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Iska
30/05/2009, 21h10
Cardinal Sud
par El-Guellil
http://www.lequotidien-oran.com/files/spacer.gif L'échappée belle. Partir et tout laisser derrière soi. Les joies et les tristesses. Les corvées et les contraintes. Les facilités et les plaisirs. Les histoires sans fin. Quitter les habitudes et les terrains connus. Les pratiques réalisées régulièrement. Fuir les connaissances et leurs attributs. Dérober sa liberté en abandonnant ses chaussures au pas de la porte vers de nouvelles contrées. En descendant de l'avion, un vent dont l'odeur et la température caressent déjà nos sens élevés à d'autres météos, nous indique clairement le changement de lieu. Un lieu inconnu mais bienveillant. Chaleureux. Sans agression, il nous dompte. D'abord par ses charmes ensuite par sa population. Un peuple de nomades à l'origine. Habitués à se mouvoir tels leurs chameaux. A petits pas, feutrés et gracieux. Le désert, anobli par ses couleurs d'or, s'ouvre à nous tel un mouchoir de soie dans lequel nous nous reposons déjà.

En effet, nos yeux essuyés des brumes s'enorgueillissent de voir cette merveille. Dans le Sud, le rationnement est l'attitude des gens bien élevés. Aucun gaspillage. Tout est dans la mesure sauf le paysage grandiose et gigantisme. Tels des petits hommes, poussières accrochées aux dunes de sable qui parfois essaient de les balayer, ces braves tiennent bon. Emerveillés par tant de beauté, ils s'adossent aux vagues de sable qui les accueillent tels des bras maternels enveloppant et réchauffant leur coeur. A même le sol, sous un bout de ksar, ils dorment en attendant le coucher du soleil. Tranquilles. Sans agitation. Sans parole. Sereinement.

Les femmes quant à elles sont debout depuis l'aube. Elles savent que le soleil les accaparera et éblouira leurs yeux de tant de lumière qu'elles seront forcées par une sieste à attendre qu'il se calme. C'est pourquoi, en file indienne, sorties de leur village, elles reniflent le chemin du fourrage pour nourrir les bêtes. Compagnons de vie. Essentiels à leur survie. Ces femmes, dont le visage peut être vu et parfois admiré, refusent de se laisser photographier.

De peur d'être enfermées dans une boîte qui leur sera dérobée. Les visages des enfants sont le bien le plus précieux de ces nomades. La beauté de leurs yeux noirs et brillants de clarté est un trésor protégé par leurs parents. Le désert est en nous. Il n'est pas au Sud.

Source : Le Quotidien d'Oran

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