et la production d'hydrocarbures devrait diminuer de 21% cette année, soit de près de 100 milliards de dollars, en raison de la crise économique, selon un rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), publié hier, en marge de la réunion des ministres de l’Energie du G8, à Rome. Réunion à laquelle prend part le ministre algérien de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil et discutera, durant deux jours, de la baisse des investissements dans les projets énergétiques, entrainée par la crise économique. Le rapport indique que la consommation mondiale d'électricité pourrait, également, être inférieure de 3,5% à ce qu'elle était l'année dernière. Il s'agirait de la première baisse annuelle depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. «Nous estimons que les budgets d'investissement en amont dans le pétrole et le gaz ont déjà été amputés d'environ 21% par rapport à 2008», a indiqué le rapport. Dans ce domaine de la prospection-production, plus de 20 très gros projets, d'une valeur totale supérieure à 170 milliards de dollars, ont été reportés sine die ou purement et simplement annulés entre la fin octobre et la fin avril, selon l'AIE.

Un scénario probable

Ces projets représentaient des volumes de production d'environ deux millions de barils par jour pour le pétrole et d'une capacité d'un milliard de mètres cubes par jour pour le gaz. En outre, 35 projets ont été retardés d'une durée d'au moins 18 mois. Les réductions d'investissements ne se répercuteront sur les capacités de production qu'avec retard. A court terme, la baisse de la demande devrait se traduire par une augmentation des réserves de production, indique l'AIE. Mais, si la tendance observée devait se poursuivre, une pénurie de capacités pourrait se produire ou une nouvelle flambée des prix de l'énergie, une fois la reprise économique apparue, prévient l'AIE. «Plus rapide sera la reprise, plus il sera probable de voir se produire un tel scénario», indique l'agence. «Lorsque la crise sera terminée, il existe le risque d'une offre insuffisante d'énergie et donc de prix élevés et instables», a indiqué, pour sa part, le ministère italien du Développement économique. Passés d'un record absolu de 147,50 dollars en juillet dernier à 32,40 dollars en décembre, les cours du pétrole se sont graduellement raffermis depuis le début de l'année et viennent de repasser la barre des 60 dollars. Les ministres de l'Energie, ou leurs représentants, de quinze pays parmi lesquels de grandes puissances émergentes et des pays producteurs (Algérie, Brésil, Chine, Inde, Mexique, Afrique du Sud, Egypte, Corée du Sud, Arabie saoudite, Australie, Indonésie, Libye, Nigeria, Rwanda, Turquie) ont été invités à cette réunion. Au total, les 23 pays représentent plus de 80% de la demande et de l'offre d'énergie dans le monde, assure le ministère italien.

Respect des quotas

Notons que c’est à l’invitation du ministre italien pour le Développement économique, Claudio Scajola, que Chakib Khelil participe à la rencontre des ministres chargés de l'Energie du G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Russie). Cette rencontre entre dans le cadre de la présidence italienne du sommet du G8 qui se tiendra du 8 au 10 juillet 2009, dans la ville italienne Aquila. Elle intervient à quelques jours de la réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), prévue jeudi prochain à Vienne. Le ministre saoudien du Pétrole, Ali al Naimi, et le représentant de la Libye à l'Opep, Chokri Ghanem, ont tous deux estimé que le prix du baril «atteindrait, à moyen terme, les 75 dollars». Le ministre saoudien a déclaré que les pays membres de l'Opep respectaient convenablement leurs quotas de production, ajoutant que les cours actuels du baril reflétaient l'anticipation d'une reprise de la consommation. «Oui, absolument. Quand on est à 80%, ou autour de 80%, c'est le mieux qu'on puisse attendre», a-t-il répondu aux journalistes qui lui demandaient s'il était satisfait par le respect des quotas des principaux pays exportateurs de pétrole. Le baril de brut a atteint, cette semaine, son plus haut niveau en six mois, à plus de 60 dollars, près de deux fois plus qu'en décembre dernier. Samedi, Al Naïmi avait estimé que les prix pétroliers devraient poursuivre leur progression jusqu'à 75 dollars le baril, un niveau que les pays producteurs disent nécessaire à une relance de l'investissement à long terme. «Le problème c'est le marché. La demande se situe seulement dans un endroit, l'Asie, c'est tout», avait-il souligné. L'Opep a réduit sa production de 2,2 millions de barils par jour lors de sa réunion en Algérie en décembre, pour tenter de s'adapter à la chute de la demande dans un contexte de récession mondiale. Mais aussi, le cartel a abaissé à nouveau sa prévision de demande de brut pour 2009, pronostiquant désormais un recul de 1,8% en raison de la récession mondiale tout en jugeant que des risques «considérables» pèsent toujours sur les prix, dans son rapport mensuel publié en début du mois. «Des risques considérables demeurent car les fondamentaux du marché pétrolier sont loin d'être équilibrés en raison de la baisse constante de la demande et d'une surproduction croissante», prévient l'Organisation des pays exportateurs de pétrole. Selon le cartel, la demande se contractera sur l'année de 1,57 million de barils par jour (mbj) à 84,03 millions, contre 85,59 millions en 2008. L'Opep avait, le mois dernier, évalué la baisse à 1,37 mbj. Le cartel, dont les ministres se réunissent le 28 mai à Vienne, ne modifiera cependant pas ses quotas de production si les cours du brut poursuivent leur progression, avait indiqué le ministre algérien de l'Energie Chakib Khelil. L'Opep, qui pompe près de 40% du brut mondial, avait décidé de baisser sa production de 4,2 millions de barils par jour depuis septembre 2008 pour atteindre l'objectif de 24,84 millions d'or noir produit quotidiennement. Il lui reste encore environ 700.000 barils par jour à retirer du marché, selon M. Khelil.

Le Financier

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