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Voir la version complète : Batna, premier producteur national d’œufs


DZone
27/05/2009, 00h48
Pôle avicole, la wilaya de Batna est actuellement le premier producteur national d’œufs comme l’atteste la production de 91 millions d’unités durant le premier trimestre 2009, a indiqué le directeur des services agricoles (DSA).

L’émergence de ce pôle, illustrée par l’affluence enregistrée au salon avicole, ouvert mardi à Aïn Touta, a été impulsée, selon le même responsable, par le soutien public à cette filière, estimé au cours des dernières années à 35,5 millions de dinars, ainsi que par les mesures incitatives engagées en 2008, dont l’exonération de la TVA sur les intrants (aliments et produits vétérinaires) et l’aide à la réhabilitation des élevages pouvant atteindre 1 million de par éleveur.

D’autres nouvelles mesures sont appelées à «encourager encore plus le développement de la filière», a affirmé le DSA qui cite l’aide à la réhabilitation des moyens de production qui devrait favoriser le remise en exploitation de 40% des capacités de la région jusque-là inutilisées pour des raison financières. Ces potentialités ont suscité l’intérêt d’investisseurs nationaux et étrangers désireux d’entrer en partenariat avec les éleveurs de la région, a également indiqué ce responsable, révélant que le cheptel avicole de la wilaya compte actuellement 4,5 millions poulets de chair, 2,964 millions de poules pondeuses et 76.211 dindes.

D’ici 2014, ce cheptel comptera 6 millions de poulets de chair, 3,6 millions de poules pondeuses et 112.800 dindes, a-t-il encore fait observer, ajoutant que la wilaya compte, en outre, neuf unités de conditionnement et d’abattage, dont six sont de statut privé, dont les capacités cumulées s’élèvent à 7.500 unités par heure.

Elle dispose également d’un complexe avicole régional, relevant du secteur public, gérant trois unités (Batna, Constantine et Guelma) et produisant 5 millions poussins de poulet de chair par an, selon le directeur commercial du complexe. Pratiquée un peu partout dans la wilaya des Aurès, cette activité s’est toutefois concentrée depuis près de trois décennies dans la daïra d’Aïn Touta et ses quatre communes. Si dans les années 80 cette activité avait juste commencé à «balbutier» dans cette région située à 35 km au Sud de Batna, aujourd’hui les aviculteurs entendent en faire, à l’avenir, un grand pôle national.

Création d’un marché de gros

Selon Abdellah Djebabra, vulgarisateur agricole à Ain Touta, la daïra compte, à elle seule, 174 basses-cours totalisant 851.680 poules dont 536.600 pondeuses avec une production annuelle de 134 millions œufs, soit près de 20% de la production nationale. Parmi les facteurs à l’origine du développement de cette filière, précisément dans cette région, le Dr Ahmed Al-Achi, spécialiste des produits alimentaires d’origine animale, avance le «professionnalisme» de ses producteurs qui «recourent aux nouvelles méthodes d’élevage et font régulièrement appel au service de suivi vétérinaire». Il regrette simplement l’absence, dans cette région, d’une ou de plusieurs unités de transformation de viande blanche et des œufs, ainsi que de traitement des déchets des basses-cours. Les aviculteurs d’Ain Touta préconisent, pour leur part, la création dans cette zone d’un «marché de gros pour la commercialisation du poulet et des œufs», la «densification des chambres froides» et l’instauration d’un «contrôle rigoureux du marché qui permettrait la stabilisation des prix».

Soucieuse de développer davantage cette filière, la commune d’Ain Touta, de concert avec les professionnels de la filière, organise entre mardi et jeudi, le premier salon avicole de la wilaya de Batna dont l’objectif est de «favoriser la création d’un vrai pôle industriel avicole», selon Mourad Rahmani, vice-président de l’APC. En attendant, quiconque vient à traverser l’avenue principale d’Aïn Touta sent invariablement ses papilles se dilater voluptueusement à l’idée de déguster un de ces poulets, rôtis à point, garnissant à foison les dizaines de rôtissoires de part et d’autre de la chaussée, et dont il est difficile de résister au fumet.

Le Financier

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