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morjane
12/06/2009, 12h30
Les Iraniens ont commencé à voter en masse vendredi 12 juin pour élire leur président. Ils ont le choix entre l'ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad qui brigue un nouveau mandat, l'ex-Premier ministre Mir Hossein Moussavi, et deux autres candidats, qui ne semblent pas en mesure de pouvoir rivaliser avec les deux premiers.

"La participation des électeurs est sans précédent", a dit Kamran Daneshjou, responsable de l'élection au ministère de l'Intérieur, cité par la chaîne de télévision Press-TV. "Il y a beaucoup d'électeurs depuis le début du scrutin, les rapports en provenance de la province montrent la même chose", a-t-il ajouté.

Les bureaux de vote ont ouverts à 08h locales (3h30 GMT) et leur fermeture, prévue à 18h locales, pourrait être repoussée jusqu'à minuit en fonction de l'affluence. Les résultats officiels sont attendus dans les 24 heures suivant la clôture du scrutin.

Second tour le 19 juin

Le premier tour de cette élection présidentielle révèle des enjeux de taille, alors que les relations diplomatiques se sont tendues avec Téhéran. Le réformateur Mir Hosein Mousavi se retrouve en première ligne face au sortant Mahmoud Ahmadinejad.

46 millions d'Iraniens, sur les 70 millions d'habitants que compte le pays, sont appelés à voter jusqu'à 15h30 GMT dans plus de 45.000 bureaux de vote. Les premiers résultats sont attendus dans la soirée. Un second tour se tiendra le 19 juin si aucun candidat n'obtient 50% plus une voix. Le scrutin vient clore une campagne agitée, qui a culminé cette semaine, lors des derniers meetings de campagne des deux principaux candidats, où se sont massées plusieurs dizaines de milliers de personnes. Un taux de participation élevé est considéré comme un facteur clé pour permettre au conservateur modéré Mir Hosein Mousavi, d'entraîner le président sortant dans un deuxième tour, voire l'emporter dès le premier.

Khamenei, Ahmadinejad et Moussavi ont voté

Des journalistes de l'AFP ont constaté la présence de files d'attentes de plusieurs centaines de personnes devant de nombreux bureaux de vote, à Téhéran comme en province, à Ispahan (centre) par exemple.
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a voté vendredi matin juste après l'ouverture du scrutin. Il a souhaité que "la population fasse preuve de calme et empêche des tensions d'apparaître dans les bureaux de vote".

Le président Ahmadinejad a également voté tôt, dans un quartier du sud-est de la capitale. Cultivant son image d'"homme du peuple", il a patienté 40 minutes avant de mettre son bulletin dans l'urne, selon l'agence officielle Irna.
Mir Moussavi, qui a aussi voté à Téhéran, a vu "un bon présage" dans la forte participation. Il a néanmoins demandé "aux responsables de bien garder les urnes électorales".

Il a aussi fait état d'informations selon lesquelles certains de ses "représentants n'ont pas été autorisés à servir comme observateur" dans des bureaux de vote.

Le nucléaire, l'un des enjeux de l'élection

Le programme nucléaire suspect de l'Iran apparaît comme l'un des enjeux de l'élection. Le futur président devra en effet répondre à la proposition de dialogue faite par Barack Obama, après 30 ans de gel des relations diplomatiques entre les deux pays. A Washington, les événements sont observés avec prudence mais on ne croit pas à une possible métamorphose de la politique iranienne, les mollahs - au premier rang desquels le Guide suprême, Ali Khamenei - détiennent en fait le mot de la fin sur les principaux dossiers.

Une victoire de Mir Hosein Mousavi, plus enclin à une ouverture vers l'Occident, pourrait toutefois changer l'image de l'Iran sur la scène internationale. Agé de 67 ans, cet ancien Premier ministre, de 1981 à 1989 - il est le dernier à avoir occupé le poste avant sa suppression - a vu sa campagne décoller dans la dernière ligne droite, grâce à une stratégie résolument moderne, qui lui a permis d'obtenir le soutien des jeunes.
La campagne joyeuse et vivante, menée par ses jeunes partisans, a rappelé en certains points celle de l'ancien président Mohammad Khatami et ravivé les espoirs des réformistes, désireux de plus de libertés et d'ouverture vers l'Occident.

Toute tentative de "révolution" sera étouffée

Signe de l'ampleur prise par le "mouvement vert" de Mousavi, les Gardiens de la Révolution (pasdaran) ont prévenu mercredi que les autorités iraniennes étoufferaient toute tentative de "révolution", inspirée des mouvements démocratiques populaires dans d'autres pays.

Dans un communiqué mis en ligne sur le site Internet des pasdaran, leur chef Yadollah Javani a fait le parallèle entre la campagne de Mousavi et la "Révolution de velours", qui avait conduit au renversement du gouvernement communiste en Tchécoslovaquie en 1989. "Certains mouvements extrémistes (réformistes, NDLR) ont mis en place une révolution colorée (...) utilisant une couleur spécifique pour la première fois lors d'une élection", a-t-il affirmé.
Yadollah Javani a qualifié la campagne de Mousavi de "signe du coup d'envoi d'un projet de révolution de velours, lors des élections présidentielles" et a annoncé que "toute tentative" de révolte serait "tuée dans l'oeuf". Il a ainsi mis en garde contre tout mouvement de contestation organisée après le scrutin, en cas de défaite vendredi.

Ahmadinejad soutenu par les mollahs

Candidat des ultra-conservateurs, Mahmoud Ahmadinejad bénéficie, quant à lui, du soutien des mollahs, de l'entourage de l'ayatollah Ali Khamenei et des Gardiens de la révolution. Agé de 53 ans, cet ancien gouverneur des provinces d'Ardabil et de Makou (nord-ouest) avait été élu en 2005 en promettant augmentations, aides aux régions agricoles et sécurité sociale. Mais il est aujourd'hui accusé par l'opposition de n'avoir rien fait pour améliorer la situation économique, ainsi que d'avoir porté atteinte à l'image du pays à l'étranger, par ses provocations répétées et ses déclarations antisémites.

Alors que Mousavi et le ministère de l'Intérieur ont encouragé jeudi les électeurs à rapporter toute fraude électorale, les Basidji, une milice paramilitaire liée aux Gardiens de la révolution, qui avait aidé à la victoire d'Ahmadinejad en 2005, ont, de leurs côtés, appelé à voter contre les ennemis de l'Islam, faisant clairement référence aux Etats-Unis.
"Le peuple iranien va choisir quelqu'un qui résistera aux coups des arrogants et qui défendra les intérêts de l'Iran dans le monde", a déclaré le mouvement, selon l'agence officielle IRNA.

Deux autres candidats

Face aux deux principaux candidats, deux autres hommes sont en lice : Mehdi Kerroubi, le seul religieux en lice et ancien président du Parlement ; Mohsen Rezaï, un autre candidat conservateur et commandant des Gardiens de la Révolution de 1981 à 1987. S'ils ne semblaient pas en mesure de l'emporter, leurs candidatures pourraient tout de même jouer un rôle dans l'éparpillement des voix et donc influencer directement le résultat final.


Par Nouvelobs.com avec AP

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