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nassim
27/05/2009, 00h50
Il n’y aura pas de “retour en arrière” de l’Algérie sur ses engagements avec les groupements économiques régionaux ou les organisations internationales. «Il n’y aura pas de retour en arrière sur l’Accord d’association avec l’Union européenne (UE), ni sur celui portant création de la zone arabe de libre-échange (ZALE) ou encore l’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce (OMC)», a indiqué, hier, le Premier ministre dans sa réponse aux interrogations des membres de l’APN suscitées par le plan d’action du gouvernement présenté mardi dernier. En effet, les engagements de l’Algérie ont, pour rappel, suscité durant les derniers jours moult appréhensions émises par des officiels et opérateurs économiques locaux. Ce qui a sans doute poussé le Premier ministre de remettre les pendules à l’heure concernant ces engagements. M. Ouyahia a aussi confirmé les capacités de l’Algérie à concrétiser, du point de vue économique, le plan d’action du gouvernement qui vise à mettre en œuvre le programme du président de la République. “L’Algérie est un pays économiquement debout et a les moyens de réaliser son programme économique”, a-t-il dit en substance.

Le Premier ministre a confirmé que l’Algérie se dirige résolument vers l’économie de marché qui “n’est pas synonyme d’abandon d’entreprises publiques”. “Les entreprises publiques qui ont un potentiel et un marché continueront à bénéficier du soutien de l’Etat”, a rassuré le Premier ministre. Ce dernier a confirmé le bien-fondé des récentes décisions liées à l’obligation pour les sociétés étrangères qui veulent activer dans le domaine du commerce en Algérie, à ouvrir à hauteur de 30% leurs capitaux. “Nous voulons combattre l’économie de bazar et réduire les importations”, a ajouté M. Ouyahia, affirmant que “l’une des conséquences attendues de cette mesure, est la chute probable du volume des importations de l’Algérie” qui ont atteint, en 2008, les 40 milliards de dollars, contre seulement 13 milliards de dollars en 2003. Mais, a-t-il nuancé, la meilleure défense de l’économie reste le comportement des consommateurs qui doivent encourager l’entreprise nationale en consommant local. Le Premier ministre n’a pas omis de rappeler à cette occasion que l’Algérie dispose de ressources financières “suffisantes” à même de mener à terme l’ensemble de ces projets, précisant que “notre pays est à l’abri de la crise économique mondiale”. Evoquant le Fonds de régulation de recettes, M. Ouyahia a indiqué que ce dernier a accumulé 4328 milliards de dinars tout en promettant aux parlementaires un suivi de ce fonds à chaque loi de finance. Concernant les réserves de change, le Premier ministre a confirmé le bien-fondé de la non-création d’un fonds souverain et insisté sur leur garantie en tant que bons de Trésor d’Etat. M. Ouyahia a indiqué que 300.000 emplois ont été créés de juin 2008 à mai 2009 au profit des jeunes, dans le cadre du dispositif de soutien à l’intégration professionnelle, ce qui signifie, a-t-il dit, que l’annonce faite au sujet de la capacité de ce dispositif à recruter 400.000 personnes par an n’était pas “exagérée”.

Le Premier ministre a passé en revue les différentes mesures menées par le gouvernement dans la lutte contre le chômage qui a atteint un taux de 11%, l’amélioration du marché du travail, durant le premier trimestre de 2009, avec 35.000 emplois nouveaux dans le cadre des trois dispositifs de soutien. Le Premier ministre a évoqué les mesures de soutien des jeunes à l’effet de les aider à créer leur propre activité telle l’attribution d’une partie du foncier à cette catégorie dans les zones industrielles actuelles et futures et la constitution d’un fonds de soutien à l’investissement des jeunes au niveau de chaque wilaya, une mesure qui entrera en vigueur cette année outre le fonds national de garantie dont le montant dépassera, cette année, les 50 milliards de DA. M. Ouyahia a assuré qu’un million de logements inscrits au programme présidentiel seront attribués avant mars 2014. “C’est dire que le défi est à la portée de l’Algérie”, a-t-il soutenu. Concernant l’emploi, le Premier ministre s’est montré également très optimiste en faisant un parallèle avec le programme de développement 2004-2009 qui prévoyait la création de deux millions de postes. Or, au 31 décembre 2008 toujours, 4,270 millions d’emplois ont été créés dont 2,120 millions dans l’administration, l’agriculture et notamment à travers l’octroi de micro-crédits. En outre, sur les 100.000 PME que le président de la République s’était engagé à créer en 2004, 120.000 entreprises ont vu le jour, a déclaré M. Ouyahia. Concernant les investissements, le Premier ministre a assuré que “l’Etat veillera à assurer toutes les conditions nécessaires à la promotion de l’entreprise à travers le foncier et le soutien financier aux promoteurs”. Dans ce contexte, a-t-il dit, “10.000 ha de terrains attendent d’être investis à l’intérieur du pays”, a relevé M Ouyahia. En matière d’alimentation en gaz naturel, le Premier ministre a indiqué qu’en 2014, il atteindra les 55%, soit “un taux qu’envient même les pays développés”, a-t-il considéré. Le coût de branchement en gaz naturel pour une ville de 40.000 habitants s’élève à 12 milliards de dinars, mais l’Etat ne lésinera pas sur les moyens pour permettre au citoyen, quel que soit son lieu de résidence, de bénéficier du développement. “C’est à cet équilibre régional que le gouvernement entend parvenir” à travers son plan d’action, a expliqué M. Ouyahia dans son intervention. Le Premier ministre a également mis en relief les gros projets du gouvernement pour le développement des régions du Sud et des Hauts-Plateaux, énumérant d’importants projets liés au transfert d’eau potable, aux routes, à la construction de voies ferrées et à la construction de logements.

En matière de commerce, il a mis en exergue le contrôle pour mettre fin à l’anarchie qui prévaut dans ce secteur. L’Etat a prévu une série de mesures dont le contrôle de la conformité, de l’identifiant fiscal et des dispositions en matière d’importation et de lutte contre la fraude, a-t-il affirmé. Le Premier ministre a également insisté sur la transparence en matière de dépenses publiques mettant en avant les larges possibilités dont dispose l’APN pour contrôler ces dépenses. M. Ouyahia a précisé que les chiffres et le bilan ne figurent pas dans le contenu du plan d’action du gouvernement parce qu’ils ont déjà été évoqués, en détail, par lui-même ou par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika. La promotion de la réconciliation nationale Concernant la question des victimes du terrorisme, M. Ouyahia a affirmé que l’Etat “continue” de prendre en charge cette catégorie de personnes. Il a, dans ce contexte, présenté les “excuses” du gouvernement aux éléments du service national blessés dans la lutte contre le terrorisme, pour son “manquement à leur égard”, leur promettant de “régler leurs problèmes dans les mois à venir”. Le Premier ministre a, en outre, affirmé que l’Etat “prendra en charge” les éléments des groupes de légitime défense (GLD) en leur prêtant assistance et en assurant leur avenir. S’agissant des familles des victimes de la tragédie nationale, M. Ouyahia a affirmé que le gouvernement veillait à la prise en charge de cette question “lourde”. “Il s’agit de plus de 30 000 familles et l’Etat a traité près de 80% des cas”, a-t-il précisé. Les codes communal et de wilaya présentés au Parlement cette année Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a annoncé que les codes communal et de wilaya seront présentés au Parlement dans le courant de l’année, ainsi que le statut des élus locaux qui sera présenté prochainement. Le statut qui permet également d’améliorer les capacités humaines et matérielles des communes sera présenté au Parlement l’année prochaine, a précisé le Premier ministre, qui a, par ailleurs, précisé qu’une directive sera adressée aux walis avant le 15 juin, les obligeant à recevoir les membres du Parlement, à les informer des programmes de développement et à les traiter en tant que représentants du peuple. Enfin, et pour ce qui est du contrôle parlementaire sur les dépenses publiques, le Premier ministre annoncera que la loi organique des lois des finances sera soumise au Parlement à l’automne.

source : Le Maghreb

Alain
27/05/2009, 02h10
La Turquie a un secteur informel important, et cela en dépit des efforts à la fois pour améliorer son économie (car l'informel maintient l'économie globale en bas) et pour satisfaire aux exigences de l'UE, de l'OMC. L'interdépendance économique impose quelques règles du jeu.

Il est à craindre que l'informel ne cède encore moins facilement en Algérie. De telles réformes ont un cout politique énorme. Le recours à l'économie rentière restera la facilité.

Sur l'informel en Turquie :

http://www.oecd.org/document/49/0,3343,fr_2649_201185_37577009_1_1_1_1,00.html

Il est vrai qu'en Turquie le niveau de la productivité de la main-d'œuvre est encore très inférieur à celui des autres pays de l'OCDE, et c'est la principale raison pour laquelle le niveau de vie y est plus bas. Seul le Mexique -- mon pays -- enregistre une productivité moyenne du travail plus faible.

Une autre cause du niveau de vie relativement bas de la Turquie tient au faible niveau d'utilisation du potentiel de main d'œuvre, qui est en fait le plus bas parmi les pays de l'OCDE. Le taux d'emploi de la population en âge de travailler est très réduit et le taux d'activité des femmes est extrêmement bas.

La Turquie a donc un énorme potentiel de rattrapage sur le plan de la productivité du travail et de l'utilisation de la main d'oeuvre.

Nous avons constaté un important écart de productivité entre les entreprises formelles et les entreprises informelles.

Si l'appartenance au secteur informel allège les coûts des entreprises et leur confère la souplesse requise pour survivre dans des conditions difficiles, elle limite :


- leur accès aux marchés de capitaux,
- leur capacité d'investissement
- leur aptitude à nouer des partenariats internationaux,

réduisant ainsi les gains d'efficience qu'elles pourraient réaliser.

L'existence d'un secteur informel réduit le potentiel de croissance global de l'économie turque et érode la base d'imposition.

L'extension du secteur formel exigera un ensemble de réformes bien préparées dans divers domaines, étant donné l'étroite interdépendance des politiques publiques. Nous recommandons les actions suivantes :

- réduire encore les distorsions fiscales - notamment grâce à une diminution sensible du coût fiscal sur le travail ;

- assouplir la réglementation du marché du travail - le régime de la Turquie dans ce domaine semble être le plus rigide de la zone OCDE ;

- réformer le régime des retraites pour éviter que les travailleurs d'âge moyen ne soient poussés vers le secteur informel. Selon l'analyse développée dans l'Etude, le système de retraite, même après l'importante réforme récemment engagée, continue d'inciter fortement les employeurs et les salariés à opérer hors du système formel ; de nouveaux ajustements des paramètres de cotisations et de prestations atténueraient ces incitations ;

- améliorer la concurrence sur les marchés de produits et faciliter l'accès au crédit bancaire et aux fonds propres.

De plus, ces réformes stimuleraient l'investissement direct étranger, ce qui contribuerait à raffermir la croissance à long terme et à renforcer la stabilité macroéconomique et la résistance aux chocs.

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