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Voir la version complète : Vol Rio-Paris : des engins sous-marins mobilisés pour rechercher les boîtes noires


gdesmon
03/06/2009, 09h21
LE MONDE | 03.06.09 | 09h05

L'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) a été saisi par le gouvernement, pour apporter son concours à la recherche des débris de l'avion d'Air France effectuant la liaison Rio-Paris qui s'est abîmé dans l'Atlantique. Le ministre en charge des transports, Jean-Louis Borloo a demandé que le navire océanographique le Pourquoi Pas ?, en mission près des Açores, "se rende immédiatement" sur place et se mette à la disposition de la cellule de coordination de l'état-major des armées, "pour renforcer les moyens mobilisés, dans le cadre des recherches engagées".

Parmi les objectifs prioritaires : la récupération des boîtes noires – oranges en réalité –, dans lesquelles sont enregistrées les données de vol (plus de mille paramètres) et les conversations des pilotes dans le poste de pilotage.

Conçues pour résister à des chocs violents, au feu, à une immersion prolongée à 6 000 mètres de profondeur, à une accélération de 3 400 G, elles sont deux et situées à l'arrière de l'avion.

Mais la balise permettant de localiser chaque boîte n'a qu'un mois d'autonomie, d'où cette course contre la montre. Les données enregistrées sont, selon le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), "presque toujours exploitables".

PLUS DE 4 000 MÈTRES DE PROFONDEUR

La première tâche, indique Olivier Lefort, directeur des moyens et opérations navals de l'Ifremer, est de localiser avec le plus de précision possible la zone du crash. Les débris flottant à la surface, qui peuvent avoir été dispersés, ne suffisent pas à cette localisation, même si les modèles météorologiques peuvent permettre de calculer leur dérive et de se rapprocher ainsi du point d'impact.

L'avion s'est abîmé dans une zone située sur la ride médio-atlantique, où les fonds dépassent 4 000 mètres de profondeur, ce qui nécessite l'intervention d'engins adaptés aux grands fonds. Les boîtes noires devraient pouvoir être repérées à l'aide des signaux qu'elles émettent sur une fréquence donnée et qui peuvent être détectés par des hydrophones. A supposer qu'elles n'aient pas été endommagées.

A défaut, il est possible d'utiliser un sonar, comme le Système acoustique remorqué (SAR) de l'Ifremer : un ensemble de capteurs à haute résolution, conçu pour l'étude de la géologie marine par grande profondeur.

Une fois les boîtes noires repérées, deux engins, embarqués sur le Pourquoi Pas?, pourraient être utilisés. Le premier, le Nautile, est un sous-marin habité (deux pilotes et un observateur) pouvant plonger jusqu'à 6 000 mètres de profondeur. Depuis sa mise en service, en 1984, il a effectué près de 1 500 plongées. Il est notamment intervenu sur l'épave du Titanic et sur le pétrolier Prestige.

Le second, le Victor, est un robot téléopéré, capable lui aussi de descendre à 6 000 mètres. Le Victor présente l'avantage d'une plus grande autonomie. Commandé depuis le navire, il peut rester en plongée pendant 72 heures, contre 5 heures seulement pour le Nautile.

Mais, selon Olivier Lefort, le submersible habité, doté d'un sonar latéral, serait mieux adapté à un travail de reconnaissance, l'œil humain étant d'une plus grande précision que les caméras vidéo et photo qui équipent le robot.

Les deux engins sont pourvus de bras manipulateurs et de pinces. Mais ils ne sont pas conçus pour des travaux sous-marins de grande envergure. Ils ne pourraient donc pas procéder au découpage de la carlingue de l'avion, si cela était nécessaire. Il est toutefois possible que les boîtes noires aient été éjectées de l'appareil disloqué.

Restera encore à les remonter à la surface, en les plaçant dans une nacelle tractée par une baudruche remplie d'un liquide plus léger que l'eau. Alors, peut-être, les boîtes noires pourront livrer la clé de la catastrophe du vol AF 447.

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