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Voir la version complète : Un nouveau record annuel à 73,35 dollars


icosium
01/07/2009, 18h43
Les tensions dans le Delta du Niger poussent le baril vers des plus hauts. Ainsi, le brut a atteint, hier, un plus haut à 73,35 dollars le baril sur le Nymex, lequel constitue un nouveau record annuel. Les prix du pétrole étaient orientés à la hausse en début d'échanges européens. A 10H00 GMT (12H00 à Berne), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août gagnait 62 cents par rapport à la clôture de la veille, à 71,61 dollars, sur l'InterContinental Exchange (ICE). Le baril de "light sweet crude" pour livraison en août prenait quant à lui 59 cents, à 72,08 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

La tendance haussière du baril est soutenue par deux principaux éléments: tout d'abord, le dollar US semble repartir à la baisse. Relativement à 1,3889 dollar l'euro atteint jeudi dernier, le billet vert a perdu depuis lors de 1,6% contre l'euro et cote à cette heure à 1,4110 dollar. Le recul du billet vert, devise dans laquelle s'échange le pétrole, stimule mécaniquement les achats d'opérateurs basés hors de la zone dollar. Ensuite, des facteurs fondamentaux sont également à l'oeuvre. Très actif la semaine dernière, le Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (Mend) a de nouveau attaqué les installations pétrolières de Shell au Nigeria, rapporte la BBC. Les prix ont pris la direction du sud (en baisse, ndlr) vendredi, quand les investisseurs ont cru que les troubles au Nigeria prendraient fin avec l'amnistie présidentielle, et les prix sont revenus vers le nord (en hausse, ndlr) quand ils ont réalisé lundi que ce n'était pas le cas" commentait Olivier Jakob, du cabinet Petromatrix. Le principal groupe armé du sud pétrolifère du Nigeria, le Mouvement d'émancipation du Delta du Niger (Mend), a revendiqué lundi une attaque contre une installation pétrolière de l'anglo-néerlandais Shell dans l'Etat du Delta, confirmée à l'AFP par la compagnie. Le Mend a fait état d'une "grosse explosion" et d'un incendie sur l'installation visée à 03H30 (02H30 GMT) dans la région de Forcados. Un responsable de la compagnie a indiqué à l'AFP que l'attaque contre une de ses installations située dans les marais de l'estuaire qui mène à un important terminal de chargement, s'est traduite par une "perte de production". Même si l'Organisation des pays exportateurs de pétrole a la capacité de remplacer ces barils, le processus peut prendre du temps, et les raffineries ne pourront pas s'adapter tout de suite et traiter le pétrole saoudien à la place du pétrole nigérian, expliquait l'analyste. La production de brut du Nigeria, prisée car facile à raffiner, est déjà tombée sous les 1,5 million de barils par jour avec les violences de ces derniers jours, selon plusieurs analystes, contre environ 2,6 mb/j en 2006. Aussi, les opérateurs parient sur une nouvelle baisse des stocks commerciaux de brut américain, tels que l'AIE les publiera cet après-midi. Le consensus table à cette heure sur une baisse de 1,6 million de barils des stocks de pétrole brut. Point d'orgue de ces publications, les chiffres mensuels de l'emploi, avant un week-end prolongé aux Etats-Unis, les marchés restant fermés vendredi à la veille de la fête nationale, polariseront jeudi l'attention du marché. Les cours sont également soutenus par des informations en provenance de Chine, qui prévoirait d'augmenter ses réserves stratégiques de brut de 60% sur les cinq prochaines années, selon des analystes. Les inquiétudes sur l'offre l'emportaient ainsi, au cours de la séance, sur l'anticipation d'une consommation d'énergie en très faible croissance sur les années à venir. Dans son rapport prospectif annuel à moyen terme, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a repoussé à 2013/2014 le risque d'un "choc pétrolier et rabaissé son estimation de demande mondiale d'or noir à 0,6% par an sur la période 2008-2014. En juillet 2008, l'Agence prévoyait une croissance annuelle de la demande de 1,6% entre 2007 et 2013. Samira G.

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